La Maison du 21e siècle par David Leslie

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  • L’art de l’architecture depuis 1987

Architecture pour une maison conviviale et saine

David Leslie, réflexions sur l'art de vivre

Pour David Leslie, un aspect important de son travail d’architecte consiste à favoriser la vie familiale — qu’il voit comme le fondement de la société. Et il dit prendre beaucoup de plaisir à construire des maisons qui logeront adultes et enfants. C’est donc dans l’une de celles-là, le chalet des Pocock- Shaheen, que, par un froid croquant de janvier, nous nous sommes rencontrés pour parler architecture verte.

Végétarien et adepte des médecines douces, David construit comme il vit : en respectant l’équilibre de la nature. « Mais, précise-t-il, on ne peut pas dire qu’une maison est ou n’est pas écologique; il y a tellement de manières de jouer cette carte! À peu près tout le monde estime avoir un comportement écologique, mais des « verts foncés », il n’y en a pas beaucoup! Même si je ne veux pas imposer mon mode de vie, j’essaie d’amener les gens un peu plus loin. »

Au fil de sa carrière, qui dure depuis une trentaine d’années, il en est venu à croire qu’il ne suffisait pas que la maison soit saine sur le plan physique : elle devait en plus être chargée d’une force positive, de manière à soutenir l’épanouissement de ses habitants, jusque dans leur dimension spirituelle.

« En Occident, on utilise des mots comme « psychologie environnementale » pour parler d’une réalité que d’autres cultures approchent et décrivent différemment — avec le concept du yin et yang, par exemple. Pour moi, il s’agit de respecter l’énergie du vivant. Faire beau et bon sur le plan physique, on sait comment; maintenant, il faut pousser plus loin notre travail et répondre aux besoins des autres dimensions. Évidemment, c’est un champ d’exploration qui n’a pas de fin. »

Originaire de l’Ontario et établi au Québec depuis 1979, David Leslie travaille à partir de la maison familiale, à Québec, ou de la maison de campagne, dans les Cantons de l’Est. Ses bureaux sont virtuels, dit-il, avec des collaborateurs pigistes qu’il recrute en fonction de l’ampleur et des particularités des projets. Au moment où l’on s’est rencontrés, ça en menait large, justement, avec deux garderies « saines » en construction, ainsi qu’un nouveau monastère pour les soeurs clarisses, à Lennoxville, dont l’ancien bâtiment a été détruit par le feu il y a deux ans.

Une maison conviviale

Agriculteurs biologiques établis à Compton et parents de quatre enfants, Russell Pocock et Thérèse Shaheen avaient demandé à David, une connaissance de longue date, de concevoir avec eux les plans d’un chalet à Mansonville, sur la rive escarpée du lac Memphrémagog – à quelques pas de la station de ski Owl’s Head, où toute la famille aime s’amuser l’hiver.

Sauf pour le vestibule — fermé pour des raisons évidentes sous notre climat — et pour la salle de bain située juste à côté, tout l’étage principal est ouvert. Autour d’un imposant foyer de masse en briques s’enfilent la cuisine, la salle à manger, le vivoir et l’escalier qui mène aux chambres des enfants à l’étage inférieur, et à un demi-étage sous le toit, où se trouvent la chambre des parents et une mezzanine qui sert de salle de vidéo.

« Pour une maison de fin de semaine, remarque David, on souhaite un climat décontracté, convivial, d’où la pertinence d’un étage ouvert. Mais c’est aussi que la maison doit permettre les échanges entre les membres de la famille parce que ça enrichit les liens. Je n’aime pas les cuisines fermées, justement parce que ça limite trop les interactions. Chez Russell, les personnes qui travaillent à la cuisine, celles qui jouent aux cartes dans le vivoir et celles qui discutent à la table de la salle à manger sont en contact, malgré leurs activités différentes. »

