Recueil de notes sur l’architecture

 

Table de matières

2009-10-20

Partie 1 – Architecture en général. 1

Chapitre 1.1 – Architecture. 2

A – Contexte urbain. 2

B – Architecture. 2

Chapitre 1.2 – Évolution architecturale. 4

Partie 2 – Design humain. 5

Chapitre 2.1 – Psychologie environnementale. 6

A – Introduction. 6

B – Stress environnemental 8

C – Sens. 8

D – Formes, volumes, proportions, dimensions. 9

E – Aspects contrastants en architecture. 10

Chapitre 2.2 – Circulation. 13

Chapitre 2.3 – Éclairage. 15

A – Introduction. 15

B – La lumière naturelle. 15

C – Éclairage artificiel 16

D – Intensité. 17

E – Couleur de l’éclairage. 17

F – Couleur et intensité. 18

G – Lumière de couleur. 18

H – Design. 18

I – Lumière naturelle et lumière artificielle. 19

J – Lumière et santé. 19

K – Conclusion. 20

Chapitre 2.4 – Couleur 21

A – Introduction. 21

B – Goûts. 21

C – Effets de la couleur. 21

D – Propriété des couleurs. 22

E – Lumière et couleur. 22

F – Choix des couleurs. 23

G – Illusions des couleurs. 23

H – Conclusion. 23

Chapitre 2.5 – Les textures. 25

A – Les fibres des textiles. 25

Chapitre 2.6 – L’ameublement 27

Chapitre 2.7 – Sons et bruits. 28

A – Introduction. 28

B – Caractéristiques du bruit 28

C – Effets sur la santé. 29

D – Moyens de contrôle. 29

E – Conclusion. 30

Chapitre 2.8 – Odeurs. 31

A – L’odorat 31

Chapitre 2.9 – Vibrations. 33

Chapitre 2.10 – Aspect social 34

A – Architecture assembler. 34

B – Conclusion. 35

Partie 3 – Contexte et lieux. 37

Chapitre 3.1 – Design urbain. 38

A – Étalement urbain. 38

B – Rues en grappe. 38

C – Le design urbain et l’énergie solaire. 39

D – Les bienfaits de l’appartenance à un quartier. 40

E – Covoisinage sain. 40

F – L’emplacement pour un bâtiment écologique. 41

Chapitre 3.2 – Aménagement paysager 43

A – L’aménagement paysager pour un environnement sain. 43

B – Aménagement paysager pour une maison saine. 44

C – La végétation pour un environnement sain. 45

D – L’économie d’eau dans un aménagement paysagé sain. 47

Partie 4 – Écologie. 48

Chapitre 4.1 – Maison écologique. 49

A – Introduction à l’architecture écologique. 49

B – L’habitat idéal, un habitat écologique. 50

Chapitre 4.2 – Maison. 51

A – Une architecture respectueuse de la nature. 51

B – Une architecture intégrée à l’environnement 51

C – L’architecture face à l’environnement 52

D – Aspects de construction d’une maison. 53

E – Énergie solaire passive. 53

F – Masse thermique. 54

G – Fenêtres. 55

H – Serre/Solarium.. 56

I – Couleur et matériaux. 56

J – Matériaux au sol 57

K – Végétation. 57

L – Vents. 57

M – Conclusion. 58

Chapitre 4.3 – Forme et volume. 59

A – La forme en architecture. 59

B – Efficacité comparative des formes. 61

C – Isolation et étanchéité, un meilleur rendement thermique. 62

D – Conservation. 62

E – Souterrain. 63

Partie 5 – Ressources. 65

Chapitre 5.1 – Richesses naturelles. 66

A – Utilisation efficace des ressources. 66

B – Utilisation optimale de la charpente. 66

C – Énergie intrinsèque d’un matériel 67

Chapitre 5.2 – Déchets de chantier 69

Chapitre 5.3 – Matériaux. 71

A – La nature. 71

B – L’importance du choix des matériaux. 72

C – Une meilleure utilisation des ressources naturelles. 73

D – Une meilleure utilisation des progrès technologiques. 73

E – Un choix de matériaux écologiques. 74

F – Matériaux sains – matériaux malsains. 75

Partie 6 – Environnement. 77

Chapitre 6.1 – Qualité de l’air 78

A – Évolution récente de la qualité de l’air dans les bâtiments. 78

B – Les causes et les effets de la pollution. 78

C – Entretien ménager. 79

D – Ondes électromagnétiques. 80

Partie 7 – Architecture ancienne. 82

Chapitre 7.1 – Maisons anciennes. 83

A – Introduction. 83

Chapitre 7.2 – Restauration de bâtiments. 84

A – Introduction. 84

B – La définition des besoins. 84

C – Les exigences et recommandations. 84

D – Les aspects particuliers en restauration de bâtiments. 84

E – L’aspect conservation. 84

F – L’aspect protection. 84

G – L’aspect intégration. 85

H – L’aspect modernisation. 85

I – L’aspect sécurité. 86

J – Conclusion. 86

Chapitre 7.3 – Les fondations. 87

Chapitre 7.4 – Le drainage. 88

Chapitre 7.5 – Architecture québécoise. 89

A – Les premières maisons de Nouvelle-France face au climat 89

B – L’évolution climatique de la maison québécoise. 89

C – Évolution de l’architecture domestique. 90

D – Évolution de l’architecture. 92

 

 

 

 

Préambule

 

Ce livre regroupe les textes de plusieurs années d’écriture faits dans différents buts. Le plus souvent les écrits étaient des articles pour des revues ou des journaux ou encore des recherches et explications de ma philosophie architecturale. Évidemment tous mes écrits ne sont pas inclus parce que certains articles ont été jugés trop techniques et moins intéressants dans ce contexte.

Généralement le but des articles était de donner des informations concises. Ces articles étaient assez courts et n’avaient pas nécessairement de suite. Dans le contexte d’un livre ces articles forment une base qui peut être davantage élaborée. Éventuellement, je pourrai compléter certains aspects et développer certaines idées. C’est pour ainsi dire une œuvre sans fin que je pourrai continuer à raffiner.  L’aspect visuel a besoin d’être amélioré par l’ajout de graphiques, dessins, et photos.

 

 

 

  • Architecture en général

« L’Architecture éveille en l’homme des états d’âme…
La tâche des architectes est de préciser ces états d’âme »
Adolf Loos

 

« L’architecte est une personne qui voit plein de choses en même temps
et qui est capable d’en faire un seul dessin »
Al Doman

 

« L’architecture, c’est de la musique figée. »
Johann Wolfgang von Goethe

 

 


  • Architecture
    • Contexte urbain

L’architecture, par l’importance de sa présence physique dans la vie urbaine, fait partie d’un contexte public et comme tel, il en découle aussi des responsabilités face à l’ensemble.

Un bâtiment doit concilier les préoccupations et les intérêts privés des utilisateurs. Il doit refléter l’expression des gens concernant leur environnement. Il doit améliorer le langage visuel et enrichir l’environnement construit de la communauté.

Son existence n’est pas isolée mais en relation avec l’environnement naturel et construit et son intégration doit être faite avec sensibilité pour contribuer à l’harmonie de l’ensemble. Ce respect de l’existant permettra le lien avec le passé tout en exprimant le présent avec un regard vers l’avenir.

On doit chercher à répondre à des idéaux basés sur le passé, le présent et les souhaits pour l’avenir. Le bâtiment est une sculpture urbaine qui doit affirmer son identité, évoquer son essence, exprimer son image spatiale et refléter ses activités intérieures.

  • Architecture

L’architecture est une sculpture qui définit les espaces à utiliser par l’homme et pour répondre avec une solution particulière répondant à ses besoins dans l’espace et le temps. L’architecture interagit avec l’évolution des besoins humains à travers le temps. L’architecture est aussi la manipulation des matériaux, des systèmes et des technologies expérimentées et utilisées pour répondre aux besoins de l’homme. Elle est l’expression de la culture et des valeurs de la société et une réponse à des besoins. Elle réunit la technologie, l’art et la philosophie. Elle est à la croisée des sciences de l’homme, des sciences appliquées et des arts plastiques pour faire un bâtiment qui réponde bien au niveau social, culturel, technologique et esthétique. L’architecture est l’environnement physique qui entoure la vie humaine, qui répond aux besoins et qui interagit avec des conditions physiologiques, sociales, psychologiques, intellectuelles, esthétiques, techniques et économiques.

Comme la poésie ou la musique classique, un bâtiment doit contenir rythme, harmonie, variété et sensibilité pour lui conférer beauté et richesse. Par le soin des rythmes, des proportions et des matériaux, on peut développer une cohérence avec le contexte et assumer une identité sociale et symbolique.

L’architecture a comme but et intention de traduire des concepts dans une représentation tangible. Chaque bâtiment a son but et sa raison d’être qui traduisent les besoins de ses utilisateurs dans son expression et l’organisation architecturale des espaces intérieurs mais aussi dans les éléments de son image extérieure. Il doit y avoir une cohérence de message dans la lecture de tous les aspects du bâtiment. Si le message est consistant, la force du caractère de son architecture est encore plus forte, son individualité plus distincte à l’intérieur d’un ensemble.

Les fonctions d’un bâtiment permettent d’agir sur le climat, les comportements, les ressources et la culture. L’habileté à bien répondre à ces quatre fonctions est la mesure de sa réussite.

L’intérieur d’un bâtiment implique les mêmes considérations en ce qui concerne planchers, murs et plafonds. Les surfaces extérieures sont perçues comme une enveloppe alors que les surfaces intérieures sont perçues comme les limites des espaces qu’il contient. Ces espaces sont vécus en circulant de l’un à l’autre pour découvrir leur diversité.

Le corps du bâtiment prendra son caractère tridimensionnel par ses proportions, son échelle, ses volumes, sa forme, sa largeur, sa hauteur, le jeu de ses ouvertures telles portes et fenêtres, par son relief  et le jeu des ombrages, par les textures et couleurs de ses matériaux. La tête du bâtiment doit encadrer le bâtiment, le finir au niveau du ciel en faisant la transition entre la masse verticale du bâtiment est le vide de l’infini.

L’architecture est l’environnement physique qui entoure la vie humaine, qui répond aux besoins et qui interagit avec des conditions physiologiques, sociales, psychologiques, intellectuelles, esthétiques, techniques et économiques.

L’architecture offre un cadre de vie qui procurera l’agrément et la jouissance aux utilisateurs. En créant et en agençant des espaces afin qu’ils remplissent harmonieusement leur fonction, les gens sont respectés ou encouragés à réaliser les activités prévues lors de la conception. Je cherche à optimiser les solutions sous divers aspects tels la qualité des espaces tant esthétique que technique, le respect de l’environnement, des codes et des règlements, la justesse des soumissions et des contrats de construction et la régularité de la surveillance de chantier.

Il y a des questions utiles qu’on peut poser concernant un bâtiment : pourquoi ? quoi ? où ? quand ? comment ? et combien ? On peut aussi se demander quelles sont son utilité pratique, sa raison d’être rationnelle, son aspect esthétique et sa vocation future.

Comme expert en volumes et en espaces, j’ai l’objectif de créer, disposer, proportionner, rationaliser les espaces et de leur conférer les dimensions voulues, de les hiérarchiser, de les relier entre eux et avec l’extérieur en fonction du terrain, du programme ou du budget. Je vise un projet bien conçu pour une construction sécuritaire, durable, et d’entretien facile avec des locaux bien agencés, confortables et pratiques pour une utilisation optimale de l’espace.

En fait je cherche, avec une planification bien réfléchie, à créer des espaces les plus beaux, efficaces, appropriés et rentables dans une construction soignée qui conservera au fil des ans une bonne valeur et comblera de fierté ses propriétaires et utilisateurs.

  • Évolution architecturale

Comme chaque animal a son habitat pour soutenir ses besoins et assurer son bien-être, l’homme aussi doit avoir un habitat à sa mesure.

Aux origines, l’être humain a évolué dans un milieu de vie chaud (tropical) où des abris très rudimentaires lui suffisaient. Au cours de son évolution, sa migration l’a mené dans des climats plus rigoureux et ses habitats forcément devinrent plus sophistiqués.

Dans notre climat aux conditions contrastantes et extrêmes entre la chaleur et le froid, notre architecture s’est adaptée au contexte. L’évolution de la maison québécoise à partir de ses origines (d’inspiration) française a rapidement dû s’ajuster par l’imagination et le vécu des colons pour se transformer en un design qui a mieux répondu au contexte. L’architecture québécoise est un bon exemple d’adaptation de l’espace construit aux activités de l’homme, de réponse au contexte environnemental climatique, social et culturel et aux ressources technologiques, matérielles et financières disponibles. Une vraie architecture innée (indigène) est une réponse appropriée à la réalité.

Pour être appropriée, l’architecture doit toujours répondre à la réalité actuelle d’une société et au contexte réel du temps. L’architecture est le prolongement logique de l’évolution d’une société. Elle s’enrichit de l’expérience architecturale du passé et s’adapte pour bien répondre aux besoins actuels et futurs.

 


  • Design humain

L’espace habité, l’espace conçu par l’homme
est construit selon des images vivantes mêlant
réalité et rêve, sensations et émotions, objectivité et subjectivité.
Parmi ces images,
le corps humain occupe une place prépondérante
comme matrice des formes architecturales.

 

Vivarchi

 

 


  • Psychologie environnementale
    • Introduction

Dans une approche architecturale saine, on a tendance à parler de la réalité physique des bâtiments et des conséquences physiques pour les utilisateurs et l’environnement. Les implications sont grandes, tangibles, et faciles à quantifier, pourtant il y a aussi d’autres considérations moins concrètes.

Un environnement respectueux de l’être humain doit promouvoir son bien-être à plusieurs niveaux. Pour y arriver, on doit non seulement répondre à ses besoins physiques mais aller plus loin et satisfaire aussi ses besoins plus subtils comme la santé, le confort et la sécurité.

L’être humain est très sophistiqué sur plusieurs aspects et certaines sphères nous distinguent des autres espèces animales. La réalité humaine nous confronte aux domaines de l’intelligence, de la psychologie, de la sociologie et de la spiritualité. Cela fait partie des subtilités de la nature humaine et c’est dans cette réalité que vivent les gens. En considérant la personne dans sa totalité et son intégrité, on est plus en mesure de véritablement respecter et de combler ses attentes et de lui permettre de mieux s’épanouir.

Notre environnement construit est perçu simultanément par tous nos sens et l’impression obtenue peut être basée sur des particularités insoupçonnées. Une photo ne suffit pas à exprimer la réalité, pas plus que la simple perception visuelle ne peut rendre compte de toute la richesse de l’expression architecturale. Nos sens n’agissent pas isolément mais en complémentarité et même si l’architecture est souvent jugée par la seule perception visuelle, elle est en réalité appréciée à la suite d’une grande variété de sensations.  Les messages reçus par notre subconscient sont aussi valables que ceux dirigés vers notre conscience et l’impression qui reste peut facilement être un élément très discret non imaginé dans le design.

La psychologie environnementale n’est pas une science exacte parce qu’il y a trop de variables différentes à considérer selon les personnes. De nombreux facteurs influencent les comportements: la culture, le conditionnement social, la tradition, les habitudes, les préjugés. Il est hors de question d’appliquer des principes et des concepts avec précision mais les tendances observées lors de leur application nous permettent d’être confiants dans leurs effets bénéfiques sur le plan psychologique.

La psychologie environnementale est un domaine relativement récent dans les sciences humaines. Elle a trait aux réactions des gens aux nombreuses variables de leur environnement. Évidemment, il s’agit d’un domaine « mou ». Les idées peuvent donc être très subjectives; comme on dit, les goûts ça ne se discute pas. Même si on a différentes idées sur le sujet, il n’est reste pas moins que les applications réussies font ressortir des dénominateurs communs.

Ce document a pour but de faire état de divers éléments inhérents à la psychologie environnementale pour des milieux sains. Le souci du bien-être physique, psychologique et social est essentiel dans le design d’espaces qui soient compatibles avec les besoins des gens dans leurs divers domaines d’activités.

Les notions de psychologie environnementale des architectes sont souvent basées sur l’observation et l’expérience et elles sont habituellement fondées même si elles ne sont pas appuyées par des études poussées dans le domaine. Ces connaissances théoriques sont pertinentes mais on peut toujours aller un peu plus loin, c’est ce que nous tenterons de faire dans ce document.

L’appréciation d’un espace bien conçu ne peut être réussie que par la combinaison de plusieurs sensations qui contribueront à l’impression globale. Il faut percevoir les grandeurs, les formes, la lumière, les couleurs, les textures, les sons, les odeurs, la température, les mouvements, l’activité humaine car, en fin de compte, l’espace est vivant. En un seul instant, tous les sens enregistrent et l’ambiance perçue résulte d’un ensemble de perceptions sensorielles. L’impression qui nous restera d’un espace peut parfois être caractérisée par un aspect déterminant très accessoire mais marquant. Ainsi, en tenant compte de toutes les sensations, les réalisations architecturales véhiculeront une expression beaucoup plus cohérente et forte de signification.

Un environnement psychologique sain doit promouvoir des sentiments de sécurité et de bien-être et évoquer des sensations agréables. Pour la bonne santé mentale des utilisateurs, un design approprié devra exploiter positivement les sens et favoriser un équilibre dans leur degré de stimulation. Les espaces devront répondre aux besoins d’excitation des gens à la fois sur les plans physique, émotif, intellectuel et esthétique.

Les espaces devront répondre aux anticipations et être une source de satisfaction, de joie et d’inspiration. Si l’architecte conçoit pour la personne dans sa totalité, il va créer des espaces dans lesquels elle se sentira plus confortable et à l’aise. Pour atteindre ce but, une organisation spatiale appropriée devra permettre de soutenir l’activité qui doit se dérouler dans les lieux. En créant le climat approprié, les sens renforcent ainsi les modèles de comportement propres aux activités prévues.

Pour qu’un espace soit pertinent à sa fonction, il doit respecter les processus naturels et logiques des utilisateurs. Il faut bien comprendre ces processus pour bien traduire et exprimer la vie. Ainsi on a plus de chance de faire un design approprié si on saisit bien le style de vie, les comportements, les habitudes, les besoins, les désirs, l’âge et l’éducation des utilisateurs.  En créant une ambiance propice aux activités et en éliminant les causes de stress, l’architecte réalisera des espaces sains qui seront naturellement appréciés car les utilisateurs s’y sentiront en harmonie. C’est donc en considérant la personne dans sa totalité que l’architecte sera le plus en mesure de véritablement respecter et combler ses attentes et de favoriser son épanouissement. Notons toutefois que l’application de tels concepts de psychologie environnementale n’est pas un art de précision et les solutions offertes exerceront certes une influence mais sans aller jusqu’à déterminer les perceptions et les comportements des utilisateurs.

Les réalisations architecturales ne sont pas que des objets de contemplation. Au contraire, elles doivent être des milieux de vie fortement en interaction avec leurs occupants. L’architecte doit constamment se préoccuper de ces interactions. Entourées d’un contexte positif, les personnes ont plus de chance d’être influencées positivement. L’architecte doit donc créer des espaces où les personnes se sentiront à l’aise dans tous les aspects de leur vie, des espaces où elles pourront exprimer leur individualité et s’épanouir dans tout leur être, physiquement, émotionnellement, intellectuellement et spirituellement. Une réalisation architecturale saine ne peut pas être évaluée que par son esthétisme et ses propriétés physiques, elle doit l’être aussi et surtout par la qualité de son utilisation et par la satisfaction qu’elle procure à ses utilisateurs sur tous les plans.

Tous ont déjà été à même de prendre conscience de diverses applications de ces principes architecturaux. Il vous est sûrement déjà arrivé de visiter une maison accueillante et sympathique qui vous semblait un prolongement de ses occupants tellement elle avait été bien personnalisée. Inversement, vous avez peut-être aussi eu l’occasion de visiter d’autres maisons où vous ne vous sentiez pas à l’aise, où  tout semblait mal agencé, mal adapté et artificiel. Ces impressions vous ont sûrement été communiquées par une multitude de facteurs.

D’une part, on aura tenu compte des formes, proportions et textures pour créer des volumes appropriés. On aura judicieusement utilisé l’éclairage et les couleurs pour conférer à chaque pièce l’ambiance désirée. On aura même tenu compte des bruits, des vibrations et des odeurs afin que les activités d’une pièce n’interfèrent pas avec celles d’une autre pièce. D’autre part, on n’aura pas su tirer parti de tous ces facteurs de manière intelligente et adéquate.

L’environnement psychologique doit promouvoir la ses de sécurité et bien être et évoquer des sensations agréables.

Les espaces devront avoir une identité reconnaissable, mémorable, vif attirant, et distinct ou on sent une fierté et une présence de lieu (sens of place). Il doit être possible de sentir et apprécier la présence d’autre gens parce ce que seul on peut s’imaginer plus vulnérable. Ce besoin est toujours lier à notre besoin de vivre en société. Des symboles dans un lieu peuvent communiquer des impressions important pour faire établir des rapports avec des gens.

Un bâtiment par sa nature, un volume qui s’impose sur la (route) publique. Son existence n’est pas une vide mais en relation avec l’environnement naturel et construit. Son intégration avec son environnement doit être faite avec sensibilité pour contribuer à l’harmonie de l’ensemble. Ce respect de l’existant permet le lien avec le passé tout en exprimant son expression du présent et son regard vers l’avenir. Par son rythmes, proportions et matériaux développe une cohérence avec son contexte et assumer leur social et symbolique identité. Chaque bâtiment a son but, sa raison d’être qui traduit les besoins et son utilisation sous son expression architecturale. La fonction du bâtiment est exprimée dans son organisation intérieure mais aussi (par) son image à l’extérieur. Il doit avoir une cohérence de message sous lecture de tout aspect du bâtiment si le message est consistant la force de caractère de son architecture est encore plus fort, son identité plus distinct à l’intérieur d’un ensemble.

Évidement les environnements primaires où on passe la plupart de notre temps sont très importants à notre bien-être. Les environnements secondaires où nous avons des contacts de très courte durée sont moins significatifs pour nous.

Notre perception de ce qui est confortable n’est plus la même qu’il y a cents ans. Même si le confort résulte d’une expérience personnelle, l’individu l’évalue en fonction de normes plus vastes, ce qui donnerait à penser qu’il s’agit alors d’une expérience objective. Il est plus simple d’évaluer le manque de confort que le confort. Le calme intérieur qui est l’un des éléments du confort. Le confort est l’aspect pratique, fonctionnel, loisir, bien-être, notion de foyer, intimité et vie privée. Il y a une multitude de sensations, beaucoup sont subconscientes, et qui ne sont pas seulement physiques, mais également émotives et intellectuelles.

 

  • Stress environnemental

Le stress fait partie de nos vies comme il en a toujours été mais ses sources ont changé. Autrefois, le stress était provoqué par des menaces physiques à la sécurité et même si l’être humain ne se distingue pas ses capacités intellectuelles, il reste en lui des instincts qui dominent chez les animaux. Le stress est la réponse de l’organisme à des situations considérées menaçantes. Le corps réagit par des changements émotifs et de nouveaux comportements pour réduire le stress et se préparer physiquement pour l’action.

En réaction à une situation provocante, la personne devient plus alerte pour combattre le danger. Elle peut résister par la fuite, par l’attaque en éliminant la cause du stress ou par le compromis en s’adaptant plus ou moins à la source de stress. Le réflexe de nos ancêtres primitifs était de se battre ou de fuir. Maintenant, le danger est moins immédiat et les sources de stress moins évidentes et plus subtiles mais le corps réagit de façon semblable. À notre époque, on ne peut plus réagir en se battant ou en fuyant, la tension est embouteillée en nous comme stress.

Les sources de stress qui nous assaillent maintenant sont moins ponctuelles mais plutôt constantes et insidieuses. À la longue, en combattant les causes de stress ou en s’y adaptant, la force ou résistance de la personne va s’affaiblir sur les plans physique et psychologique. Cet affaiblissement au niveau de la santé physique et mentale va favoriser l’apparition de malaises et de maladies.

Les sensations provoquent des effets psychologiques mais tout autant d’effets physiques. Le stress psychologique dû à l’environnement peut causer des réactions physiques comme l’augmentation des battements cardiaques, la transpiration, la perte d’appétit, des changements de couleur de la blancheur à la rougeur, de l’hypertension, de la tension musculaire, la dilatation des pupilles et l’augmentation de l’activité électrique du cerveau. De l’adrénaline est relâchée dans la circulation sanguine, la pression artérielle augmente, les vaisseaux sanguins se contractent, les muscles se tendent, le cœur bat plus fort, la respiration est plus rapide, le corps est prêt à l’action pour se défendre. Un stress constant crée un état d’agitation et les personnes soumises fréquemment à cette situation stressante développent des maladies d’adaptation comme des ulcères, des nausées, de l’hypertension, des maux de tête, de l’irritabilité et des problèmes de cœur.

On sait tous qu’on ne peut pas éviter le stress et que dans certains cas il est même énergisant. Chacun peut être sujet au stress dû aux conflits ou aux responsabilités professionnelles, sociales, familiales ou personnelles et doit les assumer, mais au niveau architectural on ne devra pas ajouter au fardeau des effets négatifs de la vie.  Mais si l’environnement construit cause un stress inapproprié sur la personne, son organisme s’affaiblira et des malaises et maladies apparaîtront. Pour nous épanouir, nous avons besoin de contextes propices à la récupération du stress que nous occasionnent d’autres sphères de la vie, telles le travail et la vie en société. L’architecture offre beaucoup d’opportunité d’être une force positive dans la vie des gens.

Le stress peut expliquer de la mauvaise humeur ou un comportement surprenant. Notre société fait de plus en plus appel à des techniques pour combattre ce stress comme la méditation et relaxation.

Les événements environnementaux menacent le bien être de notre organisme qui doit réagir pour se protéger ou s’ajuster aux niveaux émotif, comportemental ou physique.

Il y a la menace, la perception de la menace, la gestion (coping) de la menace et l’adaptation à la menace.

En architecture les stress sont plus des stress de fond qui sont toujours présents ou répétitifs. Ils sont d’intensité basse mais ont un effet chronique à longue terme.

Si l’environnement physique n’est pas confortable il y a un effet psychologique sur la personne. Par exemple, un environnement chaud peut rendre les gens plus agressifs, dans un endroit bruyant les gens seront moins patients etc. La pression atmosphérique, le quartier de la lune, la pollution de l’air et autres nous affectent dans notre bien-être et les réactions physique et psychologique peuvent être plus ou moins fortes.

  • Sens

Tout en agissant comme système de défense pour nous protéger et comme organes nécessaires à l’exercice de nos fonctions vitales, nos divers sens nous permettent de distinguer différents aspects de notre environnement. Les sens sont essentiels pour l’interaction de l’individu avec l’environnement. C’est grâce à eux qu’on perçoit notre monde, ils nous donnent des informations qu’on traite et analyse pour évaluer notre situation et trouver un sens. Les sensations passées sont emmagasinées dans notre mémoire et peuvent être extraites pour fins de comparaisons avec des sensations présentes. N’importe quel espace est sujet à ces évaluations involontaires. L’espace vécu est passé à travers le filtre subjectif de la perception. Ce filtre est conditionné par les expériences antérieures du sujet, son éducation et sa culture.

A moins d’avoir une importance particulière, comme la perception d’un danger, les évaluations des différents sens demeurent dans notre inconscient et ce sont les éléments recherchés qui sont évalués par notre conscient. Ce système de filtrage des données envoie des signaux au conscient quand les informations reçues ne correspondent pas à ce qui est perçu comme normal pour chaque personne. Par la suite, c’est l’intellect qui prendra des décisions selon les circonstances.

Notre environnement construit est perçu par nos sens et l’impression obtenue peut être basée sur des subtilités insoupçonnées. Nos sens n’agissent pas en solitaires mais en complémentarité et même si l’architecture est souvent axée sur la perception visuelle, ses réalisations sont saisies par une succession de sensations. Les sensations ou combinaisons de sensations évoquées par un bâtiment sont à n’en pas douter très personnelles. Pourtant l’analyse des qualités spatiales de notre environnement sont les mêmes: grandeur, forme, couleur, texture, luminosité, sonorité et odeur. C’est en fonction de toutes ces considérations qu’on expérimente les espaces construits.

Un environnement respectueux de l’être humain devra promouvoir le confort à plusieurs niveaux. Les sensations perçues dans notre environnement devront assurer un niveau adéquat de bien-être en choisissant le bon degré entre chaud ou froid, bruyant ou tranquille, clair ou sombre, chargé ou vide d’information, sale ou propre, etc.

La psychologie environnementale analyse comment les gens réagissent à certains stimuli. Les réponses sont activées par les messages inhérents à ces stimuli. L’environnement doit apporter de la stimulation pour maintenir le bien-être psychologique. En fait une diversité adéquate d’environnements et de sensations devra être disponible pour que les gens demeurent alertes et sensibles à leur environnement. Si un environnement est trop uniforme, nos perceptions deviennent moins vives et nous devenons moins tolérants aux changements.

Les sens n’agissent jamais seuls, ils s’entraident pour interpréter les lieux. Leurs perceptions combinées des qualités architecturales rendent l’interaction plus percutante. Un bon design implique un équilibre dans le degré de stimulation des sens. Les espaces devront répondre aux besoins d’excitation des gens à la fois sur les plans intellectuel, émotif et esthétique. Une trop grande stimulation provoquera incompréhension et frustration alors qu’un manque de stimulation entraînera familiarité et ennui. Ni l’une ni l’autre situation n’est souhaitable.

On doit rechercher un équilibre dans les intensités de  couleur, d’illumination et de grandeur et aussi dans les valeurs affectives trouvées dans les symboles anciens, émotifs ou nostalgiques. On peut également chercher à harmoniser des effets tels la surprise, l’incongru, le bizarre, la complexité, le contraste, le mouvement, les formes, les motifs et le bruit.

Naturellement, les gens cherchent des messages agréables et veulent éviter ceux qui ne le sont pas. La beauté a une tendance à plaire davantage que la laideur qui dérange. On trouve la beauté dans des souvenirs agréables, dans l’émerveillement, l’enchantement et le plaisir, dans la logique des formes, la certitude, l’ordre, l’unité et l’harmonie. En enlevant des tensions désagréables, on apprécie davantage la stimulation positive de l’espace.

L’architecture devra exploiter positivement tous les sens car c’est grâce à eux tous que nous percevons les espaces. L’impression qui reste peut facilement être un élément très discret non imaginé dans le design. Les messages reçus par notre subconscient sont aussi valables que ceux dirigés vers notre conscience. Il faut rappeler que l’environnement est perçu par l’ensemble de nos sens et il faut nourrir nos perceptions sensorielles. On voit l’architecture mais on l’expérience par notre mouvement et notre interaction physique avec l’espace.

  • Formes, volumes, proportions, dimensions

L’être humain est toujours en relation avec l’environnement qui l’entoure. Il s’y projette et l’espace devient son prolongement. Le rapport du corps avec l’espace est lié à l’image de soi et il devrait y avoir correspondance ou intégration avec l’image de l’environnement perçu. Une affinité avec notre contexte environnemental est une source de jouissance et de bien-être et cela permet de nous soutenir dans la réalisation de nos activités.

Un espace qui ne correspond pas aux besoins des gens génère du stress. Certains espaces peuvent être traumatisants particulièrement pour ceux qui ont des réactions plus aiguës ou phobies. Selon leur sensibilité, des personnes souffriront de claustrophobie dans les espaces restreints alors que d’autres éprouveront de l’agoraphobie parce qu’elles ne sont pas à l’aise dans les grands espaces.  Les besoins des gens sont très personnels mais il reste quand même une gamme de critères satisfaisants pour la plupart d’entre eux.

Dans toutes les relations établies entre les gens et les bâtiments, les terrains et le contexte environnemental, le plus inné des éléments de référence est celui du corps. On observe bien chez les enfants le plaisir de jouer dans de petits espaces fidèles à leur échelle. Et tous se sentiront intimidés dans les grands espaces. S’il y a équilibre et cohérence entre les éléments de l’environnement et les gens, il s’établira un sentiment de compatibilité avec le contexte. Plus l’échelle et les proportions dans les distances et les hauteurs seront à dimensions humaines, plus les personnes se sentiront à l’aise dans un environnement respectueux d’elles-mêmes.

L’interaction avec un bâtiment commence à l’extérieur au niveau du sol où il est important d’établir une échelle humaine d’au plus trois étages. De plus, le bâtiment devra être invitant et exprimer clairement sa fonction. Les détails des façades devront mettre en évidence les étages, les fenêtres, les portes, etc., pour ramener l’ensemble à des parties reconnaissables à l’échelle humaine.

A l’intérieur, les murs et les plafonds devront constituer un abri confortable et procurer un sentiment de protection et de sécurité pour les occupants. Les volumes devront être confortables et adaptés aux activités prévues afin que personne ne se sente étouffé ou perdu. Les formes et les dimensions des objets utilitaires devront être pratiques et à la mesure des gens afin d’assurer le confort et de faciliter leur utilisation. Il faut éviter les formes dangereuses et les coins aigus devront être arrondis. Il est mieux d’offrir une variété dans les espaces afin qu’il soit possible d’apprécier une diversité d’expériences.

Différents aspects du design sont bien établis dans la perception des gens. Les lignes verticales sont inspirantes et démontrent stabilité et force. Quand il y a des projections, les diagonales créent un effet de dynamisme et d’action dramatique et des variations comme les courbes projettent une idée de liberté. Des lignes horizontales donneront l’impression de permanence, de repos et de paix. Ces éléments font appel aux lignes retrouvées dans la nature et c’est sur elles que l’architecte fonde son vocabulaire architectural.

Selon les objectifs poursuivis, les espaces peuvent être manipulés en appliquant une grande gamme de concepts. Le spectre des choix se situe entre les deux pôles de divers aspects. Il est possible de créer de nombreux effets en les incorporant à l’intérieur d’un même bâtiment. La page suivante dresse un tableau de toute une série d’aspects contrastants. Les choix sont vastes et les effets sont variés. Cette palette diversifiée va permettre à l’architecte de structurer les espaces afin de transmettre  aux gens une grande richesse d’impressions.

L’espace architectural naît de la relation entre des objets ou entre des plans qui définissent des limites. La lisibilité des formes est un des objectifs en architecture. Le phénomène figure/fond est important pour la perception visuelle. Une figure trouve son autonomie, son extérieur par ses bords, ses contours. Il y a deux modes de composition de l’objet : l’articulation et la continuité.

Le sens de l’ordre semble être au fond de chacun. Le système d’ordre le plus efficace est l’uniformité. L’œil choisit de combiner les éléments pour mieux saisir. Les principes de répétition. La ressemblance, la proximité, la clôture commune, la symétrie autour d’un axe et l’orientation des parties sont des notions de cohérence formelle qu’on cherche. Nous avons une tendance à regrouper des éléments ou des formes dont l’échelle est comparable ou qui ont une même position soit verticale, horizontale ou parallèle.  On regroupe les éléments qui sont près l’un de l’autre en les distinguant de ceux qui sont éloignés. Un cadre comme l’articulation du plafond ou le traitement du plancher ou un muret ou autre moyen d’unification servent à regrouper des éléments.

Nous nous servons de la répétition, de la similitude, de la proximité, de la clôture et de l’orientation comme moyens pour organiser notre environnement. Nous aboutissons à des ensembles pouvant être saisis d’un seul coup d’œil ou au contraire plus complexes, plus difficiles à comprendre et exigeant un effort d’investigation.

  • Aspects contrastants en architecture

Le contraste sert à donner une identité immédiate et sans ambiguïté à deux systèmes formels. Il aboutit à une mise en valeur mutuelle et l’interdépendance des éléments est réalisée par une tension résultant de leur nature contraire. Pour que les contraires entrent ‘’ en communication’’ il faut que les différences soient suffisamment marquées.

Dans une progression il y a un début et une fin ou un but, – une gradation continue de crescendo. Une hiérarchie implique des éléments primaires et secondaires. Il implique la dominance de vides ou d’objets.

 

Liste de divers aspects contrastants pouvant être combinés à divers degrés pour créer une très grande variété d’impressions architecturales.

Ils sont présentés par les couples de qualificatifs suivants:

  • audacieux – timide
  • loin – proche
  • fluide – résistant
  • familier – étranger
  • clair – sombre
  • ancien – nouveau
  • grand – petit
  • stable – instable
  • lisse – rude
  • arrondi – pointu
  • libre – chargé
  • simple – compliqué
  • logique – illogique
  • symétrique – asymétrique
  • compréhensible – confus
  • fantaisiste – conforme
  • directif – déroutant
  • discipliné – désordonné
  • mouvementé – paisible
  • significatif – insignifiant
  • animé – inanimé
  • instructif – embêtant
  • contrastant – uniforme
  • curieux – quelconque
  • habituel – inhabituel
  • exotique – régional
  • beau – laid
  • approprié – inapproprié
  • varié – monotone
  • plausible – invraisemblable
  • distingué – vulgaire
  • abstrait – concret
  • réussi – raté
  • sophistiqué – improvisé
  • impressionnant – effacé
  • surprenant – attendu
  • ingénieux – simpliste
  • utile – inutile
  • progressif – régressif
  • humain – inhumain
  • stimulant – déprimant
  • décoré – dépouillé
  • admirable – négligeable
  • nécessaire – superflu
  • vrai – faux
  • désiré – délaissé
  • coloré – terne
  • amusant – désagréable
  • gai – mélancolique
  • évocateur – hermétique
  • vivant – inerte
  • symbolique – réel
  • important – anodin
  • attirant – repoussant
  • saisissant – commun
  • vigoureux -frêle
  • intéressant – ennuyeux
  • excitant – apaisant
  • dominant – dépendant
  • spectaculaire – modeste
  • subtil – évident
  • avant-gardiste – traditionnel
  • inspirant – déconcertant
  • sécuritaire – dangereux
  • commode – gênant
  • dramatique – badin
  • original – banal
  • propre – sale
  • naturel – synthétique
  • positif – négatif
  • plein – vide
  • convexe – concave
  • courbe – droite
  • lumière – ombre
  • réfléchissant – absorbant
  • large – étroit
  • haut – bas
  • horizontal – vertical
  • naturel – artificiel
  • végétal – minéral
  • simple – complexe
  • chaos – ordre
  • régularité – irrégularité
  • fermés, introvertis – ouverts, extravertis, centrifuges
  • Circulation

C’est en circulant dans les espaces que les utilisateurs les découvrent. Les images nous sont transmises à travers points de vue, rythme, vitesse, angles et direction. L’espace est perçu en relation avec soi et c’est en le parcourant qu’on peut le mesurer. Les distances à parcourir peuvent être une limitation ou un atout, le cheminement à travers un espace doit se révéler une expérience agréable. Pour qui visite un lieu, les déplacements dans leur ensemble doivent constituer un voyage mémorable. La planification des modes de perception et d’utilisation des espaces est un élément clé pour la réussite d’espaces qui laisseront de bonnes impressions.

Un parcours est conçu par une succession d’événements spatiaux. Le cheminement contribue à forger l’image que nous nous faisons de l’environnement.

Pour satisfaire son sens interne de l’orientation, l’homme a besoin de se situer dans l’espace. : La désorientation entraîne l’angoisse. Pour investir un lieu ou pour nous déplacer d’un lieu à l’autre nous avons besoin de références. Dans tout changement l’homme éprouve le besoin de se situer par rapport à ses points de départ, son passé, et à ses buts, son avenir.

En marchant, le mouvement du corps est la mesure des choses et de l’espace. L’architecture est la scène des parcours et des gestes qui donnent une succession de sensations.

Selon John Ormsbee Simonds dans son livre « Landscape Architecture », voici divers facteurs susceptibles d’orienter le mouvement ainsi que divers effets des mouvements.

  • Facteurs qui attirent
    • espaces agréables
    • objets et espaces qui conviennent à l’humeur ou aux besoins
    • harmonie avec les réseaux de circulation
    • séquence logique de progression
    • lignes de moindre résistance
    • pentes les plus faciles
    • plaisir du mouvement
    • points d’entrée
    • points de contraste
    • points de textures et de couleurs riches
    • changements
    • du froid au chaud, de l’ombre au soleil ou l’inverse
    • atteinte d’un but
    • tout ce qui est utile
    • tout ce qui est approprié
    • tout ce qui est intéressant
    • tout ce qui est beau
    • tout ce qui est désiré
    • tout ce qui plaît
  • Facteurs qui repoussent
    • obstacles
    • pentes fortes
    • danger
    • désordre
    • laideur
    • instabilité
    • monotonie, ennui
    • tout ce qui est désagréable
    • tout ce qui est indésirable
  • Facteurs qui dirigent le mouvement
    • arrangement des formes
    • réseaux de circulation implicites
    • divisions
    • enseignes
    • symboles
    • portes, barrières
    • formes
  • Facteurs qui suggèrent le repos
    • conditions de confort, d’agrément ou de repos
    • occasion de solitude
    • occasion d’apprécier une vue, un objet ou un détail
    • occasion de concentration
    • restriction de mouvement
    • arrangements agréables des formes et des espaces
    • fonctions pour le repos
    • atteinte d’un but
  • Effets du mouvement horizontal
    • mouvement plus facile à contrôler, plus stable, normal par rapport à la gravité
    • mouvement plus facile, libre, sécuritaire, efficace
    • changement de direction facilité
    • vision plus facile
    • monotonie
    • intérêt visuel pour les lignes verticales
  • Effets du mouvement descendant
    • effort réduit par l’effet de la gravité
    • sécurité en fonction de la texture
    • sentiment de refuge, de protection, de privé
    • vision orientée vers le bas
  • Effets du mouvement ascendant
    • effort nécessaire pour vaincre la gravité
    • exaltation, détachement
    • anticipation
    • intérêt visuel vers le haut et le ciel
    • Éclairage
      • Introduction

L’éclairage est un élément puissant et il a une influence significative sur la perception de l’espace et les réactions des gens. Le design et la manipulation de la lumière sont réalisés d’abord pour répondre aux besoins physiques mais aussi pour obtenir des effets psychologiques. En exploitant avec sensibilité et imagination ces effets psychologiques, on enrichit les dimensions visuelles et émotives des solutions architecturales.

C’est l’éclairage qui définit les espaces, par les objets qu’ils contiennent et par les surfaces qui les délimitent. Les activités qui se déroulent dans les espaces sont évidement influencées par la qualité de l’éclairage. Selon le niveau et l’aménagement de l’éclairage, la performance dans la réalisation des tâches peut être augmentée ou diminuée. Les caractéristiques de la luminosité de notre environnement influencent nos comportements face aux tâches à réaliser, face à nos rapports sociaux et face à notre propre humeur et à notre bien-être personnel.

L’espace architectural existe par l’éclairement des objets et des surfaces limites. La composition architecturale peut être considérée comme l’art de disposer et de doser des sources de lumière dans l’espace.

  • Quatre conditions typiques d’éclairage :
    • L’espace-lumière est un espace fictif qui se crée lorsqu’une portion d’espace est bien éclairée alors que le reste est laissé dans la pénombre ou dans l’obscurité.
    • La lumière à caractère d’objet, un élément éclairé ponctuellement dans un espace sombre.
    • La lumière de séries d’objets, où une série de sources entre les objets et le fond de l’enveloppe spatiale est en équilibre.
    • La lumière des surfaces, des parois, des plafonds et des sols peuvent être comme des sources d’éclairage.
      • La lumière naturelle

La source d’éclairage la plus appréciée demeure encore la lumière naturelle. Elle évoque un sentiment de bien-être, de fraîcheur et de pureté. La lumière du soleil varie en intensité, en angle et en couleur en fonction des saisons de l’année, des heures de la journée et des conditions atmosphériques. Par ses variations, elle offre un éclairage vivant. Elle possède un spectre de couleur complet comme on peut le voir dans les arcs-en-ciel qui la décomposent en rouge, jaune, vert et bleu avec leurs combinaisons et variations. Elle incorpore de plus des rayons invisibles comme les rayons ultraviolets qui ont un effet purificateur et antiseptique en diminuant la croissance des microbes.

Ce sont les fenêtres orientées au sud qui laissent passer le plus longtemps la plus grande quantité de lumière. Cette lumière procure chaleur et clarté, elle est idéale pour les lieux de rassemblement. La quantité de lumière admise est à peu près égale pour les fenêtres orientées à l’est et à l’ouest. Les fenêtres orientées à l’ouest reçoivent la lumière tard en après-midi: les pièces de détente bénéficieront de cette lumière chaude en fin de journée. Toutefois, l’augmentation de chaleur qui en résulte durant l’été peut constituer un désavantage. Du côté nord, la lumière est diffuse, indirecte, réfléchie par le ciel. Elle a un caractère uniforme, sans ombrage.

Les fenêtres nous apportent la lumière, l’air et la vue extérieure et il est souhaitable de pouvoir les ouvrir sur au moins deux côtés de chaque pièce pour profiter de tous les éléments.  L’aménagement des fenêtres doit prévoir l’orientation, la dimension et la qualité du verre. Les vitres teintées ne sont pas idéales parce qu’elles réduisent le spectre de la lumière.

La lumière naturelle étant si bénéfique, il est important de laisser pénétrer le soleil partout où cela est possible en utilisant les fenêtres et les portes vitrées. La lumière du jour est agréable, saine et gratuite. Mais cet éclairage naturel a aussi des inconvénients, il peut s’accompagner de trop de chaleur à certains endroits et à certains moments. Incluant les rayons infrarouges et ultraviolets, cette chaleur excessive peut entraîner rapidement un échauffement local et aussi altérer la couleur des tissus; on peut y pallier par l’utilisation de stores. La lumière du soleil change  aussi tout au long de la journée, des saisons et des conditions atmosphériques. Par ses variations et ses changements d’intensité, elle offre un éclairage vivant.

Pour profiter de l’éclairage naturel, il faut utiliser un verre de qualité dans les fenêtres des habitations. Les vitres teintées réduisent  le spectre de la lumière. Bien que la vitre ordinaire laisse passer un spectre plus large de lumière visible, elle arrête jusqu’à 95% de l’ultraviolet. L’utilisation de fenêtres composées d’acrylique favorise le passage de rayons ultraviolets.

L’aménagement des fenêtres doit prévoir l’orientation, la dimension et la qualité du verre. Les fenêtres nous apportent la lumière, l’air et la vue extérieure. Il est souhaitable de retrouver dans chaque pièce des fenêtres sur au moins deux côtés. Ce sont les fenêtres orientées au sud qui laissent passer le plus de lumière et pendant le plus longtemps. La quantité de lumière admise est à peu près égale pour les fenêtres orientées à l’est et à l’ouest. Un désavantage que procurent les fenêtres du côté ouest est de provoquer une augmentation de chaleur en fin d’après-midi, l’été.

Les fenêtres horizontales et élevées sur un mur, renvoient la lumière dans la pièce en se servant du plafond. Les fenêtres en saillie (baie) éclairent complètement l’aire immédiate, mais pas nécessairement le reste de la pièce. Les grandes fenêtres couvrant toute la largeur d’un mur distribueront un éclairage plus uniforme que des fenêtres séparées mais elles produiront de l’éblouissement. On peut réduire l’éblouissement en diminuant le contraste entre la fenêtre et le mur.

Les différentes formes de fenêtres procurent un éclairage différent. Les puits de lumière sont d’excellentes sources d’éclairage naturel. Ils distribuent jusqu’à cinq fois plus de lumière qu’une fenêtre de même dimension, sur un mur. Ces fenêtres favorisent les pertes de chaleur en hiver et les gains de chaleur en été. Si vous installez des rideaux dans les fenêtres, placez-les de chaque côté du cadre afin de ne pas recouvrir la vitre. Utilisez des tons clairs. Les stores vénitiens laissent pénétrer plus de lumière que les rideaux et ils sont plus faciles à contrôler selon l’orientation et la quantité désirée de lumière. Il peut y avoir trop de chaleur et des problèmes de fuites d’eau en été et de condensation en hiver.

  • Éclairage artificiel

Même en utilisant au maximum la lumière naturelle, nous devons recourir à l’éclairage artificiel pour la nuit et les jours sombres. Il faut tenir compte du type d’activités dans chaque pièce : conversation, repas, travail, sommeil. Y a-t-il des objets ou activités qui demandent un éclairage particulier ? L’éclairage doit aussi tenir compte de la couleur des murs, du plafond, du plancher, de l’ameublement. Choisissez la sorte d’éclairage désirée : ambiant, pour le travail, accentué, direct ou indirect.

Tenez compte de la période d’utilisation d’une pièce: principalement le jour ou le soir et pensez sécurité: par exemple, un escalier bien éclairé.

Un éclairage sain doit être bien équilibré. Il faut un bon éclairage général dans la pièce ainsi que des éclairages d’appoint là où vos yeux sont plus sollicités. Il faut éviter la monotonie, éviter que tout se confonde. Évitez aussi l’éblouissement dû à des surfaces réfléchissantes trop près des sources lumineuses.