Ce à quoi Russell renchérit : « Ici ça fonctionne tellement bien que les enfants ne sont jamais dans leur chambre, même s’ils y jouissent d’un bon espace privé. Visiblement, ils aiment être au coeur de la maison. J’ignore si ça tient à son design ou au tempérament de nos enfants, mais je remarque que ça ne se passe pas comme ça ailleurs. »

Bois, lumière et dynamique

Outre le foyer de masse, aussi esthétique que fonctionnel — et dont Russell est très content, malgré l’investissement substantiel que ça représente — cette maison comporte une structure et une finition intérieure en pin, des fenêtres en bois, un impressionnant espace vertical au-dessus du vivoir et de la salle à manger grâce à l’espace récupéré du toit, ainsi que des planchers radiants à l’eau chaude au niveau des chambres.

Elle est toutefois orientée au sud-est, parce que le site ne permettait pas l’orientation plein sud idéale pour le chauffage solaire passif, et comporte un plus grand nombre de fenêtres que l’application strictement écologique l’aurait exigé, parce qu’il fallait absolument profiter de la vue imprenable sur le lac Memphrémagog. « Il y a quand même des avantages, remarque David : le soleil matinal réchauffe plus rapidement la maison après les nuits froides, et la lumière de l’est est un excellent stimulant psychologique en début de journée. »

David est heureux quand il peut intégrer une abondance de bois dans la finition : « Pendant les mois où tout est gris ou blanc à l’extérieur, la couleur du bois, comme celle de la brique, réchauffe la psyché humaine. » Il insiste aussi sur la proportion des espaces : « Ils doivent être d’une grandeur juste suffisante pour les besoins mais pas plus, car ça serait du gaspillage à plusieurs points de vue, en plus de nuire à l’atmosphère. »

Au début d’un projet de maison, David refuse de discuter formes et styles avec ses clients : il insiste pour qu’on définisse d’abord les particularités de la cuisine — qu’il voit comme le véritable coeur du bâtiment. Puis, graduellement, les autres espaces s’y greffent pour instaurer la dynamique souhaitable. « Au lieu de s’amuser avec des idées toutes faites, je préfère qu’on laisse la maison se créer, se révéler, à partir des besoins physiologiques et relationnels de ses habitants. » Celle des Pocock-Shaheen, finalement, fait très bonne figure parmi les vieilles maisons d’inspiration victorienne des alentours, même si elle n’a pas du tout leur structure.

Une architecture véritablement québécoise

Au Québec, croit David, nous pouvons être indépendants et confiants dans notre propre expression architecturale : « Il est souvent arrivé que nous empruntions des modèles architecturaux d’autres cultures et climats, mais nous pouvons très bien développer nos propres styles, inspirés de nos traditions, de notre climat, de notre culture. Bien sûr, les gens apprécient les genres connus, mais il faut trouver un équilibre entre les éléments qui relèvent de la nostalgie et ceux qui sont ouverts sur le futur. Une maison devrait exprimer tant notre respect du passé que notre confiance en l’avenir. »

D’ailleurs, Russell dit connaître des gens qui, à partir de plans achetés tout faits, se sont construit à très gros prix une « maison de rêve »… — maison qu’ils détestent aujourd’hui parce qu’elle ne convient pas du tout à leurs besoins! Pour leur part, Russell et Thérèse ont mis plusieurs mois à élaborer avec David le plan de leur chalet, à soupeser chacun des compromis entre les différents impératifs : coûts des diverses options, goûts parfois contradictoires de l’un et de l’autre, besoins de confort et valeurs écologiques. Ils affirment n’avoir jamais regretté le temps et l’argent investi dans ce processus.

Russell espère d’ailleurs que cette maison joyeuse et confortable leur servira très longtemps : quand les enfants seront grands et qu’ils y inviteront leurs amoureux, et même quand il y aura des petits-enfants dans le portrait. Et s’il faut alors l’agrandir, la structure le permet!

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Leslie ArchitecteLa Maison du 21e siècle par David Leslie