Vous pouvez choisir différentes sortes d’ampoules d’éclairage: les ampoules incandescentes, fluorescentes, halogènes, fluorescents compacts et le spectre total. On préfère généralement les ampoules incandescentes à la maison parce qu’elles procurent un éclairage plaisant, chaleureux. Les tubes fluorescents et fluorescents compacts fournissent un bon éclairage général dans une pièce. L’éclairage halogène est récent : il est apprécié pour sa lumière blanche, brillante, plus très de la lumière du jour que tout autre. Il a toutefois les désavantages d’émettre beaucoup de chaleur et d’exiger une installation spéciale. Les ampoules à spectre total de lumière sont probablement les plus saines car elles fournissent presque le même spectre de longueurs d’onde que la lumière du soleil et donnent un éclairage diffus, clair et efficace.

  • Quelques règles générales aident à choisir l’éclairage :
    • Chaque pièce doit posséder un bon éclairage général commandé par un interrupteur placé à la droite de la porte.
    • Une pièce dans laquelle les planchers et les murs sont sombres, absorbera la lumière; une pièce aux couleurs claires réfléchira la lumière. La pièce aux couleurs sombres exigera plus d’éclairage.
    • Une forte intensité lumineuse crée une atmosphère d’activité; une faible intensité, une atmosphère de relaxation.
    • Pour intégrer un éclairage artificiel à un éclairage naturel, utiliser des ampoules qui produisent un rayonnent semblable au spectre de la lumière naturelle.
    • Mettre tous les abat-jour à la même hauteur dans une même pièce.
    • Pour écrire, l’éclairage doit provenir de la gauche pour les droitiers et inversement pour les gauchers.
    • Toujours éclairer un escalier et le munir d’un interrupteur aux deux extrémités.

 

La lumière artificielle est une autre réalité dans l’éclairage des espaces et son utilisation offre beaucoup de potentiel. Étant donné qu’elle est incorporée aux bâtiments, elle peut être exploitée avec beaucoup de liberté. L’exploitation des nombreuses possibilités de ce médium devient un art qui fait de l’utilisation des espaces une expérience hautement diversifiée.

Il y a différentes sortes d’ampoules d’éclairage: incandescentes, fluorescentes, halogènes et au mercure. On préfère généralement les ampoules incandescentes à la maison parce qu’elles procurent un éclairage plaisant, reposant, chaleureux et agréable. Les tubes fluorescents sont très efficaces et fournissent un bon éclairage général dans une pièce, mais leur scintillement est fatiguant pour les yeux et provoque des maux de tête. L’éclairage halogène est apprécié pour sa lumière blanche, brillante, plus près de la lumière du jour que toute autre mais il y a des doutes quant à ses effets sur la santé et il a le désavantage d’émettre beaucoup de chaleur. Les lumières artificielles ont un spectre lumineux moins grand que celui de la lumière naturelle habituellement perçue par nos yeux. Les ampoules fluorescentes à spectre lumineux complet sont probablement les plus saines car elles fournissent presque le même spectre de longueurs d’onde que la lumière du soleil.

  • Intensité

L’œil est involontairement attiré par les objets ou les espaces qui sont plus clairs et en contraste avec le fond. L’intensité lumineuse établit l’ambiance d’une pièce et il est donc important de pouvoir la contrôler pour créer les effets désirés. Le niveau d’éclairage artificiel peut être facilement modifié la nuit ou dans les espaces sans accès à la lumière naturelle par des contrôles comme des gradateurs. Au lieu d’avoir un éclairage général élevé, il est préférable d’avoir de l’éclairage d’appoint ajustable selon les besoins. En ce qui concerne la lumière naturelle, le contrôle est effectué par des stores ou des rideaux. Il est important que les gens aient la possibilité d’ajuster le niveau d’éclairage selon leurs besoins.

Une lumière de grande intensité permet aux yeux de s’adapter rapidement. Elle rend plus alerte et favorise l’activité et l’efficacité dans la réalisation des travaux. Si sa couleur est chaude, elle aura tendance à favoriser le travail physique. Un haut niveau d’éclairage avec couleur et mouvement créera une ambiance de gaieté. Le jeu de beaucoup de petits points de lumière qui n’éblouissent pas se révèle un type d’éclairage des plus stimulants. Il trouve des applications dans les chandeliers des salles à manger, sur les marquises des théâtres, autour des miroirs des salles de bain, comme rubans d’éclairage décoratifs dans les bars, etc.

A l’opposé, une lumière de faible intensité forcera les yeux à s’adapter plus lentement. Elle favorise le ralentissement des activités et la relaxation. Elle rend les espaces plus intimes mais parfois déprimants selon le contexte. Dans un espace faiblement éclairé, un faisceau localisé de lumière plus intense dirigera l’attention sur le point d’intérêt et favorisera la concentration. Le focus est davantage centré sur le sujet et les distractions de l’environnement en général sont minimisées.

Un niveau d’éclairage agréable et adapté aux besoins sera habituellement obtenu dans un équilibre entre les degrés d’illumination extrêmes. Si le degré d’éclairage est trop élevé, les couleurs peuvent sembler fades, décolorées et artificielles. S’il est trop faible, l’espace peut paraître terne, gris et froid.

  • Couleur de l’éclairage

La présence de couleurs dans l’éclairage peut jouer un rôle significatif dans la génération de certaines sensations chez les personnes présentes dans un espace. Un tel éclairage a aussi un effet sur les couleurs environnantes. Selon la source d’éclairage, les nuances des couleurs des surfaces et de l’ameublement pourront paraître très différentes. Les couleurs peuvent trouver tout un éclat dans de la lumière pure et intense mais avoir une apparence bien différente dans une lumière tamisée. Si l’éclairage peut modifier les couleurs, il faut dire également que les couleurs peuvent altérer l’éclairage. Les couleurs claires réfléchissent bien la lumière contrairement aux couleurs sombres qui exigent plus d’éclairage.

L’éclairage naturel est essentiellement froid en couleur tout comme l’éclairage fluorescent et halogène qui met l’emphase sur le vert et le bleu créant une ambiance visuelle de fraîcheur. Les lumières incandescentes émettent principalement dans la couleur orange et créent une impression visuelle de chaleur en soulignant les couleurs jaune, orange et rouge. L’atmosphère obtenue se prête bien à un contexte chaleureux, aimable et intime en rappelant dans notre subconscient la qualité de lumière émise par un feu. Sur le plan humain, les sources de lumière aux couleurs chaudes sont plus avantageuses parce qu’elles créent une apparence aux couleurs plus saines.

Selon la couleur de la lumière, les perceptions des gens peuvent se présenter selon des tendances opposées. Dans un éclairage aux couleurs froides, la température et le bruit de fond semblent moins élevés que dans un éclairage aux couleurs chaudes. Ainsi on peut avoir l’impression que des espaces sont plus grands dans une lumière froide et plus petits dans une lumière chaude.

 

  • Couleur et intensité

La véritable nuance d’une couleur est généralement obtenue dans un éclairage naturel habituellement intense et de couleur froide. Dans un éclairage de faible intensité, les couleurs paraîtront plus normales si la lumière est de couleur plus chaude. Dans un contexte sombre, les couleurs foncées ne livreront pas leurs véritables nuances parce qu’il est difficile de bien les percevoir. En général, pour que les nuances des couleurs apparaissent normales, il faut un éclairage aux couleurs plus chaudes en faible intensité et aux couleurs plus froides en haute intensité.

  • Lumière de couleur

Des lumières de couleur spécifique peuvent avoir des effets remarquables et par un jeu de teintes, elles peuvent servir à créer un effet théâtral. Les couleurs, des plus faciles aux moins faciles à percevoir sont les suivantes: jaune, jaune-orange, jaune-vert, vert, rouge, bleu et violet. La lumière bleue est mal perçue par l’œil et les objets semblent voilés, brouillés et entourés d’une auréole. Elle peut être utilisée de manière thérapeutique pour baisser la tension artérielle, relaxer, faire chuter la tension, combattre l’insomnie et agir comme sédatif dans les cas de souffrances. Une lumière rouge clignotante ou une lumière stroboscopique comme on trouve dans les discothèques peuvent être très excitantes mais elles peuvent aussi être très fatigantes et causer des maux de tête et des nausées.

  • Design

En faisant le design d’un système d’éclairage, il est important de se demander quels sont les effets recherchés et quels sont les aspects architecturaux à exploiter. Par la variété des contrastes produits, l’éclairage peut donner de la vie à un espace, faire apparaître ses textures et faire découvrir ses formes. L’agencement de l’éclairage et de l’ombrage permet de mieux articuler les volumes et les formes dans les trois dimensions. Quand la direction de l’éclairage change, les nuances de la lumière changent la perception des volumes. Un éclairage qui offre un beau jeu de contrastes dans la luminosité suscite davantage l’intérêt des gens. L’espace semblera même mieux éclairé qu’avec un éclairage uniforme. De plus, l’éclairage alliant divers degrés de luminosité est moins fatigant pour les yeux.

Si le point focal de l’éclairage se situe plus bas que l’observateur, l’impression dégagée sera moins formelle et plus sympathique. Par contre, comme dans une cathédrale, un éclairage qui attire l’attention vers le plafond dégagera une impression plus formelle. Un plafond bas peut avoir l’air plus haut s’il est bien éclairé et de couleur claire. En dirigeant l’éclairage sur les occupants d’un espace, on peut même favoriser les échanges et les rapprochements en rendant chacun plus conscient de la présence des autres. Inversement, en dirigeant l’éclairage sur les murs et le plafond, on ne distinguera plus que la silhouette des occupants et cela favorisera une ambiance plus anonyme, privée et introspective.

Le système d’éclairage doit également tenir compte des caractéristiques des surfaces. Ainsi, les matériaux qui ont de la texture ne seront pas mis en valeur par un éclairage diffus. Au contraire, un éclairage directionnel mettra leur texture en évidence par des jeux d’ombre.

Comme on entend dire souvent « les goûts ne sont pas à discuter ». En ce qui concerne les couleurs, que ce soit à l’intérieur ou à l’extérieur du bâtiment, ce choix de couleur peut donner une touche finale qui fait que le résultat est distinctif ou pas, il est de même pour l’éclairage. La façon qu’on éclaire un bâtiment, l’intensité de cette lumière, la couleur et les jeux de lumière fait que le bâtiment est harmonieux. Souvent ce n’est pas une question d’argent mais c’est plutôt une question de goût et un choix éclairé. Avec un minimum de dépense on peut faire une énorme différence.

L’art de disposer, de doser et de diriger les sources de lumière dans l’espace pour l’éclairement des objets et des surfaces a un impact important dans la perception de l’architecture. Dans sa palette de designer, l’architecte peut utiliser l’éclairage direct, créer des ombres, faire réfléchir la lumière sur des surfaces ou la diffuser à travers des rideaux, écrans ou verres givrés pour qu’elle soit douce et sans ombres. Grâce à la lumière naturelle changeante, les espaces statiques s’animent. L’ombre est le complice de la lumière et le contraste entre la présence ou absence de lumière joue sur les couleurs et donne de l’intérêt visuel.

La lumière peut aider à définir l’espace, à percevoir une échelle, à établir un ordre visuel, à donner une perspective spatiale et une direction aux activités. EIle aide à juger des distances et à reconnaître les objets, les matériaux, les couleurs et les formes. Les informations importantes sont mises en évidence et les points focaux ressortent clairement. Les gens et leurs activités peuvent être mis en évidence au lieu des murs et du plafond. Ce contexte est plus social et aimable (friendly).

Quand l’éclairage attire l’attention vers le haut l’espace est plus formel. Quand l’attention est vers le bas l’espace semble moins formel.

L’éclairage intense et chaud attire la personne vers l’activité de l’environnement et non vers les activités plus en contact avec la personne et même sur ses activités en cours.

  • Lumière naturelle et lumière artificielle

La lumière naturelle du soleil renferme le spectre complet des longueurs d’onde électromagnétique dans lequel la vie a évolué sur la terre. La lumière visible ne couvre qu’une petite partie du spectre. Au-delà de ce que nos yeux peuvent percevoir, la lumière du soleil contient des longueurs d’onde plus élevées de l’infrarouge et les plus courtes, de l’ultraviolet.

Plusieurs segments du spectre sont absents de la lumière artificielle et les longueurs d’onde présentes sont transmises dans des proportions complètement différentes. Par exemple, dans les ampoules incandescentes nous rencontrons principalement de la lumière provenant de la partie rouge du spectre. Les tubes fluorescents utilisent la partie jaune et verte du spectre. Ni l’un ni l’autre n’est une bonne source de rayons ultraviolets et infrarouges. L’éclairage artificiel transmet un spectre partiel qui influence la perception visuelle.

  • Lumière et santé

La lumière a un effet puissant sur le corps humain. Elle influence chacune des particularités de notre être, notre intelligence, notre corps, nos émotions et notre esprit. La lumière, tout comme la nourriture et l’eau, est essentielle pour mener une existence saine. Le soleil est à la base de toute vie sur la terre : il est la principale source d’énergie. Son énergie est nécessaire au processus de photosynthèse chez les végétaux par lequel les plantes emmagasinent l’énergie sous forme d’hydrates de carbone, de protéines et de matières grasses, qui à leur tour serviront d’aliments pour les animaux et les êtres humains. Il est clair qu’à la fois chez les végétaux et les animaux la lumière est une sorte de nourriture cellulaire.

Tout comme la biosphère dépend de l’énergie du soleil, la santé et le fonctionnement du corps humain en sont tributaires. Les effets bénéfiques de la lumière du soleil sont nombreux : diminution du rythme respiratoire, augmentation de l’oxygénation cellulaire, énergie, endurance et force musculaire accrues. La lumière du soleil augmente l’apport sanguin aux muscles et aux organes internes. Ajoutons qu’elle favorise une diminution de la pression sanguine, une amélioration de l’efficacité du cœur, une meilleure résistance au stress et une diminution du taux de cholestérol dans le sang. Elle soulage l’arthrite, favorise la cicatrisation des plaies. Elle augmente l’activité du système immunitaire.

Comme les plantes ont besoin de la lumière pour le processus de photosynthèse, les gens ont aussi besoin d’une exposition équilibrée à la lumière pour assurer une santé optimale. Chez les êtres humains, la lumière affecte les hormones qui ont une influence sur les émotions, les troubles mentaux, la croissance, la sexualité et la fertilité. Pendant l’hiver, les journées plus courtes et les sorties moins fréquentes diminuent l’exposition à la lumière. Les personnes plus sensibles à cette diminution en quantité et en intensité de la lumière surtout naturelle, manifestent des symptômes de malaises physiques et psychologiques. La carence dont ils souffrent entraîne ce qu’on appelle des troubles affectifs saisonniers (Seasonal affective disorder : SAD) et souvent des problèmes de dépression particulièrement pour les femmes. Cela explique pourquoi, en hiver, beaucoup de canadiens sentent le besoin de s’échapper vers le sud pour profiter du soleil. Justement, la meilleure façon de traiter ce déséquilibre est de recevoir davantage de lumière naturelle ou de lumière artificielle en haute intensité.

D’autres problèmes viennent du scintillement dans les lampes fluorescentes. À peine perceptibles par l’œil humain, ces scintillements sont perçus de façon subconsciente et de produisent des maux de tête, de l’irritation, de la tension oculaire et de la fatigue. Ils pourraient même être un déclencheur dans les attaques d’épilepsie.

Nous pouvons, sans aucun doute, relier directement certaines réponses biologiques chez les végétaux, les animaux et les êtres humains à des longueurs d’onde spécifiques de lumière. Il existe des liens entre l’activité du système endocrinien produisant des hormones et la lumière. Cette lumière atteint l’œil, frappe la rétine et envoie un influx nerveux à l’épiphyse et à l’hypophyse enfouies profondément dans le cerveau. Ces glandes contrôlent la production des hormones influençant la sexualité, la fertilité, la croissance aussi bien que l’ensemble des émotions humaines.

Le soleil est indispensable à l’organisme humain dans la formation de la vitamine D. Après la formation au niveau de la peau sous l’action des ultraviolets, la vitamine D est aussitôt transportée par la circulation sanguine cutanée et rapidement distribuée dans tout l’organisme. Un rôle essentiel que joue la vitamine D est de favoriser la minéralisation des systèmes osseux. La carence en vitamine D ne touche pas que les enfants mais aussi les adultes et surtout les vieillards.

Le verre bloque les rayons ultraviolets et le verre Low-E aussi plus l’infra rouge. La lumière naturelle est absorbée par la peau et par les yeux pour nos besoins de santé. Des vitres teintées réduisent le spectre de lumière et la quantité de lumière diffusée. Les fenêtres ajoutent beaucoup à la perception de l’espace et un contact avec l’extérieur ainsi qu’un sentiment positif selon les conditions. Trop peu d’intensité réduit l’acuité visuelle et le rendement du travail des personnes. L’éblouissement peut aussi être négatif.

Il y a un siècle, les gens passaient beaucoup plus de temps à travailler à l’extérieur, recevant, par la même occasion, de fortes doses quotidiennes de lumière naturelle. Cela contrôlait l’horloge interne du corps régularisant les cycles d’élévation et de baisse de température du corps, les changements dans la chimie interne et autres changements naturels apparaissant approximativement toutes les 24 heures. Aujourd’hui, les gens passent de 75 % à 90% de leur temps à l’intérieur, ainsi coupés de la lumière naturelle. L’éventail beaucoup plus petit de longueur d’onde que l’on retrouve dans la lumière artificielle des maisons, des bureaux, des écoles, des centres commerciaux produit des changements biochimiques dans le corps humain. Nous limitons souvent de façon intentionnelle la qualité de la lumière naturelle que nous recevons à l’intérieur de notre habitation (verre teinté).

La plupart des éclairages artificiels nous exposent à des rayonnements déséquilibrés, particulièrement dans les zones de l’ultraviolet. L’ultraviolet est essentiel à la bonne santé. Certaines personnes craignent les ultraviolets et mésestiment leurs effets bénéfiques parce que, à hautes doses, ils sont la cause de brûlures, du cancer de la peau et probablement des cataractes. Le spectre complet de l’ultraviolet, à petites doses, est essentiel à la santé humaine et au fonctionnement d’une douzaine d’organes et de glandes du corps humain et aide au système immunitaire par la synthèse  et production de vitamine D dans la peau et l’assimilation du calcium. Il diminue la pression sanguine; il augmente l’activité cérébrale, l’efficacité au travail; il améliore la condition physique et diminue la fatigue.

Il peut y avoir une cause physiologique à la fatigue à cause du manque de lumière. La mélatonine est une hormone puissante, d’origine pinéalienne, qui est sécrétée la nuit pour provoquer le sommeil et modifier d’autres sécrétions hormonales. L’exposition à un éclairage brillant dans le jour arrête la production de mélatonine et nous permet de demeurer éveillés et plus énergiques. Bien que la lumière artificielle puisse arrêter la production de mélatonine chez les animaux, les êtres humains ont besoin d’une lumière plus brillante que celle que l’on retrouve habituellement dans les maisons, les bureaux et les écoles. La mélatonine cause des désordres saisonniers, comme la dépression hivernale. On croit qu’avec les jours plus courts, plusieurs personnes ne reçoivent pas suffisamment de lumière brillante pour arrêter la production de la mélatonine. Cela les rend endormies et provoque les désordres suivants : ralentissement général du corps, sommeil prolongé, suralimentation et dépression.

  • Conclusion

L’éclairage est bien sûr une technique permettant de procurer la lumière suffisante pour assurer une bonne visibilité mais il dépasse ce stade pour devenir un art qui stimulera les émotions et l’intelligence. Il mettra l’architecture en évidence et donnera l’emphase à des éléments importants du design comme la forme et la texture. Tout espace devra être étudié pour déterminer les effets d’éclairage souhaités. Une grande quantité de lumière ne génère pas nécessairement un bon éclairage: moins que sa quantité, c’est sa qualité qui est importante. Le design des systèmes d’éclairage devra tenir compte de la psychologie des utilisateurs et des effets psychologiques de la lumière dans toutes ses qualités.

 

  • Couleur
    • Introduction

La couleur est présente partout dans notre vie. Elle nous influence directement et elle affecte notre santé physique et mentale. Elle a des effets physiologiques sur notre corps ainsi que des effets psychologiques sur le plan de nos émotions et de notre comportement. Les couleurs contribuent fortement à définir l’ambiance d’une pièce et le grand nombre de surfaces, telles murs et plafond, ne peut qu’amplifier cette influence. L’ambiance créée, qu’elle soit apaisante, agressive, sécuritaire ou calme, a des effets sur les occupants et si on veut s’assurer que ces effets correspondent à la vocation des espaces, il faut choisir les couleurs en considérant leurs implications à tous les niveaux.

  • Goûts

Les réactions aux couleurs se produisent en fonction d’une gamme de préférences basées sur des critères esthétiques ou autres, celles-ci étant perçues, à divers degrés, belles ou laides, agréables ou désagréables. Ces préférences diffèrent d’une personne à une autre et la réaction aux couleurs est plus impulsive et émotive. On dit bien que les goûts ne se discutent pas et ils traduisent la personnalité de chacun.

Plusieurs facteurs influencent notre réaction psychologique aux couleurs: le sexe, le lieu géographique, l’âge, l’éducation, la culture. Même si les préférences pour les couleurs sont très personnelles, la façon d’y réagir et les comportements observés ont des traits communs. Ainsi les personnes placées dans les mêmes situations pourront avoir des réactions similaires. On est donc en mesure de prédire, généralement, les réactions probables aux diverses couleurs.

Des études montrent que les bébés préfèrent le rouge fondamental. Vers l’âge de cinq ans, les préférences vont aux quatre couleurs fondamentales. En vieillissant, nous apprécions un spectre plus grand de couleurs et de combinaisons. L’expérience infantile serait un facteur très personnel. Les premiers contacts avec des couleurs auraient une influence marquante sur les préférences. Les associations établies avec certaines couleurs peuvent faire partie de notre subconscient et altérer nos goûts. Les choix de couleurs d’une personne pour son ameublement et ses décorations jusqu’au choix des tonalités pour son habillement correspondraient à ses tendances profondes, à son état d’âme et à sa personnalité.

  • Effets de la couleur

Les couleurs correspondent à différentes fréquences d’ondes d’énergie électromagnétique de la lumière visible. Elles peuvent être classées en deux groupes: les couleurs chaudes, rouge et jaune, et les couleurs froides, vert et bleu. Chaque groupe provoque des réactions différentes aux niveaux physiologique et psychologique. Quand une couleur entre dans notre corps par les yeux, elle libère de l’énergie qui affectera la production d’hormones.

Les réactions physiologiques varient selon le groupe de couleurs. Les couleurs chaudes excitent: la pression artérielle augmente, la vitesse de la respiration et des battements du cœur augmente, l’activité cérébrale augmente, la tension musculaire augmente et il en est de même pour d’autres fonctions du système nerveux automatique. Les couleurs froides ont l’effet opposé. Les couleurs chaudes évoquent une image active, dynamique et jeune et suscitent l’activité physique et l’action. Les couleurs froides projettent une atmosphère passive, statique et conservatrice plus propice à la concentration et au repos. Une couleur chaude comme le rouge provoque la libération d’adrénaline afin de préparer le corps pour l’action alors que pour une couleur froide comme le bleu, ce sont des hormones tranquillisantes qui sont émises afin de favoriser le repos.

Psychologiquement, les effets sont semblables. Le rouge stimule l’appétit et la créativité alors que le bleu tranquillise l’esprit. Dans une pièce, le vert aide à développer et exécuter des idées. Le temps paraît s’écouler plus lentement et la température semble plus élevée dans une pièce de couleur rouge et inversement pour une pièce de couleur verte ou bleue. Les préférences peuvent souvent changer avec la température. Quand il fait chaud comme en été, les gens préfèrent les couleurs froides et quand il fait froid comme en hiver, ils optent plutôt pour les couleurs chaudes.

 

  • Propriété des couleurs

Pour créer un environnement positif, il faut connaître les propriétés spécifiques de chaque couleur. En résumé, voici quelques caractéristiques des principales couleurs. Les couleurs ont deux tendances- vers le chaud et vers le froid.

  • Les couleurs chaudes
    • Le rouge
      • La couleur rouge possède les vibrations de plus basse fréquence.
      • Avec la couleur rouge l’homme s’anime, sa vitalité augmente, mais ce peut être aussi selon la nuance, l’éveil de la violence et de la colère.
      • Cette couleur est à éviter dans les lieux de repos ou dans les locaux collectifs.
    • L’orange
      • L’orange est la couleur qui vitalise, sans être agressive.
      • Elle est antifatigue.
    • Le jaune
      • La couleur jaune pousse l’homme à lire, à réfléchir, à comprendre. Elle accroît la toxicité neuromusculaire.
    • Les couleurs froides
      • Le vert
        • Le vert est la couleur de la croissance et du développement. Une pièce peinte en vert repose et diminue les cas d’excitations fébriles.
      • Le bleu
        • La couleur bleue développe le sens musical, apaise le système nerveux et agit favorablement sur les yeux. Elle procure un sentiment de calme et de sécurité. Elle est une couleur aux propriétés anesthésiques et antispasmodiques. Un abus peut cependant engendrer la déprime.
      • Le violet
        • Le violet favorise la méditation. Il calme les émotions violentes. Cette couleur est très protectrice.

Il y a différentes théories concernant les associations que nous développons avec les couleurs. Ces associations seraient logiquement basées sur des observations de la nature. Le bleu représente le ciel et l’eau, le jaune, le soleil, le vert, la végétation, le brun, la terre, le gris, les pierres, le blanc, les nuages, le rouge, le sang, le noir, la nuit et l’orange, le feu. À partir de ces associations, le jaune évoquera l’espérance, le vert, la santé et la croissance, le rouge, l’agression, le blanc, la pureté, le brun, la stabilité, le noir, l’inconnu etc.

  • Lumière et couleur

L’éclairage, la lumière et la couleur se complètent et s’influencent mutuellement. L’ambiance d’une pièce est le résultat de l’émission de la lumière par les sources d’éclairage et de sa réflexion sur les couleurs environnantes. C’est l’interaction de la lumière et de la couleur qui crée les plus grands effets esthétiques, émotifs ou thérapeutiques. La qualité de la lumière dépend de sa source. L’éclairage d’un système artificiel provoque une perception des couleurs bien différente de celui des rayons du soleil. Les couleurs éclairées directement sont également perçues différemment des couleurs baignant dans une lumière réfléchie ou diffuse comme dans une zone d’ombre.

Nous devons choisir les couleurs soigneusement afin de créer une atmosphère sanie et équilibrée. Il est important de tenir compte de la qualité de la lumière naturelle. Les pièces mal éclairées naturellement prendront avantage de murs de couleur pâle. La capacité d’éclairage naturel d’une pièce est un élément clé dans le choix de ses couleurs. Les pièces dont les fenêtres sont au nord seront égayées par des couleurs chaudes dans les tons clairs parce que la lumière qui y est diffusée tend vers le bleu en l’absence d’ensoleillement direct. Les pièces à l’est pourront être décorées de façon similaire même si le soleil du matin y pénètre plus directement. Au sud, l’éclairage direct et intense s’accommode bien des couleurs plus foncées, ces teintes absorbent les réflexions et diminuent les éblouissements. Les fenêtres à l’ouest laissent pénétrer beaucoup de lumière chaude en fin d’après-midi et des couleurs froides donneront aux pièces ainsi ensoleillées un air plus confortable. La qualité de la lumière et les couleurs choisies pour les surfaces et l’ameublement vont de pair pour une décoration réussie.

L’effet thérapeutique des couleurs et l’ergonomie visuelle sont des éléments qui ont une implication physique sur les personnes et on doit les considérer.

 

  • Choix des couleurs

Nous devons choisir les couleurs avec soin afin de créer une atmosphère émotive saine et équilibrée. Certaines couleurs sont plus appropriées dans certains types de pièces que d’autres et pour avoir un effet significatif, une couleur doit être utilisée sur une surface suffisante.

Des couleurs harmonieuses ont tendance à calmer, celles qui contrastent donnent de l’intérêt et des teintes discordantes vont provoquer. Des couleurs de forte intensité transmettent de la puissance et de la force alors que les tons pâles ou pastels sont plus doux et délicats. Pour la décoration principale d’un espace, une variété de teintes et de tons d’une couleur neutre accentue favorablement la couleur et la présence des personnes et des objets et s’avère moins fatigante qu’un arrangement de couleurs vives. Il est préférable de réserver les couleurs fortes aux pièces de transition moins fréquentées. Il est recommandé de créer des contrastes avec des couleurs complémentaires sans toutefois exagérer. C’est agréable lorsqu’un thème de couleurs harmonieuses s’applique à l’ensemble d’un projet pour créer une certaine unité.

Les couleurs vives et chaudes qui provoquent l’activité et l’action sont plus appropriées dans les espaces publics. Inversement,  les couleurs douces et froides qui invitent à la détente et au repos conviennent davantage aux espaces privés. Les couleurs devront être choisies en fonction de la personnalité des utilisateurs parce que leurs réactions dépendent de leur tempérament. Pour tenir compte des besoins de chacun, les choix devront s’effectuer en complémentarité. Selon une conception chinoise, l’être humain est habitué aux arrangements de couleur comme on les trouve dans la nature. Selon cette conception, les planchers devront être des couleurs de la terre, du sable, de la pierre, de l’herbe ou de la mousse, les murs neutres et les plafonds d’une couleur rappelant la légèreté du ciel.

  • Illusions des couleurs

L’utilisation de la couleur peut créer des effets d’illusion et déformer la perception visuelle des espaces. Leurs formes et leurs proportions peuvent être modifiées en apparence par l’application de couleurs selon certains procédés. Ainsi outillé, l’architecte peut intensifier les impressions recherchées.

Les couleurs et tonalités claires et froides agrandissent les pièces et les teintes sombres, franches et chaudes les réduisent en leur prêtant un cachet plus intimiste. Les arrangements neutres et monochromes des surfaces et de l’ameublement unifient dans un tout et donnent l’illusion d’une plus grande dimension. Pour y arriver, il faut cependant éviter de trop charger visuellement avec de grands meubles de motif différents.

Pour faire paraître une pièce moins carrée, on utilise une teinte plus foncée sur un des murs. Pour une pièce étroite ou un couloir, on utilise une couleur plus claire sur les murs de bout. Pour allonger un passage trop court, on utilise un ton foncé pour les murs et un ton clair pour le plancher et le plafond.

Un plafond clair entouré de murs foncés paraît plus haut alors qu’il paraît plus bas si on inverse les teintes. Pour agrandir la superficie d’un plancher, il suffit de l’entourer d’une plinthe murale dans les mêmes matériaux et couleurs. L’utilisation de moulures et d’accessoires blancs éclaircit et rehausse la couleur des murs. On peut aussi imaginer l’inverse.

Les couleurs chaudes semblent s’approcher et les couleurs froides s’éloigner. Les couleurs claires semblent agrandir un espace et les couleurs foncées donnent plutôt l’impression de le réduire. Les objets foncés donnent l’impression d’être plus lourds.

  • Conclusion

Les couleurs dégagent différentes énergies et une bonne connaissance de leurs effets permet à l’architecte de créer des environnements qui favorisent les comportements liés à leur fonction. L’application de couleurs sur la surface des murs et du plafond constitue une façon des plus faciles et des moins coûteuses de changer radicalement l’ambiance d’une pièce. Les teintes et les nuances sont à ce point nombreuses qu’il n’est pas toujours facile de choisir. Pourtant, une belle couleur appropriée n’est pas plus dispendieuse qu’une couleur laide et inappropriée. Tout revient donc à l’art de choisir. Avec la connaissance des effets des couleurs, il n’y a pas d’obstacle à la création d’environnements positifs et suggestifs des comportements qu’on désire y susciter.

La texture est perçue comme la qualité et le fini des éléments qui composent les surfaces des objets. Ces éléments forment un ensemble par leur regroupement, leur répétition, leur similarité et leur organisation aléatoire ou ordonnée. Ils nous permettent des sensations tactiles et nous aident à distinguer les formes et les matériaux. Les effets tactiles sont d’abord d’ordre physiologique mais ils entraînent aussi des perceptions et des évocations sur le plan psychologique.

Les textures lisses et fines mettent l’emphase sur la forme et font paraître les objets plus légers et plus grands. Au contraire, les textures plus rugueuses attirent davantage l’attention sur les surfaces au détriment de la forme et font paraître les objets plus lourds et plus petits. La réflexion de la lumière sur les surfaces est fortement dépendante de leur texture. Les finis luisants reflètent plus d’éclairage et donnent l’impression d’être plus durs et froids. Au contraire, les surfaces plus rudes et mates assombrissent et paraissent plus molles et chaudes. La consistance même des matériaux a des effets. Un matériau dur semble plus froid et dégage mieux la forme. Un matériau mou paraît plus chaud et invite à la détente.

La finesse ou la grossièreté de la texture des matériaux peut servir à créer des effets variés. Des lignes verticales ou horizontales peuvent mettre l’emphase sur une direction et orienter le regard et les mouvements.

En exploitant les caractéristiques de la texture des matériaux et en ajoutant une dimension tactile, on peut contribuer à la création de l’ambiance désirée dans un espace. Un jeu de textures, par leur fini, leur relief, leur réflexion et leur consistance, est un moyen intéressant pour rehausser la qualité des perceptions et l’esthétisme des espaces.

 

  • Les textures

Le sens du toucher est très important dans notre lien avec notre environnement. On pense souvent à nos mains pour les sensations tactiles mais c’est la peau de tout notre corps qui est sensible. La température de l’air ambiant sur notre corps ou la fraîcheur du sol sous nos pieds. Il n’en reste pas moins que ce sont quand même les doigts, avec leur grande sensibilité tactile et leur agilité, qui permettent le mieux l’exploration de notre contexte. La perception tactile est le lien physique entre soi-même et l’environnement. Les jeunes enfants font d’ailleurs connaissance avec le monde extérieur par le toucher de leurs doigts et par tout ce qu’ils mettent dans leur bouche.

La texture est perçue comme la qualité et le fini des éléments qui composent les surfaces des objets. Ces éléments forment un ensemble par leur regroupement, leur répétition, leur similarité et leur organisation aléatoire ou ordonnée. Ils nous permettent des sensations tactiles et nous aident à distinguer les formes et les matériaux. Les effets tactiles sont d’abord d’ordre physiologique mais ils entraînent aussi des perceptions et des évocations sur le plan psychologique.

Les textures lisses et fines mettent l’emphase sur la forme et font paraître les objets plus légers et plus grands. Au contraire, les textures plus rugueuses attirent davantage l’attention sur les surfaces au détriment de la forme et font paraître les objets plus lourds et plus petits.

L’éclairage est très important pour mettre en valeur les textures, pour accentuer et faire ressortir leurs qualités grâce aux jeux de la lumière et de l’ombrage. La réflexion de la lumière sur les surfaces est fortement dépendante de leur texture. Les finis luisants reflètent plus d’éclairage et donnent l’impression d’être plus durs et froids. Au contraire, les surfaces plus rudes et mates assombrissent et paraissent plus molles et chaudes. La consistance même des matériaux a des effets. Un matériau dur semble plus froid et l’air plus formel. Un matériau mou paraît plus chaud et moins formel.

On est influencé par la sensation d’une surface ou par l’impression de sensation qu’elle devrait avoir. On est aussi affecté par la radiation de chaleur entre notre peau et les objets dans un sens comme dans l’autre en fonction des caractéristiques de transmission de chaleur des matériaux utilisés. L’impression visuelle dégagée par un objet est même affectée par son degré de réflexion du son.

Les matériaux comme le verre, le métal, la pierre, le bois ou le tissu se distinguent par leur texture soit mate ou brillante, molle ou dure, lisse ou rugueuse, laineuse ou soyeuse. Les contrastes entre les textures servent souvent à les mettre en valeur mutuellement.

La finesse ou la grossièreté de la texture des matériaux peut servir à créer des effets variés. Des lignes verticales ou horizontales peuvent mettre l’emphase sur une direction et orienter le regard et les mouvements.

En exploitant les caractéristiques de la texture des matériaux et en ajoutant une dimension tactile, on peut donc contribuer à la création de l’ambiance désirée dans les espaces. Un jeu de textures, par leur fini, leur relief, leur réflexion et leur consistance, s’avère en fin de compte un moyen intéressant pour rehausser la qualité des perceptions et l’esthétique des espaces. L’architecture et la décoration intérieure peuvent relever le sens de toucher et stimuler l’interaction par diverses expériences tactile avec son environnement.

Les sensations tactiles par les pieds, les mains, les fesses et la peau permettent à l’utilisateur d’interprète l’espace.

En marchant, le mouvement du corps est la mesure des choses et de l’espace. L’architecture est la scène des parcours et des gestes qui donnent une succession de sensations.

Les matériaux ont une portée symbolique : ils peuvent évoquer l’opulence ou l’austérité, l’éphémère ou l’éternel, le végétal, le minéral ou un agglomérat artificiel, l’intime ou le public, l’industriel ou l’artisanal. Ainsi les matériaux de construction sont aussi porteurs potentiels de connotations.

  • Les fibres des textiles

Notre habitat devrait être un refuge, un endroit où nous pouvons vivre harmonieusement. Il devrait être un havre pour notre sécurité, un cocon de protection.

Les matériaux qui nous entourent, à l’intérieur de nos résidences seront nos compagnons pour plus de la moitié de notre vie. Nous devons les choisir avec précaution. Les contaminants qui affectent notre atmosphère intérieure proviennent en grande partie des vêtements, de la literie, des tapis, des rideaux et de l’ameublement. Plusieurs d’entre eux sont composés de tissus synthétiques et de tissus traités chimiquement libérant des particules ou des gaz chimiques dans l’air. Nous respirons ces produits chimiques, nous les absorbons à travers notre peau en quantités suffisantes pour irriter même les personnes qui ne sont pas hypersensibles.

  • Classification des fibres naturelles et des fibres synthétiques

Les principales fibres naturelles sont le coton, la laine, le lin et la soie. Elles sont d’origine végétale ou animale. Les fibres synthétiques sont industrielles : elles sont créées par l’homme à partir de fibres organiques régénérées ou par polymérisation de molécules organiques et à partir de fibres inorganiques.

  • Les textiles, les vêtements et la santé

Les produits chimiques qui entrent dans la composition des fibres synthétiques sont dans presque tous les cas d’origine pétrolière, plastique, acrylique, nylon, polyester. De plus, les additifs chimiques utilisés dans l’industrie du textile pour rendre résistant au feu, à l’eau, pour blanchir, pour le nettoyage, pour le pressage permanent, sont toxiques pour les êtres humains. Certains sont cancérigènes, d’autres mutagènes ou tératogènes. Les produits pétrochimiques et leurs dérivés sont instables et se décomposent sous l’effet de la température. Même la température du corps humain peut produire une décomposition chimique provocant l’émission de gaz et l’absorption par la peau. Le processus rendant le pressage permanent utilise le formaldéhyde. Les tissus synthétiques ont tendance à accumuler des charges électriques lorsqu’on les porte. L’électricité statique augmente l’accumulation de poussières sur les surfaces.

Les fibres issues des plantes et des animaux sont appelées fibres naturelles. Les vêtements conçus avec ces fibres sont agréables à porter. Ces tissus respirent, absorbent l’humidité et procurent une bonne isolation. Ils sont tous biodégradables : leurs vies terminées ils retournent à la terre pour être décomposés par des bactéries et pour servir d’aliments aux futures plantes. Le coton, la soie, le lin et la laine nous fournissent des vêtements qui s’adaptent aux modes et à toutes les températures. Le coton est le plus confortable : ses pores permettent l’évaporation de l’humidité et la circulation de l’air. Le lin est deux fois plus résistant que le coton, extrêmement absorbant et poreux. Sa durabilité augmente et son coût diminue lorsqu’il est mélangé à la fibre de coton. Il sèche rapidement et il garde l’humidité loin du corps. Il est froissant parce que sa fibre est peu élastique. La soie est le tissu le plus luxueux; c’est aussi la fibre naturelle la plus forte, la plus durable. La laine est la fibre naturelle la moins solide, mais la plus élastique. Cette fibre ne conduit pas la chaleur et elle permet au corps de se maintenir à la température normale. Elle est vulnérable face aux insectes; on doit ranger les vêtements de laine dans un environnement de cèdre. Il n’est pas recommandé d’utiliser les « boules à mites » qui émettent des vapeurs de benzène.

Il est recommandé d’acheter des vêtements ou des tissus conçus avec des fibres naturelles comme le coton, le lin, la soie, la laine, le duvet et les mélanges de fibres : coton/soie, lin/coton, laine/coton. Certains tissus de coton sont traités avec le formaldéhyde pour les rendre imperméables à l’eau. Un moyen de vérifier si le procédé a été appliqué consiste à verser quelques gouttes d’eau sur le tissu de coton. Le tissu absorbe immédiatement l’eau s’il est non traité. On retrouve peu de produits chimiques dans les fibres naturelles, à part les pesticides utilisés pendant la période de croissance de ces végétaux.

 

  • L’ameublement

Un environnement intérieur sain possède les éléments suivants : des planchers de bois franc, des meubles en bois dur assemblés sans colle et des rideaux de coton non traité. On évite les matériaux synthétiques partout où c’est possible. Les recouvrements de fibres synthétiques ou cellulosiques et les meubles en « bois pressé » sont à éviter. Ces matériaux synthétiques produisent du gaz et ils dégagent des substances toxiques lorsqu’ils brûlent.

Ce que l’on pose sur les murs et les planchers doit faire l’objet d’attention spéciale. Ces deux éléments représentent une grande surface d’évaporation. Pour les murs, la peinture à l’huile est à déconseiller : elle renferme des solvants toxiques qui libèrent des gaz pendant longtemps. La peinture au latex est préférable. Si l’on décide de poser du papier peint, il faut qu’il soit exempt de fongicides et appliqué avec une colle naturelle. Aux fenêtres, on installe des rideaux en fibres naturelles, des persiennes en bois ou des stores métalliques. Les aires de plancher très passantes sont couvertes par des matériaux solides et faciles à nettoyer : linoléum, bois, tuile de céramique. Les tapis ont plusieurs désavantages: ils accumulent la poussière domestique et la libèrent lorsque nous marchons dessus. De plus, ils en produisent eux-mêmes : des particules microscopiques se séparent et flottent dans l’atmosphère. En hiver, elles circulent dans le système de chauffage, elles apportent des substances étrangères dans l’atmosphère et ces composés sont respirés plusieurs fois par les occupants. Les tapis neufs sont souvent imprégnés d’insecticides qui sont rejetés à travers la maison pendant longtemps. Leur nettoyage professionnel amène de nouveaux contaminants.

Les tuiles de céramique non poreuses sont un très bon choix pour les endroits plus humides et passants. Les planchers de bois franc et de céramique possèdent les avantages suivants : ils ne retiennent pas de charges électriques ; ils ne produisent ni particules aériennes, ni gaz : ils sont facilement nettoyés.

On doit porter aussi beaucoup d’attention à l’ameublement de la chambre à coucher : nous y passons près du tiers de notre vie. Les lits construits avec du « bois pressé » sont à éviter. Ils libèrent le formaldéhyde qui a pour effet du réduire l’efficacité de notre système immunitaire. Les matelas et les oreillers de caoutchouc mousse sont composés de produits dérivés du pétrole. Souvent, ces matelas sont traités avec des fongicides. Les vapeurs que ces matériaux dégagent ne sont pas à respirer toute la nuit.

Il faut choisir un matelas de fibres naturelles posé sur une base faite de lattes de bois pour assurer une circulation d’air. La literie peut amplifier les problèmes respiratoires et provoquer des réactions allergiques si elle est composée de fibres de polyester. Le coton ou la flanelle de fibres naturelles est à conseiller dans le choix des draps.

L’arrangement du mobilier dans une pièce transmettre des messages comme d’identifier qui détient le contrôle. Le mobilier peut servir à établir ou contrôler les distances interpersonnelles. Un bureau de travail qui garde un visiteur à une certaine distance, ou des fauteuils disposés pour la conversation ou autour d’une table pour travailler.

Le mobilier est aussi porteur de statut social et des rangs hiérarchiques. Le prix, la qualité et l’aspect du mobilier de bureau établit le rang. La mobilité du mobilier complète l’architecture pour articuler les détails de l’espace non fixe. Il est important d’avoir un mobilier pratique, confortable et durable.

 

  • Sons et bruits
    • Introduction

Les sons et bruits entourent notre existence et habillent le silence avec des messages à divers degrés agréables ou agaçants selon les sources et l’appréciation des personnes.  Les sons agréables sont souvent associés avec la nature, comme le chant des oiseaux, le clapotis de l’eau en mouvement, le bruissement des feuilles agitées par le vent, etc.

Les endroits très calmes peuvent être relaxants ou troublants selon les personnes mais les endroits bruyants sont toujours des irritants préjudiciables pour la plupart. Si les bruits que l’oreille perçoit sont source de fatigue, toute une série d’autres bruits à des fréquences inaudibles, dont nous ne serions même pas conscients, pourraient sans doute causer aussi des effets néfastes.

Le bruit diminue la concentration et l’efficacité et, selon la complexité de la tâche, il affecte la précision et la qualité du travail. Le bruit peut aussi être responsable d’accidents parce qu’il interfère avec les avertissements ou les signaux de dangers. Enfin, il perturbe le sommeil nécessaire pour maintenir une bonne santé physique et mentale.

Les personnes âgées et celles qui souffrent d’un stress physiologique dû à la maladie ou à une croissance trop rapide sont plus vulnérables. C’est une distraction à notre pouvoir de penser au point qu’on dit parfois que c’est tellement bruyant qu’on ne s’entend pas penser. Un certain bruit de fond peut être confortable et apprécié en nous permettant d’avoir des conversations privées et en nous gardant alertes et productifs.

Tous les sons et bruits qu’on entend nous sont transmis par des vibrations dans l’air. Lorsque nous les percevons,  le cerveau les interprète et leur donne une signification en fonction de nos connaissances et de nos expériences. Ce sont des messages qui nous informent, nous avertissent et nous permettent de communiquer et ils s’associent à nos plaisirs.

Il y a des sons agréables qui apportent un sentiment de bien-être et des bruits qui sont agaçants, nocifs, stressants et dangereux. Les sons agréables sont souvent associés avec la nature, comme le chant des oiseaux, le clapotis de l’eau en mouvement, le bruissement des feuilles agitées par le vent, etc.

Le bruit, par contre, peut être défini comme tout son indésirable et perturbant. Essentiellement, il s’agit d’un sous-produit de notre civilisation. La distinction peut être subjective et l’interprétation divergente des parents et des adolescents à propos de leur musique le montre bien. Les bruits sont des sons désagréables que nous subissons bien malgré nous. Ils envahissent notre environnement urbain jour et nuit et constituent un des plus importants polluants de la vie moderne. Les sources de bruit sont essentiellement des machines que notre civilisation a disséminées un peu partout. À l’extérieur, ces sources sont principalement les moyens de transport comme les autos, les camions, les trains et les avions. À l’intérieur, les nombreux appareils utilisés dans les usines, les commerces, les bureaux et les résidences constituent des sources de bruit encore plus diversifiées. En plus des machines, il y a des chiens qui aboient, des enfants qui crient et de la musique non appréciée qui dérange.

Un espace qui a un écho ou une réverbération donne l’effet d’être plus froid, formel et impersonnel. Les sons que nos pas font sur les surfaces où nous marchons peuvent contribuer à la façon dont on réagit à l’architecture.

  • Caractéristiques du bruit

L’interprétation des bruits peut varier selon les circonstances et notre disposition à les entendre. Ils peuvent être plus ou moins tolérés. Comme tels, les bruits dérangent mais le sentiment d’intolérance est souvent dirigé vers la source de perturbation. On peut distinguer des bruits trop peu significatifs comme ceux du moteur d’un réfrigérateur, des bruits trop significatifs comme ceux d’une conversation à tue-tête ou des bruits trop monotones comme ceux de la rue. Le désagrément occasionné par les bruits peut être augmenté par leur volume. De même, des bruits irréguliers sont plus troublants que des bruits constants. Enfin, on remarque aussi que des bruits que l’on peut contrôler sont moins stressants que des bruits incontrôlables.

La distinction peut être culturelle ou subjective et, par exemple, l’interprétation divergente des parents et des adolescents à propos de leur musique le montre bien. Ils peuvent être plus ou moins tolérés selon la personne. Comme tels, les bruits dérangent mais le sentiment d’intolérance est souvent dirigé vers la source de perturbation.

Les sons aigus sont plus irritants que les sons graves. Les sons intermittents sont plus distrayants que les sons continus. Un bruit de fond continu de faible intensité sonore a peu d’effet sur la concentration. Les bruits familiers sont moins distrayants que les nouveaux bruits.

  • Effets sur la santé

Les sons et tout particulièrement les bruits nous affectent profondément parce qu’ils envahissent notre personne. Ils augmentent les messages qui doivent être décodés par notre cerveau et ils créent une fatigue auditive qui est responsable du stress physiologique et des perturbations de notre comportement humain. Les endroits très calmes peuvent être relaxants ou troublants selon les personnes mais les endroits bruyants sont toujours des irritants préjudiciables pour la plupart.

Le stress augmente si on perçoit les bruits comme inutiles et si ceux qui les causent sont perçus comme insouciants. Il en est de même si les bruits sont considérés dangereux pour la santé et si, déjà, on ne se sent pas à l’aise dans son environnement. Au fond de nous-mêmes, les bruits sont associés aux dangers, ils nous en avertissent et nous réagissons par la peur.

Les premières réactions psychologiques sont l’irritation, la contrariété et le stress. À la longue, ces réactions peuvent affecter la santé mentale. Le bruit brouille les conversations et détériore la qualité des relations avec autrui. Il diminue la concentration et l’efficacité et, selon la complexité de la tâche, il affecte la précision et la qualité du travail. Le bruit peut aussi être responsable d’accidents parce qu’il interfère avec les avertissements ou les signaux de dangers. Enfin, il perturbe le sommeil nécessaire pour maintenir une bonne santé physique et mentale.

On peut s’habituer aux bruits monotones mais dans la réalité, le bruit varie constamment et l’oreille est toujours en alerte de ces changements dans son environnement. Cette surveillance continue explique pourquoi c’est une source de fatigue. Les bruits sont plus désagréables et stressants s’ils sont irréguliers ou incontrôlables ou si leur volume est élevé

Les réactions aux bruits dépendent de leur type et du niveau d’adaptation des personnes. Mais certains tempéraments sont plus sujets au stress du bruit que d’autres. Ainsi les introvertis sont plus conscients de cette intrusion auditive que les extrovertis. Les enfants sont aussi sensibles au bruit. Plusieurs difficultés de concentration et d’apprentissage peuvent être directement reliées aux bruits dans les écoles, les terrains de jeux et les maisons. Les personnes âgées et celles qui souffrent d’un stress physiologique dû à la maladie ou à une croissance trop rapide sont plus vulnérables.

Sur le plan physique, le stress occasionné par le bruit se manifeste de plusieurs manières. Trop de bruit pendant un certain temps peut provoquer des modifications physiologiques du système vasculaire. Quand les personnes sont confrontées à des bruits dépassant le niveau de stress, l’organisme y répond comme à un signal d’alarme.

Les dommages au système auditif, quant à eux, se manifestent d’abord par la perte de perception des tonalités aiguës résultant de dommages aux points sensibles microscopiques à l’intérieur de l’oreille. Cela entraîne une diminution de la capacité d’apprécier la musique et d’autres subtilités des sons. Si l’exposition au bruit se poursuit, les dommages progressent, entraînant la perte d’audition des tonalités intermédiaires. À ce stade, la capacité de comprendre une conversation se détériore. Finalement, une perte totale de l’ouïe surviendra et elle pourra s’accompagner de tintements et de bourdonnements d’oreilles.

Les niveaux sonores rencontrés en opérant des outils électriques, des accessoires domestiques et en écoutant de la musique forte, sont suffisamment élevés pour produire des dommages auditifs progressifs. C’est l’effet cumulatif du bruit sur une longue période de temps qui est préjudiciable et entraîne une perte d’acuité auditive.

  • Moyens de contrôle

Pour contrôler le bruit, il faut d’abord s’intéresser aux sources. Les bruits extérieurs pénètrent à l’intérieur par les murs extérieurs, les portes et les fenêtres. L’isolation des murs extérieurs permet l’absorption des bruits extérieurs. Il est important de s’assurer de l’absence de fuites. L’installation de bonnes fenêtres et de portes massives est aussi nécessaire. Les clôtures, les haies et les arbres contribuent à la diminution des bruits extérieurs par une certaine absorption. L’installation d’une fontaine d’eau dans le jardin permet de masquer agréablement les bruits de la rue.

Il y a différents moyens pour contrôler les sons prenant leur origine à l’intérieur: l’absorption du son dans la pièce même, le confinement du bruit à une pièce et le masquage des sons. Une bonne façon d’empêcher le bruit de s’étendre aux autres parties d’un bâtiment est de l’absorber dans la pièce d’où il origine. Utilisez pour cette pièce des surfaces poreuses, feutrées: rideaux épais, tissus d’ameublement, tapis, liège, tapisserie, capitonnage. Les surfaces dures et lisses font rebondir les sons dans une pièce comme un écho en la rendant plus bruyante. Il faut rechercher la meilleure combinaison possible entre les matériaux absorbants et réfléchissants: trop d’absorption peut rendre une pièce étouffante.

Lorsqu’on veut confiner le bruit à une pièce donnée, on doit augmenter la densité des structures. Plus les matériaux utilisés sont lourds et épais, plus ils sont insonorisants. Les bruits des pas sur les planchers sont parmi les bruits les plus difficiles à contrôler. Pour empêcher la transmission de ces bruits dans la structure, les planchers devront flotter au-dessus de leurs supports structurels. Les plafonds comme les murs devront être isolés et utiliser différentes épaisseurs de parements sur des barres résilientes. Les portes demeurent des points faibles à surveiller. Elles devront être massives, avoir un seuil et être entourées de bandes acoustiques.

Dans les concepts d’espaces ouverts, les bruits se répandent partout. Il est donc préférable de prévoir la restriction de ces ouvertures avec l’utilisation de portes qui isolent les sources de bruit. Lorsqu’on veut confiner le bruit à une pièce donnée, on utilise des matériaux lourds, denses, épais et non poreux. Ils agissent comme barrière acoustique pour réduire le passage de l’énergie vibratoire d’une pièce à une autre en la réfléchissant vers l’intérieur. Plus les matériaux utilisés sont lourds et épais, plus ils sont insonorisants. Les bruits des pas sur les planchers sont parmi les bruits les plus difficiles à contrôler. Pour empêcher la transmission de ces bruits dans la structure, les planchers devront flotter au-dessus de leurs supports structurels. Les plafonds comme les murs devront être isolés et utiliser différentes épaisseurs de parements sur des barres résilientes. Les portes demeurent des points faibles à surveiller, particulièrement l’espace de dégagement pour le plancher. Elles devront être massives, avoir un seuil et être entourées de bandes acoustiques. Une bonne façon d’empêcher le bruit de s’étendre aux autres parties d’un bâtiment est de l’absorber dans la pièce d’où il origine. Utilisez pour cette pièce des surfaces poreuses, feutrées: rideaux épais, tissus d’ameublement, tapis, liège, tapisserie, capitonnage attention car trop d’absorption peut rendre une pièce étouffante.

Pour minimiser les sons aériens, on doit sceller tous les endroits par où l’air peut passer d’une pièce à l’autre et faire une barrière de transmission qui limite l’amplitude des vibrations ou l’énergie du son. Le caractère d’un espace est établi en partie par la qualité du son qui est réfléchi à nos oreilles. Les surfaces dures et lisses font rebondir les sons comme un écho en rendant les pièces plus bruyantes froides et spacieuses alors que les surfaces molles et texturées les rendent plus calmes, chaudes et intimes. Il faut cependant rechercher la meilleure combinaison possible entre les matériaux absorbants et réfléchissants

On peut arriver à diminuer la diffusion des bruits en exécutant avec soin divers détails techniques des devis d’architecture. On peut également masquer le bruit par des sons contrôlés: musique instrumentale de faible intensité, murmure de l’eau qui s’écoule, chants des oiseaux.

La qualité acoustique d’un espace dépend du mélange des sons directs et des sons réfléchis ou absorbés par les surfaces en fonction de leurs matériaux. C’est le traitement et l’équilibre de tous ces éléments qui vont contribuer à la création d’une ambiance sonore confortable et reposante.

On peut également masquer le bruit par des sons contrôlés: musique instrumentale de faible intensité, murmure de l’eau qui s’écoule, chants des oiseaux qu’on attire ou bruissement du vent dans la végétation dont on a pris le soin d’entourer la maison.

  • Conclusion

Nous devons toujours limiter le plus possible les différentes sources de stress qui agressent notre organisme. Se respecter, c’est respecter ses besoins, et la tranquillité fait partie intégrante d’un régime de santé globale. Si nous n’avons pas assez de contrôle sur la source des bruits qui nous envahissent dans la société, nous avons quand même plus de contrôle sur les bruits générés dans notre résidence. Nous devons respecter notre besoin de tranquillité et de confort acoustique et tout faire pour habiter dans un oasis de calme régénérateur.

  • Odeurs

L’odorat est un autre de nos sens qui nous aide à évaluer les particularités de notre environnement pour notre protection et notre bien-être. Il peut servir à l’analyse de la qualité de la nourriture que nous mangeons et de l’air que nous respirons. Avec l’évolution de notre civilisation, nous sommes moins dépendants de ce style de défense et il nous sert donc davantage à apprécier les bonnes odeurs comme les parfums. Même si nous n’en sommes pas tellement conscients, le cerveau analyse les messages envoyés par le nez afin d’en constater la normalité et quand la situation aromatique change, il est éveillé à ce changement pour l’analyser.

Notre culture place une grande emphase sur la qualité des odeurs et, à des fins de marketing, on ajoute souvent des odeurs chimiques à une grande gamme de produits de consommation. Notre nez est ainsi sollicité par des parfums synthétiques servant à camoufler des odeurs désagréables en masquant du même coup les avertissements qu’elles délivrent. Les odeurs dégagées par la grande quantité de produits qui nous entourent, deviennent une source de pollution qui surcharge et stresse notre sens olfactif. Pour les gens qui souffrent d’hypersensibilité environnementale, ce stress additionnel peut provoquer des réactions physiques prenant la forme d’allergies très sérieuses.

Notre nez est un détecteur environnemental très sensible et nous devons demeurer réceptifs aux messages subtils qu’il nous transmet. Nous avons parfois l’impression que l’air sent mauvais. Si notre nez nous transmet cet avis, il faut en tenir compte. Il s’agit de notre première ligne de défense contre des dangers. L’air est essentiel à notre survie et c’est le rôle du nez d’en analyser la qualité. Un peu partout, l’air est vicié par les nombreux polluants engendrés par une multitude de phénomènes ou produits issus de notre société. Ces polluants sont des sources de danger pour notre organisme et notre nez réussit normalement à nous informer de leur présence.

Des odeurs naturelles et agréables peuvent marquer profondément la perception et l’image que nous nous faisons d’un lieu à divers instants de la vie. Il est tellement enchanteur et impressionnant de sentir des fleurs ou autres parfums des plantes, le bois, le pain frais et d’autres arômes appétissants de la cuisine, le poêle à bois, l’encens, etc. Un autre élément à considérer dans le choix des matériaux est leur senteur et leur contribution à la perception olfactive. Cette dimension invisible des espaces devra être prévue dans la conception de nos environnements afin de renforcer l’image et les associations plaisantes pour les utilisateurs.

  • L’odorat

L’odorat est un autre de nos sens qui nous aide à évaluer les particularités de notre environnement pour notre protection et notre bien-être. Il peut servir à l’analyse de la qualité de la nourriture que nous mangeons et de l’air que nous respirons.

Avec l’évolution de notre civilisation, nous en sommes moins dépendants comme moyen de défense et il nous sert donc davantage au niveau esthétique contrairement aux animaux.

Même si nous n’en sommes pas tellement conscients, le cerveau analyse les messages envoyés par le nez afin d’en constater la normalité et quand la situation aromatique change, il nous éveille à ce changement pour l’analyser.

Notre culture place une grande emphase sur la qualité des odeurs et, à des fins de marketing, on ajoute souvent des odeurs chimiques à une grande gamme de produits de consommation. Notre nez est ainsi sollicité par des parfums synthétiques servant à camoufler des odeurs désagréables en masquant du même coup les avertissements qu’elles délivrent. Les odeurs dégagées par la grande quantité de produits qui nous entourent, deviennent une source de pollution qui surcharge et stresse notre sens olfactif. Pour les gens qui souffrent d’hypersensibilité environnementale, ce stress additionnel peut provoquer des réactions physiques prenant la forme d’allergies très sérieuses.

Notre nez est un détecteur environnemental très sensible et nous devons demeurer réceptifs aux messages subtils qu’il nous transmet. Nous avons parfois l’impression que l’air sent mauvais. Si notre nez nous transmet cet avis, il faut en tenir compte. Il s’agit de notre première ligne de défense contre des dangers. L’air est essentiel à notre survie et c’est le rôle du nez d’en analyser la qualité. Un peu partout, l’air est vicié par les nombreux polluants engendrés par une multitude de phénomènes ou produits issus de notre société. Ces polluants sont des sources de danger pour notre organisme et notre nez réussit normalement à nous informer de leur présence. Si on sent une odeur désagréable, c’est un avertissement pour notre corps de quelque chose qui pourrait lui être néfaste. Souvent, on n’a pas le choix de respirer de l’air vicié ou pollué et notre nez, comme système d’alarme, finit par se conformer et s’adapter et ne plus avertir.

Les effets des odeurs sont à tel point importants pour le bien-être et la santé de la personne qu’une branche de la médecine holistique appelée aromathérapie se spécialise dans le traitement de différentes affections par des huiles essentielles.

Souvent, une odeur bonne ou mauvaise peut nous rappeler des expériences passées que nous avons vécues avec une odeur similaire. Elle peut évoquer des sentiments bien cachés au fond de la mémoire de notre subconscient et élaborer.

En architecture, on place beaucoup d’emphase sur la vue et l’ouïe et de moins en moins sur l’odorat. L’architecture et la décoration intérieur doivent encourager (évoquer) des réactions agréables à l’odorat. L’utilisation des matériaux naturels comme le bois, des traitements des surfaces par des huiles naturelles et cire d’abeille et l’entretien avec des savons doux donnent des odeurs subtiles et agréables. Ajouter à ce fond aromatique des éléments comme des fleurs, plantes et fines herbes et des objets comme des bougies de cire d’abeille et l’impact peu être encore plus évocateur.   Des odeurs naturelles et agréables peuvent marquer profondément la perception et l’image que nous nous faisons d’un lieu à divers instants de la vie. Il est tellement enchanteur et impressionnant de sentir des fleurs ou autres parfums des plantes, le bois, le pain frais et d’autres arômes appétissants de la cuisine, le poêle à bois, l’encens, etc. Un autre élément à considérer dans le choix des matériaux est leur senteur et leur contribution à la perception olfactive. Cette dimension subtile et invisible des espaces devra être prévue dans la conception de nos environnements afin de renforcer l’image et les associations plaisantes pour les utilisateurs.

Il y a les senteurs des matériaux mais aussi des activités qui ont lieu dans l’espace qui susciteront des réactions. Les parfums des jardins, l’odeur du bois, les émanations de la boulangerie ou de la cuisine, l’encens, l’humidité, l’ameublement etc. marquent les lieux et les instants dans la vie. Ils peuvent créer des souvenirs pour toute notre vie.

  • Vibrations

Les vibrations sont une source externe d’agitations qui excitent et  dé balancent l’équilibre du corps, qui créent un stress et épuisent le corps. À la longue, elles causent des défaillances dans le bon fonctionnement des organes et provoquent l’apparition de maladies.

Toute agression sur le corps est une source de stress et est néfaste à son bien-être. Tout ce qui dévie de l’état naturel dans lequel nous avons évolué depuis le début des temps ajoute des tensions auxquelles le corps n’est pas adapté. Historiquement, ce sont les vibrations de l’éruption d’un volcan ou d’un tremblement de terre qui mettaient le corps en alerte pour le protéger du danger imminent.

Les vibrations peuvent avoir une gamme très large de fréquences, de la plus basse à la plus haute. Dans les deux extrêmes, les vibrations exposent le corps à des dangers physiques réels et peuvent même être fatales. L’énergie de notre être et des organes qui composent le corps a son propre équilibre dynamique de vibrations de fonctionnement. Quand une source externe dé balance cet équilibre, le corps est soumis au stress. Les vibrations sont des agitations qui excitent et qui forcément épuisent le corps. À la longue, elles causent des défaillances dans le bon fonctionnement des organes et provoquent l’apparition de maladies.

Aujourd’hui, les sources de vibrations sont nombreuses et elles assaillent notre quiétude. Essentiellement, les vibrations sont dues aux nombreuses machines qui nous entourent dans notre quotidien et qui sont tellement présentes dans notre civilisation. Des équipements peuvent produire des vibrations de façon ponctuelle ou constante. Évidemment, ceux qui les produisent sur une courte durée sont moins dangereux à long terme que ceux qui, fonctionnant continuellement, les produisent sans répit. Souvent, nous ne sommes même pas conscients de la présence de vibrations et ce n’est que lorsqu’elles cessent que nous remarquons tout à coup leur absence. Ainsi lorsqu’un système de ventilation qui fonctionne continuellement s’arrête en raison d’une panne d’électricité, nous remarquerons subitement la tranquillité résultant de l’élimination des vibrations.

Comme le son, les vibrations sont une énergie qui se transmet par la structure et se propage à travers tout le bâtiment. Lorsque la structure vibre, tout ce qui y est rattaché, surfaces, ameublements et occupants, sont soumis à ses oscillations. La meilleure façon de réduire cette propagation, c’est d’isoler le mieux possible de la structure toute source de vibration. En ce faisant, on limite les sons et les tremblements dans le bâtiment.

Parce qu’elles n’apparaissent pas si néfastes, les vibrations sont un élément souvent négligé dans la conception architecturale. Pourtant, elles réduisent notre paix intérieure et il faudrait davantage en tenir compte.

Nous avons une très grande capacité d’adaptation à différentes conditions mais, pour toute adaptation, il y a un prix à payer en terme de réduction dans notre bien-être. Parce qu’elles n’apparaissent pas si néfastes, les vibrations sont un élément souvent négligé dans la conception architecturale. Pourtant, elles réduisent notre paix intérieure et il faudrait  davantage en tenir compte.

 

 

  • Aspect social
    • Architecture assembler

La personne humaine est un être social qui a toujours vécu dans de petites sociétés et ses rapports avec les autres sont donc meilleurs dans les petits groupes. Cette évolution en collectivité a développé le besoin d’appartenance à une communauté. Il doit être possible de sentir et d’apprécier la présence d’autres personnes parce que seul on peut s’imaginer plus vulnérable. Ce besoin est toujours lié à notre besoin de vivre en société. Les humains sont des êtes sociaux et la maison devra être un lieu pour les unir et encourager leur intercommunication. Pour garantir le confort psychologique, il est donc nécessaire de ressentir la présence humaine. Toutefois, des espaces privés sont aussi nécessaires pour satisfaire les besoins de recul et de ressourcement. Comme dans bien d’autres domaines, il faut un équilibre entre les moments réservés aux activités solitaires et collectives. Si les besoins de solitude et de compagnie ne sont pas correctement satisfaits, il en résultera un stress psychologique. Cette hiérarchie d’espace distingue les opportunités d’interaction, le désir de surveillance d’espace, la démarcation du contrôle de possession et l’intensité de bruit et d’activité.

Les bâtiments ne sont pas des entrepôts pour les gens, ils doivent se présenter comme des milieux de vie bien organisés et agréables. Ils doivent favoriser de bonnes relations interpersonnelles afin de diminuer le stress personnel des utilisateurs. Des symboles bien choisis peuvent communiquer des impressions qui favoriseront les rapports entre les gens.

Ainsi, on peut promouvoir la communication par des possibilités de contact visuel et des points de convergence. Les arrangements doivent cependant demeurer relativement flexibles parce que les besoins des personnes dépendent beaucoup de leur personnalité. Même pour les personnes les plus communicatives, il y a une limite aux contacts interpersonnels. Passé une certaine limite, ils deviennent trop exigeants et source de stress. C’est le cas lorsque des espaces sont trop densément occupés. Chaque personne devrait avoir la possibilité d’établir le niveau d’immersion collective ou sociale qui lui convient.

L’environnement doit offrir la possibilité de rencontres informelles parmi les divers niveaux d’interaction souhaités dans un lieu autant que la possibilité pour les utilisateurs de contrôler le degré de leurs interactions sociales. Toute une gamme de rapports entre les gens doit être prévue et favorisée, parce que la vie, c’est une multitude d’interactions à différents niveaux d’intimité.

Les espaces doivent être délimités selon leurs fonctions. La dynamique des grands rassemblements impersonnels est bien différente de celle des petits regroupements plus personnels. De même, l’ambiance de divertissements bruyants contrastera avec le calme d’ateliers artistiques, l’activité des démonstrations sportives avec la passivité des manifestations culturelles. Compte tenu de leurs fonctions, les espaces doivent être distribués de manière à éviter les conflits d’ambiance. Il faut même penser à des transitions créant des contextes qui préparent les différentes fonctions. Le respect de la nature humaine et de la diversité des relations interpersonnelles à tous les niveaux a conséquemment de profondes implications en architecture.

Dans le design des espaces, il est important pour les personnes de l’extérieur comme de l’intérieur de bien annoncer et délimiter les zones réservées aux diverses fonctions. Un peu comme au royaume des animaux, les individus comme les groupes ont besoin de marquer et de définir leur territoire afin d’assurer leur protection et leur défense. Cette délimitation de l’espace sert d’avertissement et crée ce qu’on appelle l’espace défendable.

Le concept d’espace défendable est utilisé pour établir clairement la distinction entre les espaces privés et les espaces publics. Cette distinction peut être exprimée par des moyens tels symboles et divisions physiques. Pour se sentir à l’aise et en sécurité, les personnes ont besoin de moyens tels fenêtres et portes pour surveiller leur entourage et s’échapper de leur refuge ou en interdire l’accès. Si la définition des espaces est claire et que leur progression est bien orchestrée, les différents comportements prévus qu’ils soient individuels ou collectifs, privés ou publics, pourront s’y dérouler sans occasionner de conflits.

Dans leur progression, on peut retrouver toute une gamme d’espaces caractérisés publics, semi-publics, semi privés et privés. La distinction entre les différents niveaux peut s’exprimer de plusieurs façons. À cet égard, la maison nous donne un bel exemple de progression et d’intégration. À l’avant de la maison, la rue et le trottoir sont du domaine public tandis que le terrain et particulièrement l’accès vers la porte d’entrée sont semi-publics car les étrangers peuvent normalement les emprunter mais non sans raison. En entrant dans la maison, nous retrouvons d’abord les espaces de vie semi privés pour les membres de la famille et leurs invités. Et nous terminons par les espaces privés destinés à une seule personne comme une chambre à coucher. Plus on avance dans cette progression, plus on doit justifier notre présence. Ces distinctions existent partout et, pour éviter les conflits, les messages architecturaux transmis doivent être clairs.

L’arrangement de la circulation et des places pour s’asseoir peut encourager l’interaction, l’observation et l’intérêt humain à un espace. Ce sont les gens qui font qu’un espace devient dynamique. Voir le mouvement et entendre les voix des gens donnent de la vie et cela est plus réconfortant. Une présence humaine est une source de confort psychologique.

L’architecture est bien un art social qui a un impact sur le comportement humain. En comprenant cette dimension de l’architecture, on peut concevoir des espaces adaptés à la réalité sociale afin que les utilisateurs, à petite comme à grande échelle, puissent entretenir des relations interpersonnelles harmonieuses et respectueuses. Ainsi, on diminue le stress que les individus peuvent vivre tout en augmentant leur bien-être psychologique et leur satisfaction de leur environnement architectural.

La condition humaine trouve sa force dans l’équilibre des divers éléments à partir de la qualité de vie physique jusqu’au bonheur, estime de soi et vérité. Dans notre société on place beaucoup d’emphase sur le bien-être physique pour laquelle on est très privilégié mais les qualités intangibles- L’humain exige beaucoup plus de recherche et est moins facile à atteindre. Un bâtiment doit chercher à satisfaire la gamme de besoins humains pour aider à la croissance d’un individu épanoui.

L’architecture est une expression de l’homme et en conséquence de sa culture. On ne vit pas seulement dans un environnement physique mais aussi dans un environnement social, et comme tel, l’architecture est un art social ayant comme but d’améliorer le contexte social. La fonction sociale de l’architecture est d’évoluer avec le temps pour mieux répondre à la réalité et au contexte social.

L’architecture est un reflet de la société et on doit utiliser l’environnement construit pour avoir un effet positif sur notre civilisation et notre monde bâti. C’est une obligation morale et sociale de créer un meilleur environnement pour vivre. On doit toujours trouver une balance entre l’individuel et son environnement soit social et physique. Cette balance est le défi d’un bâtiment- à respecter la personne et le groupe en même temps.

Tout habitat est à la fois un espace personnel, un espace social et un espace culturel. C’est un espace de la vie personnelle, la sphère la plus privée et intime où l’être peut s’abriter du monde extérieur. Cela établit un dehors et un dedans, un chez-moi et un chez les autres. Il est l’objet d’un investissement affectif; la façon dont cet espace est vécu et intériorisé par l’individu comme une coquille personnelle. C’est un lieu social entre les membres d’une famille.

Un environnement affecte les sensations privées par la facilité de voir ou d’être vu par d’autres personnes – c’est l’intrusion visuelle.

  • Conclusion

Dans la conception architecturale, il est plus facile de tenir compte des besoins physiques, plus tangibles, mais en tenant compte aussi des besoins psychologiques, plus subtils, l’architecte est en mesure d’offrir des solutions plus adéquates et agréables à vivre. Évidemment, l’application de concepts de psychologie environnementale n’est pas un art de précision et les solutions offertes exerceront certes une influence mais sans aller jusqu’à déterminer les perceptions et les comportements des utilisateurs.

De stimulations variées sont nécessaires pour éveiller et sensibiliser les personnes à leur environnement. Les espaces doivent être conçus pour assurer le confort de leurs occupants mais aussi pour satisfaire leur sens esthétique, leur intelligence et leurs émotions. L’architecture doit traduire et exprimer la vie. Les espaces devront répondre aux anticipations, aux besoins et aux désirs et être une source de satisfaction, de joie et d’inspiration.

Une photo ne suffit pas à exprimer la réalité, pas plus que la simple perception visuelle ne peut rendre compte de toute la richesse de l’expression architecturale. L’appréciation d’un espace bien conçu ne peut être réussie que par la combinaison de plusieurs sensations qui contribueront à l’impression globale. Il faut percevoir les formes, la lumière, les couleurs, les textures, les sons, les odeurs, la température, les mouvements, l’activité humaine… En un seul instant, tous les sens enregistrent et l’impression retenue est un ensemble sensoriel. Cela n’empêche pas que l’impression qui nous restera d’un espace puisse parfois être caractérisée par un aspect déterminant très accessoire mais marquant. De toute manière, en tenant compte de toutes les sensations, les réalisations architecturales véhiculeront une expression beaucoup plus cohérente et forte de signification.

Les espaces sont généralement réservés à des activités spécifiques et leur conception doit utiliser tous les éléments susceptibles de provoquer les sensations qui soient appropriées. Les impressions créées chez les occupants doivent renforcer les comportements liés aux activités prévues. Ainsi, ces activités seront réalisées plus facilement, les déplacements seront plus efficaces et les occupants vivront en harmonie avec leur espace. En éliminant les causes de stress et en créant une ambiance propice aux activités, l’architecte réalisera des espaces sains qui seront naturellement appréciés.

Les réalisations architecturales ne sont pas que des objets de contemplation. Au contraire, elles doivent être des milieux de vie fortement en interaction avec leurs occupants. L’architecte doit constamment se préoccuper de ces interactions. Entourées d’un contexte positif, les personnes ont plus de chance d’être influencées positivement. L’architecte doit donc créer des espaces où les personnes se sentiront à l’aise dans tous les aspects de leur vie, des espaces où elles pourront exprimer leur individualité et s’épanouir dans tout leur être, physiquement, émotionnellement, intellectuellement et spirituellement. Une réalisation architecturale saine ne peut pas être évaluée que par son esthétisme, elle doit l’être aussi et surtout par la qualité de son utilisation et par la satisfaction qu’elle procure à ses utilisateurs sur tous les plans. Le but de l’architecte, en somme, sera de fournir à chaque personne un milieu de vie qui favorisera son épanouissement intégral.

 

 

 

  • Contexte et lieux

Il est de règle que l’architecture d’un édifice
soit adaptée à sa destination de telle façon
que cette destination se dénonce d’elle-même
au seul aspect de l’édifice.
Victor Hugo

 

 


  • Design urbain
    • Étalement urbain

Dans la planification d’un nouvel ensemble de maisons dans un quartier, plusieurs considérations peuvent être prises pour augmenter l’efficacité énergétique des constructions et, à cet égard, la considération de l’ensoleillement est essentielle afin de maximiser l’utilisation de l’énergie solaire passive.

De toutes les catégories d’habitation, les maisons unifamiliales sont les moins efficaces. Avec leurs quatre murs et leur toit exposés aux éléments, elles ont de grandes surfaces pour perdre la chaleur. Des bâtiments qui partagent leurs murs ont moins de surfaces exposées aux froids de l’hiver. Ces bâtiments sont plus efficaces et peuvent prendre différentes formes telles duplex, triplex, quadruplex, jumelés, maisons en rangées, etc. Ce sont les appartements ayant une seule façade extérieure qui perdent le moins de chaleur, si on compare les mêmes superficies et techniques de construction. Les habitations regroupées qui partagent des surfaces ont aussi l’avantage d’être moins chères à construire par unité de logement.

Comme nous sommes à même de le constater dans nos villes, l’étalement urbain cause divers problèmes environnementaux. Les réseaux de services publics s’étendent en longueur avec une légère utilisation à cause de la faible densité. Il devient difficile d’organiser des transports en commun efficaces et rentables de sorte qu’on devient dépendant de l’automobile pour les déplacements sur de plus en plus grandes distances et la circulation en heure de pointe entraîne la pollution de l’air. Les autoroutes, boulevards et stationnements empiètent sur les espaces verts et cet étalement se fait bien souvent au détriment de bonnes terres agricoles. Pour les municipalités, ce style de développement occasionne des dépenses accrues et des difficultés grandissantes dans l’administration des services à rendre.

Contrairement aux maisons unifamiliales, les bâtiments multifamiliaux nécessitent moins de terrain et de services pour le même nombre de personnes. En augmentant la densité, on permet une meilleure rentabilité des services et un accroissement des entrées de fonds via les taxes foncières.

Évidemment, les avantages sont nombreux à bien des égards mais avec nos mentalités plutôt individualistes, ce ne sont pas toutes les personnes qui sont prêtes à tant de proximité avec leurs voisins et beaucoup préfèrent encore les maisons unifamiliales détachées.

  • Rues en grappe

Pour accommoder un marché de l’immobilier qui demande encore des maisons indépendantes, on doit créer des rues qui favorisent une meilleure intégration environnementale. La meilleure façon d’atteindre cet objectif écologique, c’est de créer des rues en grappe ou cul-de-sac, ce style de rue procure plusieurs avantages. Les terrains autour d’une grappe sont en forme de pointe de tarte avec une petite cour en avant et une grande cour plus utile et privée en arrière. La forme en pointe de tarte requiert moins de rue publique pour desservir chaque terrain comparativement à d’autres formes plus conventionnelles. On a ainsi plus de maisons pour moins de rues et des conséquences importantes pour les municipalités concernant leur ratio des taxes perçues sur les coûts des services.

Premièrement, la construction des infrastructures comme les rues, les aqueducs, les égouts et les systèmes d’éclairage est moins dispendieuse. Deuxièmement, à plus long terme, les coûts d’entretien, de déneigement, de collecte d’ordures et d’électricité pour l’éclairage sont substantiellement réduits. La réduction des surfaces pavées permet de diminuer la collecte des eaux pluviales dans les égouts et les espaces libérés peuvent être destinés aux espaces verts tels parcs, pistes pour randonnées à bicyclette ou à ski de fond.

Les rues en grappe procurent également des avantages intéressants aux résidents. Il y a moins de circulation sur les rues, ce qui les rend plus sécuritaires pour les enfants. Il y a plus d’interaction sociale car les voisins se voient et peuvent plus facilement communiquer. Comme ils se connaissent mieux, les étrangers sont plus facilement remarqués et surveillés, ce qui entraîne une plus grande sécurité contre le vol.

A plus grande échelle, le modèle d’implantation en grappe peut procurer d’autres avantages intéressants. Il peut faire converger les artères de circulation vers des centres de services. Inversement, les raccordements extérieurs des grappes peuvent être consacrés aux espaces verts et services de loisirs. Des vocations particulières peuvent être attribuées aux divers regroupements permettant ainsi l’organisation des services appropriés là où ils sont requis. La circulation est ainsi généralement réduite à la circulation locale.

La planification et la réalisation de quartiers qui sont respectueux de l’environnement présente des défis intéressants pour les designers urbains comme pour les architectes. Ces défis sont à la mesure de notre détermination à réaliser des projets écologiquement responsables. Les avantages sont nombreux pour l’environnement, pour les municipalités, pour les résidents, et, en somme, pour la société en général.

  • Le design urbain et l’énergie solaire

Avec le design urbain, nous abordons le domaine de l’architecture qui porte sur la planification du développement des quartiers et de l’ensemble d’une ville. Il est très important que le processus de conception de ces solutions tienne compte de leur incidence environnementale. Les décisions doivent tenir compte du micro environnement comme du macro environnement.

Dans cette discipline comme dans tout autre, nous pouvons observer diverses tendances. Ainsi les solutions évoluent dans le temps au gré des besoins et des modes de la société.

Plusieurs années de croissance urbaine ont eu des conséquences maintenant difficiles à corriger parce qu’on ne s’est pas suffisamment préoccupé de la question environnementale. Heureusement, le souci environnemental et le virage vert font maintenant davantage partie de nos mœurs et nous sommes plus vigilants et critiques face aux conséquences de nos faits et gestes.

Il est d’autant plus important que les bonnes décisions soient prises car leurs conséquences pour la société se font sentir dans l’immédiat bien sûr mais encore davantage dans le long et le très long terme. En raison de ses implications environnementales et sociales, nous ne saurions donc sous-estimer l’importance du design urbain dans ce que nous appelons une architecture écologique à l’énergie solaire.

Une maison écologique doit être très efficace énergétiquement en utilisant un minimum d’énergie pour son chauffage durant l’hiver et en limitant les besoins de climatisation durant l’été. Pour atteindre ce but, on applique le concept d’énergie solaire passive.

Que ce soit lors de la construction ou de l’agrandissement d’une maison, l’architecte doit donc être préoccupé par l’accès à l’ensoleillement et privilégier de grandes fenêtres du côté sud. Au cours de l’hiver, alors que le soleil est bas dans le ciel, il pénètrera dans les pièces pour les chauffer et leur apporter un éclairage naturel favorisant le bien-être psychologique. Pour bien profiter de l’ensoleillement, les grandes fenêtres devront être orientées vers le sud, tout particulièrement durant les courtes journées de l’hiver alors que le soleil se lève au sud-est pour se coucher au sud-ouest, bien qu’un écart de moins de 30 degrés par rapport à l’orientation idéale puisse encore demeurer acceptable.

Au cours de l’été, alors que le soleil est haut dans le ciel, on l’empêchera de surchauffer les pièces et on maintiendra une fraîcheur en mettant en ombrage les fenêtres par des projections du toit ou en créant de l’ombre par des arbres feuillus situés en proximité.

Étant donné que les façades privilégiées pour les fenêtres sont celles d’en avant ou d’en arrière, il en résulte que les urbanistes devraient planifier les rues destinées à l’habitation sur un axe est-ouest. Évidemment, pour accéder à ces rues, il faudra un minimum de rues nord-sud qui devraient être réservées à des bâtiments commerciaux ou multifamiliaux plus grands.

Quand une rue n’est pas bien orientée pour l’ensoleillement des maisons, on peut toujours tourner les maisons pour mieux capter les rayons solaires. A cet égard, la façade arrière pose moins de difficultés que celle donnant sur la rue. En effet, plusieurs municipalités exigent dans leurs règlements de zonage que les façades avant des maisons soient alignées avec les rues pour des fins esthétiques. Dans ces cas, il n’y a pas beaucoup de solutions sauf des compromis comme des fenêtres en saillie. Idéalement, pour une rue mal orientée, on devrait permettre que les maisons soient alternativement décalées vers l’avant ou l’arrière du terrain pour obtenir un ensoleillement latéral satisfaisant.

La hauteur des bâtiments et la distance qui les sépare doivent être considérées lors de l’implantation d’ensemble d’un projet pour éviter que des bâtiments du côté sud ne causent de l’ombrage aux bâtiments voisins du côté nord. Les calculs devront être effectués lors du solstice d’hiver, soit le 21 décembre entre 9:00 et 15:00 heures. Un terrain en pente vers le sud permet aussi de dégager le côté sud du sous-sol et d’y installer de grandes fenêtres ou portes vitrées pour profiter encore davantage de l’ensoleillement.

Afin de permettre au plus grand nombre de profiter des avantages de l’ensoleillement et diminuer l’étalement urbain, on devrait augmenter la densité des sites propices en réduisant la largeur des terrains. Cette réduction est facilitée si les règlements de zonage permettent des marges de ligne latérales zéro puisqu’on peut alors construire sur la ligne des lots. Cela permet de récupérer, au moins sur un des côtés de la maison, un espace latéral généralement peu utilisé.

En privilégiant l’ensoleillement du sud pour l’habitation, on permet aux propriétaires des économies substantielles dans leurs coûts de chauffage tout en améliorant leur qualité de vie. Multipliées par des centaines ou des milliers, ces économies d’énergie deviennent très importantes pour une société. Ces réductions diminuent le besoin d’exploitation des ressources et conséquemment les effets environnementaux négatifs liés à la production de l’énergie, et cela, pour le bénéfice de tous.

  • Les bienfaits de l’appartenance à un quartier

Nous habitons non seulement un environnement physique mais nous faisons aussi partie d’une communauté sociale. L’appartenance à cette communauté prend beaucoup d’importance dans nos vies car nous sommes des êtres sociaux. Sans l’organisation sociale, la vie serait très difficile sinon impossible. Dans cette organisation, les interactions s’échelonnent sur plusieurs niveaux en commençant par les voisins immédiats, le voisinage, le quartier, la ville.

Mais dans la vie concrète de tous les jours, c’est près de nous que les relations sont les plus fréquentes. Le sens de la communauté ou l’identité à un quartier est souvent le produit de contacts informels et d’intérêts partagés par les résidents. Le lieu de vie peut apporter satisfaction dans la mesure où il peut combler les besoins personnels, matériels et sociaux de chacun.

Si la proximité physique peut créer des liens, les ressemblances entre les personnes peuvent en créer encore de plus forts. Les similitudes au niveau des valeurs, du travail et des loisirs, du style de vie, des goûts et intérêts, de la culture, de l’économie, de l’éducation personnelle et des enfants créent des compatibilités qui tissent des liens stables et puissants. Cependant, si les gens qui partagent ces similitudes peuvent créer un ensemble solidaire, c’est la vie de quartier qui va contribuer à développer le sens de la communauté en suscitant des contacts sociaux plus variés entre les résidents. Les résidents du voisinage créent une présence sociale et ils sont une source d’information et des aidants en cas de besoin. Le respect de leur espace et de leur vie privée et le souci de leur sécurité mutuelle augmentent leur sens des responsabilités.

Malgré qu’un quartier soit d’abord un territoire possédant des qualités physiques dans le partage des infrastructures et services ses résidents lui confèrent aussi une dimension humaine par leur interaction, leurs activités organisées ou spontanées, leurs échanges ainsi que leur coopération. Ces interactions sociales entre les résidents doivent être encouragées et soutenues afin de créer des liens d’attachement avec leur contexte de vie.

Un quartier est délimité physiquement et contient des installations et services pour répondre aux besoins des résidents. Les bâtiments et services communautaires pour tous les groupes d’âge constituent le centre de la vie sociale et récréative du quartier.

!! Si ce centre inclut églises, écoles, restaurants, magasins, cinémas et idéalement lieux de travail pour combler au même endroit les besoins commerciaux et autres, avec une plus grande densité résidentielle, le cœur du quartier vibrera avec plus de vitalité. Les rencontres des résidents dans les espaces ouverts sont un excellent moyen de favoriser et développer les sentiments d’appartenance au quartier et à la communauté. Si un parc est intégré à tous les services, les infrastructures communautaires prennent encore plus d’importance et leur utilisation plus versatile offre plus d’opportunités.

Le cœur ou noyau du quartier doit être à échelle humaine et préférence à  la distance qui peut être franchie à pied par un enfant. Ses déplacements ne doivent pas être restreints par des routes majeures, chemins de fer ou obstacles naturels comme des rivières. Idéalement, c’est par des espaces verts que l’enfant devrait être capable de se promener entre sa résidence et l’école, la bibliothèque, l’épicerie et le centre communautaire.

Si on se sent bien chez-soi et dans sa communauté, on s’y enracinera et on en tirera le plus possible de satisfaction à différents niveaux de sa vie. En somme, le sentiment d’appartenance à un quartier et le sens de la communauté qui se développe entre ses résidents leur procurent un sentiment de sécurité très bénéfique sur le plan psychologique et améliorent leur qualité de vie en général.

  • Covoisinage sain

L’être humain a toujours vécu dans de petits groupes et c’est donc à une petite échelle, dans ses contacts avec ses semblables les plus proches, que l’homme se sent le plus confortable. Ses liens avec les autres membres d’un groupe sont basés sur la complicité dans divers aspects de ce qu’ils partagent mais ils sont aussi influencés par les distances physiques qui les rapprochent ou les éloignent mutuellement.

Le regroupement optimal des voisins serait constitué de 5 à 10 familles. Au-delà, le groupe se subdivise en plus petits groupes, en deçà, les relations sont trop restreintes et rendent plus difficile la vie privée. Les possibilités d’interactions sociales devront être encouragées sur au moins une face des résidences. La distance entre les résidences devra être restreinte de façon à susciter la communication entre leurs habitants.

Pour éviter des interactions sociales excessives entre les familles d’un groupe et pour permettre à chacune de conserver son intimité tout en évoluant dans le groupe, il doit y avoir des services pour la communauté plus grande à laquelle elles appartiennent. Il est intéressant de regrouper dans des espaces communs toute la panoplie des services requis pour combler les besoins des familles à différentes étapes de leur vie.

Chaque maison doit avoir accès aux espaces communs pour les services et les activités récréatives avec lien piétonnier vers d’autres secteurs. De même les regroupements d’habitations devront avoir un centre d’attraction et d’interaction qui favorisera le sens d’appartenance et de responsabilité.

Il est très utile de définir les espaces extérieurs privés, semi privés, semi-publics et publics. Parmi la gamme des comportements possibles, les résidents doivent pouvoir distinguer et adopter ceux qui sont appropriés dans les espaces publics environnants jusqu’aux espaces privés à l’intérieur. La démarcation de ces espaces aidera à discerner leur appartenance, leur niveau d’activité et de bruit permis ou toléré ainsi que leur degré de surveillance et de sécurité.

Dans le regroupement des résidences familiales, on devra optimiser certaines conditions pour favoriser un milieu de vie le plus positif possible. En visant une meilleure densification du territoire, on doit se préoccuper de l’utilisation optimale du terrain. Chaque habitat devra avoir un contact avec la nature en ayant soin d’assurer l’ensoleillement, le bon air et les vents, et de préserver l’environnement naturel.

Au niveau du design urbain et paysager, on doit aménager les rues et regrouper les habitations pour encourager le sens d’appartenance collective dans le respect de l’individu. La largeur des rues et la longueur des cours avant devront être restreintes pour faciliter ces liens. De plus, afin de diminuer les dangers et les irritants pour les résidents, la circulation véhiculaire doit être limitée et ralentie. Enfin, il serait souhaitable de regrouper les stationnements à une distance raisonnable de l’accès à chaque logis afin de libérer de l’espace vert.

Ces principes devront être appliqués avec les adaptations nécessaires à tous les contextes et types d’habitation, des maisons unifamiliales aux immeubles à logements. Dans les maisons, les gens ont des fenêtres et des espaces extérieurs qui facilitent les contacts et les liens avec les voisins. Dans les immeubles à logements multiples les lieux de rencontres doivent être judicieusement organisés afin d’encourager le développement des liens entre voisins.

Il est possible développer des villes qui seront le cadre d’une vie urbaine riche et diversifiée faisant place à toute la diversité des comportements humains afin de satisfaire le mieux possible les besoins sociaux et psychologiques de leurs habitants.

  • L’emplacement pour un bâtiment écologique

L’emplacement choisi pour implanter un bâtiment est déterminant pour sa conception et pour le bien-être de ses utilisateurs. On doit tenir compte d’un grand nombre de facteurs, climatiques et autres. Malgré ce souci de répondre aux besoins des utilisateurs, les constructions ne doivent cependant pas porter atteinte à l’environnement lui-même qu’il faut préserver le plus possible à l’état naturel grâce à une bonne intégration. Nous avons là deux préoccupations qui vont de pair afin de maintenir une interdépendance de qualité entre l’environnement et ses utilisateurs.

Anciennement, nos ancêtres vivaient proches de la terre et, sensibilisés aux phénomènes naturels, leurs constructions respectaient l’environnement et s’y intégraient bien. Malheureusement, nous vivons maintenant éloignés de la nature et nous sommes moins sensibles à ses phénomènes et à ses caractéristiques. Techniquement, nous pourrions réaliser ce que nous voulons, mais logiquement, il est préférable de collaborer avec les forces naturelles. En respectant les conditions environnementales, nous pouvons effectivement améliorer notre qualité de vie sans porter préjudice à la nature.

La situation du terrain constitue la première grande question à considérer. Sur le plan régional, on tiendra compte de facteurs climatiques comme la température, l’ensoleillement, l’humidité, le vent, la pluie, la neige, la grêle, la brume mais aussi de phénomènes plus exceptionnels comme les inondations, les tremblements de terre, les tornades et les ouragans. Ces facteurs permettront de déterminer dans quelle mesure un lieu est convenable et de plus, comme ils sont incontournables, ils marqueront profondément la conception du bâtiment.

A l’intérieur d’une région climatique, on pourrait distinguer un nombre illimité de microclimats. Sous certaines conditions, nous pouvons constater plusieurs différences climatiques mais nous ne pouvons pas connaître toutes les particularités d’un lieu et de ses environs et encore moins prévoir toutes les implications des modifications que nous y apportons. La différence entre les influences environnementales de la ville et de la campagne est plus évidente mais on peut aussi découvrir que deux terrains même voisins peuvent avoir des microclimats très différents.

Le contexte géographique d’un terrain contribue aussi à sa qualité environnementale. Au bord de la mer, il faut considérer l’humidité, les vents, les marées et leur influence sur les températures. En montagne, l’air est bon, frais, venteux et riche en ions bénéfiques alors que dans une vallée, l’ensoleillement peut être limité, les polluants peuvent s’accumuler dans l’air qui stagne comme dans l’eau qui s’écoule de chaque versant. Dans les champs, la poussière, le pollen, les odeurs et produits chimiques agricoles peuvent polluer l’air et la nappe phréatique.

Pour des raisons bien connues, une grande proportion de la population de notre société vit dans des villes. En raison de la quantité de surfaces dures et du peu de végétation, la température est plus chaude et l’air est plus sec. La concentration d’activité en ville entraîne un taux élevé de polluants atmosphériques et il est donc préférable de s’installer en amont par rapport aux vents. Comme les vents dominants viennent du sud-ouest ou de l’ouest, la qualité de l’air de ce côté des villes est meilleure que celle de l’air soufflé vers les autres côtés après avoir amassé tous les polluants urbains sur son passage.

Ce principe s’applique également à petite échelle à l’égard des sources de pollution. Il est toujours recommandé de se situer loin des sources d’émission de polluants comme les usines, les parcs industriels, les autoroutes, les aéroports et les stationnements. Souvent ces sources causent une pollution additionnelle: celle du bruit. Enfin, dans les villes, il y a aussi des niveaux élevés de polluants plus subtils dont il faut s’éloigner. Ce sont les lignes d’électricité de haute tension, les tours de micro-ondes, de radio et de télévision.

Compte tenu des nombreux facteurs environnementaux, l’air et l’environnement de la campagne demeurent évidemment de meilleure qualité que ceux de la ville. Mais en analysant ces différents facteurs, il est possible d’identifier, même en ville, des endroits ou des terrains qui apporteront un meilleur appui à la santé de leurs utilisateurs. Grâce à des critères précis, il est somme toute possible de chercher et de trouver un emplacement de construction qui soit le plus approprié aux besoins et le plus susceptible de garantir une bonne qualité de vie tout en préservant l’environnement naturel.

  • Aménagement paysager
    • L’aménagement paysager pour un environnement sain

La nature, c’est l’affirmation de la vie. Elle apporte plus qu’on imagine physiquement, psychologiquement et consciemment à l’homme. Nos vies sont reliées à l’environnement et nous avons besoin de lui. La beauté, en lien historique de dépendance sur la nature, nous apporte une sécurité psychologique, des éléments qui représentent la stabilité de notre passé et les liens à la terre. L’émerveillement et le changement des saisons jusqu’à chaque instant avec le mouvement des arbres par le vent et le jeu des ombrages fait qu’il y a toujours de l’intérêt.

L’architecture doit respecter le rapport (affinité) des gens avec la nature et encourager ce lien. L’ouverture des espaces intérieurs à l’environnement extérieur privilégie au moins ce contact visuel. Mais aussi comment le bâtiment s’intègre avec le terrain doit être un souci important. Pour avoir une création forte et respectueuse avec le contexte naturel, le bâtiment doit être en harmonie avec le site au niveau de l’échelle, de la forme, de la couleur et des matériaux. On ne devra pas défaire l’état naturel du terrain pour les fins de l’homme, mais essayer de renforcer l’écosystème vivant qui existe. Si on rehausse et met en valeur les qualités naturelles du site, on démontrera un respect, l’interaction du bâtiment avec son contexte, on affirme notre place comme faisant partie d’un ensemble naturel de la terre et qu’on apprécie, respecte et laisse la place à la grande beauté et à l’importance de la nature et de l’interdépendance de toutes ces forces.

L’aménagement paysager joue alors son rôle fondamental en constituant une force positive dans l’écosystème local et dans l’environnement global. L’aménagement paysager constitue alors une première ligne de défense pour atténuer les effets des conditions climatiques sur la maison. La réduction des effets climatiques extrêmes favorise une meilleure efficacité énergétique et diminue donc les aspects néfastes de la création et de l’utilisation des différentes formes d’énergie.

L’aménagement paysager et l’architecture doivent coexister harmonieusement. Les bâtiments doivent bien s’intégrer à leur milieu en respectant les caractéristiques du terrain et en même temps, l’aménagement judicieux d’un cadre naturel peut adoucir leur masse solide et masquer leur caractère non naturel. En fait, en respectant le contexte naturel et les écosystèmes, on peut créer des bâtiments qui font partie de leur milieu: une complicité est ainsi tissée entre les deux.

Évidemment, il y a plusieurs aspects du terrain à considérer: l’accès, l’approvisionnement en eau et en autres services, les vues, la présence des voisins, la nature du sol, la présence de failles ou de sources d’eau souterraines, les niveaux, l’ensoleillement, les vents dominants et la végétation existante. Tous ces aspects doivent être étudiés afin d’en établir les implications pour les bâtiments à construire. L’ensemble des caractéristiques d’un lieu ou d’un terrain lui définit un microclimat particulier. Les bâtiments eux-mêmes modifieront forcément ce microclimat et il faut veiller à ce que cette modification soit appropriée aux besoins des utilisateurs. Il ne faut pas oublier de considérer les caractéristiques des microclimats pendant les cycles du jour et de la nuit tout au long de l’année.

Nous n’avons pas à démontrer la contribution de l’aménagement paysager à l’esthétisme d’une propriété. Mais ce n’est pas là sa seule contribution. Dans une perspective écologique tant à grande qu’à petite échelle, il faut étudier les implications des décisions sur l’environnement construit et naturel. Pour les bâtiments, l’aménagement paysager est notamment de grande importance pour atténuer les influences climatiques dans le but de réduire les besoins énergétiques en été comme en hiver.

Dans une perspective écologique tant à grande qu’à petite échelle, il faut étudier les implications des décisions sur l’environnement construit et naturel. Pour une maison saine, l’aménagement paysager est notamment de grande importance pour atténuer les influences climatiques dans le but de réduire les besoins énergétiques en été comme en hiver.

La nature et de la végétation, la variété de ses mouvements et de ses odeurs et ses transformations au cours des saisons ajoutent de la vie autour de la maison et adoucisse les matériaux durs et statiques utilisés pour la construction.

Le revêtement du sol qui entoure une maison influence le microclimat de la propriété. La température sera différente selon qu’on utilisera de la végétation ou des matériaux durs comme l’asphalte. Les matériaux durs et surtout ceux de couleur foncée absorberont et dégageront la chaleur alors que la verdure dégagera de l’humidité et rafraîchira.

Le patio du côté sud d’une maison est un endroit approprié pour des matériaux denses et de couleur foncée. En plein été, quand le soleil est haut dans le ciel, l’endroit doit être protégé par de l’ombrage afin de ne pas surchauffer mais, à l’automne et au printemps, alors que le trajet du soleil est plus bas, il absorbera avantageusement la chaleur du jour pour la dégager durant les soirées plus fraîches. Si le patio est attenant à un mur de brique foncé sur la maison et qu’il est entouré d’un muret ou clôture de couleur foncée ou de tout autre moyen de couper les vents, il sera possible d’en prolonger la période d’utilisation occasionnellement jusqu’en hiver et la neige y fondra beaucoup plus vite.

La galerie et le patio du côté sud d’une maison sont un endroit approprié pour des matériaux qui absorbent la chaleur comme la fibre de verre ou des pavés. En plein été, quand le soleil est haut dans le ciel, l’endroit peut être protégé par l’ombrage d’arbres ou d’un auvent afin de ne pas surchauffer mais, à l’automne et au printemps, alors que le trajet du soleil est plus bas, les matériaux absorberont avantageusement la chaleur du jour pour la dégager durant les soirées plus fraîches.

Si la galerie et le patio sont attenants à un mur de la maison et qu’ils sont entourés d’un muret ou clôture ou de tout autre moyen de couper les vents, il sera possible d’y créer un microclimat et d’en prolonger la période d’utilisation occasionnellement jusqu’en hiver et tôt à la fin de l’hiver.

Les matériaux massifs et foncés peuvent aussi être utilisés avantageusement sur les trottoirs et les entrées d’auto afin d’absorber la chaleur pour faire fondre la neige et la glace. L’effet sera d’autant plus marquant que la pente du terrain sera davantage orientée vers le sud. Il faudra toutefois éviter, en été, que les vents soufflent la chaleur dégagée vers la maison. D’un autre côté, en hiver, la neige reflète beaucoup de lumière et d’énergie à travers les fenêtres, surtout du côté sud, et elle contribue ainsi à l’éclairage intérieur, et il y a plus de clarté pour les fenêtres du côté nord en hiver que durant l’été à cause de cette réflexion.

En somme, l’aménagement paysager doit être adapté à deux contextes bien différents d’été et d’hiver. En hiver, on doit chercher à réfléchir le plus possible la lumière vers les bâtiments grâce à des couleurs pâles alors qu’en été on doit chercher à les empêcher d’atteindre ces mêmes bâtiments par divers moyens. Ces principes s’appliquent à tous les matériaux employés soit sur un plan horizontal comme une galerie, soit sur un plan vertical comme une clôture.

Les fenêtres du côté Nord ne reçoivent pas de lumière directe du soleil: on recommande donc de les entourer d’un aménagement qui leur en fournira par l’utilisation de couleurs claires et réfléchissantes.

En respectant ces principes, il devient possible d’utiliser divers éléments de l’aménagement pour modifier les influences externes. L’aménagement paysager constitue alors une première ligne de défense pour atténuer les effets des conditions climatiques sur les bâtiments. La réduction des effets climatiques extrêmes favorise une meilleure efficacité énergétique et diminue donc les aspects néfastes de la création et de l’utilisation des différentes formes d’énergie.

Il faut réduire les surfaces d’asphalte qui provoquent une surcharge au réseau d’égout pluvial. Les surfaces comme le gazon favorisent le ruissellement par voie de percolation et alimentent la nappe phréatique. Le résultat est la réduction des frais d’aménagement des infrastructures et plus d’attrait visuel.

 

  • Aménagement paysager pour une maison saine

L’agencement de l’aménagement du terrain avec un bâtiment est très important pour établir l’harmonie et l’intégration entre eux. L’image d’un immeuble peut être rehaussée par cette beauté et ce relief naturel. Dans une perspective écologique tant à grande qu’à petite échelle, il faut étudier les implications des décisions sur l’environnement construit et naturel. Pour une maison saine, l’aménagement paysager est notamment de grande importance pour atténuer les influences climatiques dans le but de réduire les besoins énergétiques en été comme en hiver.

Le naturel de la végétation, la variété de ses mouvements et de ses odeurs et ses transformations au cours des saisons ajoutent de la vie autour de la maison et adoucissent les matériaux durs et statiques utilisés pour la construction.

La galerie et le patio du côté sud d’une maison sont un endroit approprié pour des matériaux qui absorbent la chaleur comme la fibre de verre ou l’inter-bloc. En plein été, quand le soleil est haut dans le ciel, l’endroit peut être protégé par l’ombrage d’arbres ou d’une pergola afin de ne pas surchauffer mais, à l’automne et au printemps, alors que le trajet du soleil est plus bas, les matériaux absorberont avantageusement la chaleur du jour pour la dégager durant les soirées plus fraîches. Si la galerie et le patio sont attenants à un mur de la maison recouvert de pin séché non traité et qu’ils sont entourés d’un muret ou clôture ou de tout autre moyen de couper les vents, il sera possible d’y créer un microclimat et d’en prolonger la période d’utilisation occasionnellement jusqu’en hiver.

Parmi nos ressources naturelles, une des plus importantes est celle de l’eau potable. En été, alors même que la demande d’eau est à son plus fort, la quantité consacrée à l’arrosage des aménagements paysagers est énorme.

Afin de devenir plus responsable face à notre environnement et de conserver cette ressource importante, il faut remettre en question notre gestion de l’eau pour les espaces extérieurs qui sont souvent aménagés en fonction de considérations avant tout esthétiques. Un concept d’aménagement extérieur qui s’appelle « XÉRI » paysage a comme objectif d’éliminer l’arrosage ou du moins de le réduire au minimum.

Idéalement, les surfaces gazonnées devraient être éliminées ou réduites au minimum. Les patios, galeries et trottoirs ne nécessitent pas d’eau du tout et les substituts comme les couvre-sol ou les plantes vivaces sont moins exigeants.

Toute végétation devrait être constituée d’espèces indigènes. En étant bien adaptées au contexte climatique, elles sont moins fragiles et nécessitent moins d’eau et de renforcement par des produits chimiques.

Par leur feuillage, les arbres et autres végétaux procurent de l’ombre au sol et provoquent ainsi une diminution de l’évaporation d’eau. Autour des plantes, fleurs, légumes et fruits, on ne devrait jamais laisser la terre noire exposée à l’air parce que cela favorise l’évaporation de l’eau.

On devrait la recouvrir de paillis, de branches déchiquetées, d’écorces de bois ou de roches afin de mieux y retenir l’eau et la protéger d’un ensoleillement direct. Du même coup, on réduira la prolifération des mauvaises herbes et l’entretien requis pour s’en débarrasser.

Pour maximiser le bénéfice des eaux de pluie, on peut les collecter des gouttières dans des barils ou citernes en vue de l’arrosage du jardin.

Pour conserver un écosystème sain, il faut laisser la végétation jouer son rôle, lequel permet d’assurer le bien-être de l’environnement et des êtres vivants. Les plantes filtrent l’air de ses poussières et polluants, absorbent le dioxyde de carbone et dégagent de l’oxygène. Elles améliorent la composition du sol, accroissent sa capacité de retenir les éléments nutritifs et peuvent réduire son érosion. Elles permettent aussi de garder l’eau dans le sol en le protégeant de l’évaporation. Sur un autre plan, les plantes procurent nourriture et habitat pour plusieurs espèces d’animaux, dont certains comme les oiseaux peuvent contrôler les populations d’insectes nuisibles.

La végétation qui entoure la maison offre beaucoup de potentiel pour la rendre plus efficace énergétiquement. L’économie d’énergie qui en résulte diminue les dépenses du propriétaire et sur un plan plus global, réduit les problèmes environnementaux reliés à l’utilisation de l’énergie.

Lorsqu’il pleut, l’eau s’infiltre dans le sol et les racines du gazon et des plantes la pompent jusqu’à leur feuillage où, comme une transpiration, elle s’évapore dans l’air ambiant sous forme d’humidité. L’augmentation de l’humidité de l’air a pour effet d’abaisser sa température et la maison est ainsi entourée d’un tampon d’air plus frais, ce qui, en été, diminue les besoins de refroidissement mécanique.

Les arbres feuillus sont particulièrement efficaces pour protéger la maison contre le soleil ardent de l’été. Lorsqu’ils sont plantés du côté sud et sud-ouest et qu’ils atteignent de 30 à 40 pieds, ils peuvent lui fournir un ombrage rafraîchissant. En hiver, ils perdent leurs feuilles et permettent au soleil de réchauffer les pièces dotées d’une fenestration appropriée.

Les conifères sont utiles pour bloquer les vents froids d’hiver et les rediriger ou diminuer leur vitesse contre les murs de la maison. Si on peut créer une zone de protection autour de la maison, elle sera moins exposée aux conditions extrêmes qui refroidissent ses structures.

L’aménagement paysager constitue alors une première ligne de défense pour atténuer les effets des conditions climatiques sur la maison. La réduction des effets climatiques extrêmes favorise une meilleure efficacité énergétique et diminue donc les aspects néfastes de la création et de l’utilisation des différentes formes d’énergie.

L’aménagement paysager joue alors son rôle fondamental en constituant une force positive dans l’écosystème local et dans l’environnement global.

  • La végétation pour un environnement sain

L’être humain vit grâce à la nature et sur le plan psychologique, il a besoin de garder un lien avec cette force et l’importance de ce lien ne peut pas être négligée. A travers tous les changements que nous pouvons vivre, la nature procure une référence sécurisante et source de vie. Ses mouvements et ses transformations naturels nous gardent en contact avec la vie. La variété de ses formes et de ses couleurs adoucit les matériaux durs et statiques de nos constructions. Agréable par sa beauté, la nature a néanmoins bien d’autres qualités notamment dans le domaine de l’aménagement de la végétation.

L’étalement des villes élimine beaucoup de végétation et de terres agricoles pour les remplacer par de l’asphalte qui doit être drainée par de coûteux systèmes d’égouts. L’utilisation efficace et adéquate du sol doit être de première importance. En conservant la végétation existante ou en en plantant de la nouvelle, on peut essayer de compenser pour le déséquilibre écologique causé par les constructions. Il demeure difficile de compenser pour les écosystèmes que nous modifions, mais nous devrions toujours essayer de minimiser les effets néfastes à l’environnement naturel.

Pour conserver un écosystème sain, il faut laisser la végétation jouer son rôle, lequel permet d’assurer le bien-être de l’environnement et des êtres vivants. Les plantes filtrent l’air de ses poussières et polluants, absorbent le dioxyde de carbone et dégagent de l’oxygène. Elles améliorent la composition du sol, accroissent sa capacité de retenir les éléments nutritifs et peuvent réduire son érosion. Elles permettent aussi de garder l’eau dans le sol car leur ombrage réduit l’évaporation. Sur un autre plan, les plantes procurent nourriture et habitat pour plusieurs espèces d’animaux, dont certains comme les oiseaux peuvent contrôler les populations d’insectes nuisibles.

Pour les êtres humains, la végétation apporte beaucoup d’agréments. Cela est évident par sa beauté, sa variété, son mouvement, ses changements et ses odeurs. La verdure peut bloquer des vues moins intéressantes comme sur des rues ou des stationnements et protéger des regards des voisins. De plus, en absorbant les bruits, la végétation peut rendre les endroits plus intimes et paisibles.

La végétation qui entoure les bâtiments offre beaucoup de potentiel pour les rendre plus efficaces énergétiquement. L’économie d’énergie qui en résulte diminue les dépenses des propriétaires et sur un plan plus global, réduit les problèmes environnementaux reliés à l’utilisation de l’énergie.

Lorsqu’il pleut, l’eau s’infiltre dans le sol et les racines des plantes la pompent jusqu’à leur feuillage où, comme une transpiration, elle s’évapore dans l’air ambiant sous forme d’humidité. L’augmentation de l’humidité de l’air a pour effet d’abaisser sa température et les bâtiments entourés sont ainsi encerclés d’un tampon d’air plus frais, ce qui, en été, diminue les besoins de refroidissement mécanique. C’est pourquoi il est souhaitable d’entourer les bâtiments de végétation pour éviter la surchauffe due à l’ensoleillement et ainsi diminuer les écarts de température. Cela contribue aussi à réduire le réchauffement global dû aux systèmes mécaniques.

Mais pour tirer le maximum de bénéfice de cette végétation, il faut veiller à l’aménager de manière judicieuse. Les arbres feuillus sont particulièrement efficaces pour protéger les bâtiments contre le soleil ardent de l’été. Lorsqu’ils sont plantés du côté sud et sud-ouest et qu’ils atteignent de 30 à 40 pieds, ils peuvent leur fournir un ombrage rafraîchissant. En hiver, ils perdent leurs feuilles et permettent au soleil de réchauffer les bâtiments dotés d’une fenestration appropriée.

Les conifères sont utiles pour bloquer les vents froids d’hiver du nord-est et les rediriger ou diminuer leur vitesse contre les murs des bâtiments. Si on peut créer une zone de protection autour des bâtiments, ils sont moins exposés aux conditions extrêmes qui refroidissent les structures. Il faudra toutefois éviter de placer les conifères d’une manière qui bloquerait les vents rafraîchissants de l’été. Outre la végétation, d’autres facteurs tels les niveaux des terrains et l’emplacement des bâtiments avoisinants peuvent encore augmenter ou diminuer les effets des vents.

La garniture des murs des bâtiments par des plantes grimpantes leur procure un attrait particulier. Sur les murs sud et ouest, elles apportent de l’ombre aux revêtements et leur évaporation rafraîchit l’air. Leur présence sur des murs qui reçoivent peu de soleil peut toutefois causer des problèmes d’humidité. De plus, il faut veiller à choisir des variétés de plantes grimpantes qui n’endommageront pas les surfaces qui leur servent de support.

Tout en embellissant un lieu, la végétation peut servir à des fins plus utilitaires. Ainsi, elle peut facilement améliorer l’efficacité énergétique des bâtiments et, en jouant son rôle naturel, faire sa part pour garder l’écosystème en équilibre. Tout cela sera rendu possible si nous veillons à compenser tout empiètement sur l’environnement par une utilisation plus judicieuse de la végétation autour des bâtiments.

Certains arbres selon leur espèce et âge peuvent faire partie du patrimoine paysager du secteur et doivent être respectés. Pendant le chantier la végétation et la terre du site devront être protégées. Dans une perspective globale on devra planter au moins le même nombre d’arbres que ceux utilisés pour construire le bâtiment.

  • L’économie d’eau dans un aménagement paysagé sain

Parmi nos ressources naturelles, une des plus importantes est celle de l’eau potable. L’eau est essentielle à la vie et sans une eau de bonne qualité, on ne peut pas vivre en santé. Comme dans tant d’autres domaines, nous sommes privilégiés par les quantités énormes d’eau douce qui nous entourent. Cette abondance nous la fait prendre pour un fait acquis et nous empêche d’être sensibilisés à son gaspillage.

Mais la situation est en train de changer. Déjà, au cours de certaines périodes de l’été, des villes ont de la difficulté à s’approvisionner, à traiter et à distribuer une eau de bonne qualité en quantité suffisante. Alors même que la demande d’eau est à son plus fort, la quantité consacrée à l’arrosage des aménagements paysagers est énorme.

Nos décisions doivent incorporer une dimension de responsabilité environnementale pour nous assurer que notre impact sur l’environnement devienne le plus positif possible.

Un concept d’aménagement extérieur qui s’appelle « XÉRI » paysage a comme objectif d’éliminer l’arrosage ou du moins de le réduire au minimum. Généralement, le gazon est l’élément de nos parterres qui exige le plus d’entretien et d’eau. Des techniques permettent cependant de le rendre moins dépendant de l’humidité de surface. Il s’agit de le garder plus long et de favoriser un développement des racines en profondeur. Il existe des variétés de gazon plus appropriées qui nécessitent moins d’eau mais qui répondent moins bien à l’image à la mode d’un beau tapis vert vif et souple. Avec l’arrosage de surface, une bonne partie de l’eau est perdue par évaporation, mais il est maintenant possible de réduire cette perte grâce à un système d’irrigation souterrain.

En plus des grandes quantités d’eau requises pour garder sa vitalité et sa verdure, le gazon traditionnel doit souvent être soutenu par des produits synthétiques toxiques comme des pesticides, herbicides et engrais chimiques. Ces produits sont néfastes à l’environnement et leur fabrication nécessite de grandes quantités d’énergie. Idéalement, les surfaces gazonnées devraient être éliminées ou réduites au minimum. Les patios, galeries et trottoirs ne nécessitent pas d’eau du tout et les substituts comme les couvre-sol ou les plantes vivaces sont moins exigeants. Toute végétation devrait être constituée d’espèces indigènes. En étant bien adaptées au contexte climatique, elles sont moins fragiles et nécessitent moins d’eau et de renforcement par des produits chimiques. Qu’il s’agisse d’arbres, d’arbustes, de plantes grimpantes ou couvrantes, on devrait choisir des variétés végétales qui ont besoin d’un minimum d’eau.

Un autre moyen à privilégier, c’est d’améliorer la capacité du sol à retenir l’eau. On veut que le sol se draine rapidement en surface tout en retenant l’eau en profondeur. On peut atteindre cet objectif en l’aérant et en y augmentant les matières organiques.

Le drainage du sol est important parce qu’il est préférable que le terrain qui entoure les bâtiments soit relativement sec. Pour diminuer les infiltrations potentielles d’eau autour des fondations, une pente de 2 à 4% devra éloigner l’eau vers les endroits où elle est requise ou vers un bassin de rétention. Pour maximiser le bénéfice des eaux de pluie, on peut les collecter des gouttières dans des barils ou citernes en vue de l’arrosage du jardin.

Si des arbustes ou autres plantes sont plantés trop près des bâtiments et qu’il y a peu de circulation d’air ou s’il y a du paillis, les conditions peuvent favoriser la croissance de moisissures. Pour les personnes sensibles ou allergiques, ces moisissures peuvent être source d’irritations de sorte qu’il est conseillé de garder le terrain plus sec près des bâtiments.

Avec ces différentes stratégies, il est possible de maximiser l’utilisation des eaux de pluie et de minimiser les besoins d’arrosage. Il est possible de créer des aménagements plus résistants et durables qui nécessitent moins d’entretien. L’aménagement paysager joue alors son rôle fondamental en étant une force positive dans l’écosystème local et dans l’environnement global.

La récupération de l’eau de pluie et sa réutilisation deviennent de plus en plus répandues pour réduire les exigences sur des services. L’écoulement contrôlé des surfaces solides au sol et des toits aident à diminuer les demandes sur les infrastructures. La végétation est choisie pour sa résistance à la sécheresse parce ce que les plantes ne devront pas avoir besoin d’être arrosées.

 

 

 

  • Écologie

L’architecte doit se rendre le metteur en oeuvre de la nature.

Etienne-Louis Boullée

 

 


  • Maison écologique
    • Introduction à l’architecture écologique

L’être humain et ses gestes ont un impact sur l’environnement, particulièrement les projets de construction. Les conséquences écologiques devront être justifiées par des bienfaits du bâtiment dans l’avenir, par son utilité sociale, par sa valeur économique et par le plaisir esthétique qu’il apporte. Les préoccupations environnementales deviennent de plus en plus présentes en architecture. Beaucoup sont déjà très sensibilisés à toutes les questions de protection de l’environnement et d’utilisation intelligente des ressources naturelles et à plus forte raison les architectes. En effet, il est évident que toutes ces préoccupations, les recherches qu’elles suscitent et les valeurs qu’elles sous-tendent ont une forte influence sur leur travail. Il est donc judicieux d’étudier les nombreux aspects environnementaux considérés en architecture, soit dans toute forme de construction. En effet, qu’il s’agisse de décoration, rénovation, agrandissement ou nouvelle construction, les préoccupations environnementales doit être toujours présentes, à petite comme à grande échelle. Une maison saine est saine sur les plans micro à macro, à partir de l’environnement du terrain jusqu’à la planète. Une maison devra générer sa propre énergie et sa nourriture pour être plus autonome.

Les choix que nous faisons comme consommateurs, que ce soit pour des produits d’utilisation courante ou, à plus long terme, pour des matériaux et procédés de construction, ont des conséquences environnementales. Cependant, le prix que nous payons pour ces produits et matériaux est loin de tenir compte des frais occasionnés par la pollution et la perte des ressources naturelles. Dans notre société de consommation, la science nous apporte de belles solutions mais aussi et sournoisement tout un cortège de problèmes découlant d’un manque d’étude d’impacts. Après des années de progrès à tout prix, on se retrouve face à une réalité environnementale lamentable devenue difficile à corriger.

Il faut reconnaître l’effet de ce progrès en tant que menace à l’existence d’un espace humain. Les bénéfices recherchés à court terme entraînent des séquelles à long terme et le prix à payer pour rétablir un environnement humain idéal devient de plus en plus élevé et problématique. Il est primordial de concilier l’écologie et le progrès technologique et économique. En prenant conscience que toutes nos décisions ont des implications sur l’environnement et notre santé, nous avons déjà fait un pas vers des solutions.

L’écosystème est un milieu complexe d’éléments vivants qui évoluent en interaction constante. C’est un processus merveilleux qui permet la régénération de notre planète. Notre civilisation, par des influences technologiques, impose sur le milieu vivant des déséquilibres, des disharmonies. Les conséquences de nombreux actes humains entraînent l’extinction de différentes espèces végétales et animales, la diminution de la qualité de l’air et de l’eau, la diminution de la couche d’ozone, l’effet de serre et le réchauffement de la terre, l’appauvrissement et l’érosion du sol, la réduction du milieu agricole par l’étalement urbain, la consommation énergétique inefficace, l’accumulation de déchets toxiques et de la pollution visuelle et sonore.

Les progrès de notre civilisation ont généralement pour objectif l’amélioration de la qualité de vie du genre humain, mais ce but n’est pas toujours situé dans une perspective globale. A long terme, des abus et des erreurs dans l’utilisation de nos richesses naturelles altèrent notre écosystème et les répercussions ne tardent pas à se manifester chez l’être humain. Les maladies environnementales comme les maux de tête, la fatigue, les allergies, l’hyperactivité, l’asthme, l’hypersensibilité environnementale, le cancer, etc. sont des problèmes de santé de notre époque.

En tant qu’être humains responsables des actes posés nous devons reconnaître les limites de notre place dans l’écosystème et comprendre et respecter les règles de vie de cette unité écologique. Comme membres de la société, nous devons apporter une contribution positive et cela doit s’appliquer à l’égard de tout notre environnement. Mais, alors que des règles bien établies guident nos rapports sociaux, nos comportements envers notre milieu de vie ne sont pas toujours bien éclairés, compris et interprétés.

La technologie utilisée dans plusieurs domaines qui nous concernent tous de très près reste pour plusieurs obscure, inexpliquée, et incompréhensible. Il devient ainsi difficile d’être pleinement conscients des répercussions de nos décisions. Autrefois, les matériaux utilisés dans la vie quotidienne étaient simples et aisés à comprendre, mais aujourd’hui, nos choix vont vers l’utilisation de produits de plus en plus sophistiqués de produits chimiques; cela ne doit pas diminuer pour autant notre responsabilité envers l’équilibre de notre planète.

 

  • L’habitat idéal, un habitat écologique

A travers le temps, les cultures et les climats, l’habitat a toujours eu le même rôle de protéger les gens de leur environnement pour procurer la santé, confort et d’être une source de sécurité de leur être. Mais en plus de ces exigences physiques, on doit combler l’être dans sa totalité, il y avait des besoins moins tangibles à satisfaire. Parmi eux, nous retrouvons la socialisation, l’estime de soi et la réalisation de soi.

L’environnement de vie, c’est plus qu’un espace habitable. Les réalisations architecturales abritent des êtres biologiques et on doit se préoccuper en tout premier lieu de leur santé, de leur confort et de leur sécurité. Mais plus encore, le design des bâtiments doit atteindre un niveau de subtilité tel qu’il puisse tenir compte non seulement du bien-être physique de l’être humain mais aussi de ses dimensions psychologiques et sociologiques. Évidemment, notre environnement construit peut répondre facilement aux besoins physiques des utilisateurs mais une bonne architecture doit aller plus loin et fournir un contexte dans lequel la personne pourra s’épanouir.

Ce niveau de design est plus subtil et difficile à réussir. C’est exactement cette complexité qui devient le défi: réaliser un habitat qui réponde à l’ensemble des activités et attentes de la personne à tous les niveaux.

L’individualité de la personne, en plus de ses caractéristiques physiques, est une combinaison unique de particularités dans les sphères sociale, psychologique, philosophique, spirituelle, culturelle, artistique, éducationnelle et des expériences vécues. Ainsi, l’unicité et la richesse de chaque personne vient composer la diversité humaine. Cette diversité doit être cultivée pour que chaque personne puisse donner le meilleur d’elle-même. C’est une grande  responsabilité de fournir le contexte idéal pour que cela puisse se réaliser. Une maison devrait donc être un prolongement harmonieux de notre corps et un appui comportemental à notre vie par ses formes, volumes, proportions, dimensions, circulation, éclairage, couleurs, textures et odeurs. En utilisant tous ces facteurs, on peut peindre, de notre palette, une œuvre riche et profonde.

Tous les éléments doivent être réunis pour encourager et soutenir l’être dans son esprit et son âme dans la réalisation de son potentiel. En comprenant mieux qui est l’utilisateur, on précisera et définira les contextes culturel et environnemental et on sera ainsi mieux outillé pour répondre adéquatement  et équitablement à toutes les exigences tangibles et intangibles.

Par la qualité de l’environnement, dans ses aspects physiques et autres, on assure un meilleur  cadre de vie et en conséquence une meilleure qualité de vie.  Un habitat devrait être positif et contribuer à la santé physique et mentale de ses utilisateurs. Avec ce souci, ils s’y sentiront bien et y retrouveront la vitalité, l’énergie, l’exubérance, la joie et le bonheur.

En visant le bien-être des gens et de l’environnement, on pourra concevoir des espaces idéals où ils pourront jouir de la vie dans un contexte sain et agréable. Mais un tel design, tant pour la santé et le confort physique et psychologique des personnes que pour la qualité environnementale, malgré les nombreuses contraintes qu’il suppose, offre de très intéressantes opportunités. Voilà de nouveaux défis qu’il importe de relever à la fois individuellement et collectivement.

  • Maison
    • Une architecture respectueuse de la nature

Notre société est régie par un système social, économique et politique axé sur l’être humain, ses technologies et sa maîtrise de la nature. Le progrès est le moteur de notre développement, souvent aux dépens de l’état de l’écosystème qui est la base de la vie. En effet, la bonne marche de l’économie devient souvent, malheureusement, le seul critère de mesure de l’avancement de notre société. Notre perspective sur la vie est dominée par les préoccupations économiques et nos décisions reflètent exagérément cette valeur. Notre sphère économique n’est pourtant qu’un des multiples aspects qui doivent former un tout équilibré. La nature a bien trop souvent été sacrifiée pour des fins économiques.

Chez nos ancêtres, la vie quotidienne était en lien étroit avec la nature pour des fins agricoles de sorte que sa compréhension et son respect étaient plus évidents. Mais avec la réorientation de notre société actuelle vers les villes et la technologie, la complémentarité de l’homme et de la nature a été négligée. Le manque de perspective concernant les systèmes écologiques a fait en sorte que les orientations technologiques n’ont pas toujours été respectueuses de la réalité des processus naturels. Maître de la technologie, c’est l’homme qui, en fin de compte, valorise ses créations et par voie de conséquence, se valorise lui-même. Il gardera confiance dans sa façon de contrôler la nature jusqu’à ce que celle-ci lui joue un tour et lui démontre de nouveau sa puissance, une puissance qui exige le respect. Cette lutte n’est cependant pas sans conséquences néfastes pour certains éléments de l’environnement moins pourvus de moyens de défense et pour celui de l’homme.

Notre société, maintenant plus éveillée aux conséquences néfastes du progrès à tout prix, doit adopter une philosophie de développement durable. Cette approche équilibrée à comme but  d’améliorer les conditions de toute forme de vie. Malgré tous les avantages apportés par la technologie, il demeure que la qualité de l’environnement est l’élément qui a encore la plus grande influence sur la qualité de notre vie. Comme membre de l’écosystème, l’homme est en interdépendance avec l’ensemble environnemental. Le bien-être de son environnement assure son propre bien-être.

Dans la déclaration du sommet de Rio en 1992, ces grands principes sont exprimés comme suit. « Les êtres humains ont droit à une vie saine et productive en harmonie avec la nature… Le droit au développement doit tenir compte de l’environnement et des besoins des générations présentes et futures… La paix, le développement et la protection de l’environnement sont interdépendants et indissociables. »

Les solutions en design de l’architecture ancestrale ont évolué pour satisfaire les besoins des habitants par des moyens des plus simples. Avec les avances de la technologie, on a découvert d’autres moyens plus sophistiqués mais la rapidité de ces avances n’a pas laissé le temps d’analyser la meilleure utilisation de ces nouveaux moyens. Avec la technologie, l’architecture est souvent dissociée de l’environnement.

Pour être respectueux de la nature, on doit développer une architecture adaptée, spécifique à notre culture et à notre climat dans toutes les variations de ses cycles naturels quotidiens et saisonniers. Une maison saine est saine à petite et à grande échelle, soit de l’environnement immédiat d’intérieur et du terrain à celui de toute la planète, des utilisateurs à la collectivité.

L’air, l’eau et la terre sont des ressources qui, combinées avec le soleil qui fournit l’énergie, sont essentielles à tous les êtres vivants. C’est sur cette base vitale que se situe l’écosystème des végétaux et des animaux qui doit se maintenir en équilibre avec l’ensemble. L’Homme fait partie de cet ensemble et il ne doit pas s’imposer pour détruire les fragiles interdépendances de ses composantes.

Par son puissant intellect, l’être humain cherche à s’améliorer et à se dépasser, se distinguant ainsi des autres espèces vivantes partenaires du même environnement. Mais nous devons bien admettre, à regret, que la technologie a été utilisée sans discernement et nous avons développé une philosophie de domination de la nature, en toute liberté, perdant ainsi notre respect pour elle. Il faut donc atteindre un niveau de conscience encore plus élevé afin d’occuper notre place dans l’univers dans le respect de celle des autres au-delà de notre seule génération. Le respect de la nature est une forme ultime du respect de nous-mêmes et de nos enfants.

  • Une architecture intégrée à l’environnement

L’emplacement du terrain comprend  plusieurs considérations impliquant évidemment de contribuer à l’étalement urbain, lequel n’est pas souhaitable pour la destruction de la terre arable, le coût de l’expansion des infrastructures et des réseaux de services et la pollution associée avec le transport et particulièrement la dépendance et les déplacements accrus en automobile.

L’efficacité énergétique d’un bâtiment est un des aspects les plus évidents concernant les implications environnementales. Souvent les gens sont conscients du niveau des coûts de l’énergie mais il y a d’autres coûts écologiques associés avec l’utilisation excessive de l’énergie. La meilleure stratégie est de minimiser le besoin des sources d’énergie particulièrement non renouvelables qui doivent être fournies à un bâtiment.

En intégrant avec l’environnement, il est possible d’utiliser les processus naturels pour limiter les besoins d’énergie; le propriétaire, toute la société et l’environnement en bénéficieront. Les besoins de chauffage peuvent être grandement satisfaits par l’énergie solaire passive fournie par des gains directs d’ensoleillement en collaboration avec une enveloppe bien isolée et étanche. En même temps, on privilégie l’éclairage naturel.

L’été on doit favoriser le rafraîchissement naturel par la protection contre le soleil par des pare-soleil ou de la végétation qui fournit de l’ombrage. On peut aussi profiter de la ventilation naturelle par l’ouverture de fenêtres. L’aménagement paysager peut modifier le microclimat autour d’un bâtiment pour réduire sa consommation d’énergie.

Une autre ressource naturelle mérite notre attention, c’est l’eau. On doit se soucier de sa conservation et de son recyclage que ce soit dans l’aménagement paysager ou dans le bâtiment.

L’habitation de forme compacte, cubique, diminue la surface extérieure, renferme le maximum de volume intérieur tout en diminuant la quantité de matériaux utilisés et la perte de chaleur sur la périphérie. Tout compte fait, de grandes maisons nécessitent plus d’entretien, immobilisent un capital important et entraînent des taxes plus élevées.

Le design doit être fonctionnel dans la grandeur et l’agencement des espaces afin que la volumétrie de l’ensemble soit juste tout en répondant adéquatement et sans excès aux besoins. Il faut aussi planifier une flexibilité suffisante pour faciliter les modifications selon l’évolution de ces besoins.

Dans l’aménagement d’un bâtiment vert, les utilisateurs doivent aussi assumer leurs responsabilités et on doit encourager et faciliter les comportements favorables à l’environnement comme le recyclage, la récupération et le compostage. De plus, la conception devrait éviter d’encourager la consommation de produits.

Une maison doit être une source d’harmonie, avec l’environnement en général, son contexte physique, son terrain et avec ses habitants. Le design doit refléter les valeurs de la société pour respecter le bien-être de l’individu, de la collectivité et de l’environnement. Chaque décision doit être pesée en fonction de ses implications micro et macro environnementales dans le respect de la personne, de la collectivité et de la nature. C’est une question de valeurs environnementales de la société qui concerne nos activités humaines. C’est la responsabilité sociale et morale de faire en sorte que l’environnement bâti soit un facteur positif dans l’avènement d’un meilleur monde.

  • L’architecture face à l’environnement

Dans l’industrie de la construction, les décisions prises touchent de nombreuses  ressources comme la main-d’œuvre, les matériaux, l’énergie, l’eau, le sol, le temps et l’argent. Si les choix environnementaux sont adaptés, on aura une emphase sur la qualité.

Les objectifs sont que le bâtiment soit composé de moins de matériaux et de matériaux plus sains, qu’il consomme moins d’énergie, qu’il contienne plus d’attributs, qu’il soit plus fonctionnel, qu’il utilise le sol d’une manière plus écologique et qu’il soit plus adapté aux aspects sociaux.

Le bâtiment doit utiliser un minimum d’énergie et de ressources, particulièrement celles considérées non renouvelables, pour la construction, l’usage et l’entretien  et générer un minimum de polluants.

Le respect de l’environnement est la responsabilité de chaque individu, de la société mais le domaine de la construction offre de multiples occasions de relever ce défi, d’atteindre ce but.

Notre habitat doit être un refuge, un havre pour notre bien-être: il doit être sain non seulement pour les personnes qui y vivent mais aussi pour l’environnement global. Comme le corps humain, il est composé d’éléments de la terre, qui un jour, retourneront à la terre comme prévu par la nature dans les cycles de la vie.

La société a beaucoup évolué dans l’utilisation de l’énergie mais sans se préoccuper de sa conservation. Nous devons maintenant apprendre comment mieux utiliser l’énergie disponible tout en prenant  les moyens de la conserver. Il faut même penser à réduire nos besoins d’énergie en raison de ses effets néfastes sur l’environnement. En somme, l’architecture doit se renouveler afin d’être plus responsable face à l’environnement et à la société.

  • Aspects de construction d’une maison
    • Design

On doit chercher à répondre à des idéaux basés sur le passé, le présent et les souhaits pour l’avenir.

Les gens aiment la symétrie et privilégie l’ordre, la cohérence et la continuité.

Organiser les pièces de vie au soleil avec le sud sur la partie privée à l’arrière de la maison et avec accès au sol.

Les espaces sociaux comme la cuisine, la salle à manger et la salle familiale sont ouvertes entre eux mais il est important d’avoir des portes pour isoler les bruits des espaces privés afin d’éviter les conflits sonores.

La maison doit être facile à construire et vendable en termes de coût, d’esthétique et de fonctionnement.

Un lien fort devra exister avec la nature et toutes ses variations au cours de la journée et des saisons.

  • Structure

Elle peut avoir du contreventement diagonal au lieu de contreplaqué ou autres panneaux comme revêtement.

  • Mécanique

Le système géothermal avec une thermopompe peut être connecté avec une citerne d’eau collectée du toit. La citerne peut être dans la cour et doit avoir des filtres pour traiter l’eau potable.

La chaleur peut être récupérée de l’eau grise et de la sécheuse. L’eau grise peut être utilisée pour les toilettes.

Le compresseur pour le réfrigérateur devra être placé ailleurs à cause de la génération de bruit et de chaleur.

DC/AC éclairage.

  • Énergie solaire passive
    • Systèmes passifs

Dans la société où l’on vit, on a toujours mis l’accent sur le développement de la technologie. Des solutions aux problèmes seront trouvées par le progrès scientifique. Ces mêmes solutions engendreront quelquefois d’autres problèmes.

Les systèmes passifs retournent aux premiers principes, surtout au niveau du design. Les principes sont logiques et souvent inspirés par le bon sens que l’on trouve dans l’architecture indigène. Les aspects sont intégrés au bâtiment et en conséquence, moins faciles à identifier. Les systèmes passifs ne coûtent pas cher et sont fiables en raison de leur simplicité et requièrent un minimum d’équipement. La qualité d’un bâtiment est même augmentée par de tels aspects.

  • Définition

Le bâtiment doit satisfaire l’orientation, le stockage, le transfert et la conservation d’énergie par des moyens naturels de radiation, conduction et convection pour chauffage ou refroidissement selon les besoins au cours d’une année.

  • Orientation

L’élément essentiel sur lequel s’appuient les systèmes passifs est la compréhension que l’on a des positions différentes du soleil au cours de l’année. Pendant l’été, le soleil est haut dans le ciel et les jours sont longs, tandis que pendant l’hiver, les jours sont plus courts parce que le soleil se lève au sud-est et ne monte pas haut dans le ciel avant de se coucher au sud-ouest. Les positions les plus extrêmes sont aux solstices du 21 juin et du 21 décembre. Pour mieux analyser les possibilités ou problèmes dans l’utilisation de l’énergie solaire passive, il serait bon d’étudier comment le soleil frappe un bâtiment au cours de ces deux journées.

  • L’hiver : l’énergie solaire passive

L’arc décrit en hiver par le soleil, prédominant au sud, facilite le design d’un bâtiment qui permet l’entrée du soleil par les fenêtres au sud lorsque ses rayons entrent à l’intérieur en frappant les surfaces. Cette énergie est alors transformée en chaleur radiante qui est le chauffage. Même pendant les journées nuageuses, avec éclairage diffus, il y a encore assez d’énergie pour le chauffage.

Pour profiter au maximum de cette énergie solaire, au moins 75% de fenestration qui représente 10% de la superficie de plancher utilisable doit être aménagée du côté sud du bâtiment. Cette dernière peut être érigée jusqu’à 150 au sud-est ou au sud-ouest sans trop perdre d’efficacité. L’est sera préféré à l’ouest à cause d’un plus grand besoin de chaleur en matinée après le refroidissement des pièces pendant la nuit.

Ce système est évalué pour fournir approximativement 8% d’énergie aux bâtiments, mais peut être considérablement augmenté. Avec des fenêtres du côté sud, les rayons solaires vont frapper les surfaces intérieures du bâtiment sur lesquelles l’énergie est transformée en chaleur. Cette dernière va pénétrer le matériau selon sa capacité de stockage jusqu’à ce que l’air ambiant de la pièce soit plus bas que le matériau. Idéalement, la chaleur va être emmagasinée en quantité suffisante pour irradier la chaleur aux pièces pendant la nuit.

Quelques problèmes inhérents à ce genre de système doivent cependant être considérés. Quand, dans une pièce, les rayons du soleil tombent sur des meubles ou un tapis etc., des dommages peuvent leur être causés à long terme, comme le flétrissement des couleurs. Par ailleurs, ces matériaux n’ont pas une haute capacité de stockage de la chaleur, ce qui a pour conséquence de faire surchauffer la pièce. Il est important que les rayons solaires tombent sur des matériaux durs, denses et de couleurs foncées, pour mieux absorber et emmagasiner l’énergie. L’éblouissement créé dans une pièce par une forte quantité de lumière représente une autre difficulté.

  • L’été : rafraîchissement naturel

Pour garder un bâtiment frais pendant l’été, il est important d’éviter les entrées du soleil. L’arc décrit par le soleil en été est plus large qu’en hiver parce qu’il est plus fort à l’est et à l’ouest et plus haut dans le ciel. Le soleil frappe fortement les côtés est et ouest tôt le matin et en fin d’après-midi, conséquemment il est plus difficile de protéger en ombrage les fenêtres de ces murs, mieux vaut avoir un minimum sur ces deux faces.

  • Masse thermique
    • Fonctionnement

L’importance de la masse thermique est d’absorber la chaleur lorsqu’il y en a excès et la dégager si besoin il y a. Des matériaux lourds et denses qui peuvent retenir une grande d’énergie donnera la masse thermique à un édifice. La capacité d’absorption et de rétention de la chaleur d’un édifice augmente la capacité si les composantes de la structure sont de béton, l’intérieur est composé de blocs, de briques, de tuiles etc. Les fluctuations de la température intérieure seront ainsi plus lentes et plus uniformes.

Les matériaux peuvent être chauffés directement par les rayons solaires qui frappent ou indirectement par le transfert d’énergie que créera la différence de température entre l’air et la surface des matériaux.

La brique, à l’extérieur d’un bâtiment, n’augmente pas sa masse thermique à cause de l’isolation qui la sépare de l’espace intérieur. Pour être efficace pour la rétention de l’énergie, la brique doit être à l’intérieur de l’isolation (mur inversé).

  • Caractéristiques

Pour que les matériaux aient une grande capacité thermique, ils doivent être lourds, tels que : brique, béton, roche, terre, eau. Si les rayons du soleil les frappent directement, ils doivent être de couleur foncée pour une meilleure absorption.

  • Matériaux de stockage

Il peut être difficile d’avoir assez de masse thermique dans un bâtiment dans un bâtiment pour bien régler la température interne. En plus, si une structure est fabriquée de bois ou est de construction légère, les fluctuations de la température en réponse aux conditions externes, peuvent changer bien vite. Même pendant l’hiver, une pièce peut être surchauffée par le soleil si elle n’a pas la capacité d’absorber l’énergie. Il faut une masse thermique et un système de distribution d’air. Des bouts de gypse peuvent être cachés dans les vides des murs pour augmenter la masse thermique et réduire les déchets.

Les matériaux utilisés pour le stockage doivent satisfaire certaines exigences. Principalement, ils doivent avoir une chaleur spécifique, c’est-à-dire une capacité d’absorption de beaucoup de chaleur et absorber l’énergie rapidement. Aussi, doivent-ils être stables, inertes, non toxiques et de préférences faciles à trouver et peu coûteux. Si le matériel de stockage est le même que celui utilisé pour la rétention et la distribution de la chaleur, comme l’eau, l’efficacité du système sera augmentée. Selon le cas, il peut être avantageux qu’il ne prenne pas trop d’espace. Avec n’importe quel matériau, plus la quantité est grande plus la capacité de stockage aussi l’est. La capacité minimum nécessaire est l’équivalent de la chaleur consommée en une nuit.

  • Fenêtres

Les fenêtres jouent un grand rôle dans le contrôle de l’environnement intérieur. Pendant l’hiver, au côté sud, elles permettent l’entrée du soleil pour chauffer le bâtiment, mais pendant la nuit, elles sont l’élément le plus faible pour perdre la chaleur. Pendant l’été, aux côtés est et ouest, les fenêtres sont l’aspect le plus faible pour éviter l’entrée de la chaleur, mais leur ouverture pendant la nuit permettra de rafraîchir la maison.

Pour diminuer les pertes de chaleur par les fenêtres, il est important d’avoir une composition d’au moins deux épaisseurs de vitres (thermos) et même trois serait préférable. Le seul désavantage est au côté sud parce qu’avec chaque vitre, il y a une légère diminution de la transmission d’énergie.

Avec trois vitres, ça permettrait de garder l’humidité à un taux plus élevé dans le bâtiment sans qu’il y ait formation d’eau à la surface intérieure. L’angle de la fenêtre est une façon de faciliter ou de diminuer l’entrée de l’énergie du soleil. Si l’angle de la vitre est perpendiculaire à l’angle d’incidence des rayons, leur transmission à l’intérieur est optimale. Cette application sera idéale pour le côté sud. Cependant, si l’angle d’incidence est plus grand, la réflexion d’énergie augmente aussi. Ce concept peut être appliqué davantage aux fenêtres des côtés est et ouest. Le problème est qu’elles ne sont pas standard et leur application est plus coûteuse. Aussi, elles ne sont pas favorables aux types qui ouvrent.

Si les fenêtres des côtés est et ouest ne peuvent pas être protégées du soleil d’été par un pare-soleil ou placées à un certain angle, le type de vitre utilisé peut améliorer le rendement. La vitre réflective, d’absorption de chaleur ou teintée, diminue les gains de chaleur.

Une autre considération est la forme des fenêtres, pour une meilleure utilisation des éléments d’un bâtiment. Les fenêtres étroites et hautes donnent une meilleure distribution d’éclairage naturel mais perdent plus de chaleur que des fenêtres horizontales. Les fenêtres de forme verticale peuvent être améliorées si elles sont divisées dans des sections horizontales pour mélanger l’air qui refroidit en descendant la surface intérieure de la vitre. Les fenêtres battantes ferment plus près et permettent moins d’infiltration et de perte aux alentours (évidemment le type fixe est encore mieux). Les cadres des fenêtres permettent des pertes de chaleur non seulement par l’infiltration mais aussi par les conduis, particulièrement s’ils sont en aluminium; les cadres en bois sont les moins conductibles.

Même les rideaux peuvent jouer un rôle important dans la performance d’une fenêtre. Le rideau vénitien est le plus efficace de tous. Premièrement, il est ajustable pour contrôler l’éclairage général dans une pièce et peut éviter le problème d’éblouissement. De plus, les rayons du soleil peuvent être reflétés au plafond pour être absorbés. Pendant l’été, avec les rideaux fermés, les rayons sont reflétés à l’extérieur pour éviter le réchauffement du bâtiment. Ceux qui sont entre les vitres sont encore plus efficaces et le développement des rideaux vénitiens isolés les améliore encore plus.

Les rideaux ordinaires sont moins efficaces mais peuvent être améliorés par certaines considérations. Il est important qu’ils soient faits de matériaux lourds et denses et installés près de la surface de la vitre. Pour l’été, il est préférable d’avoir une doublure blanche pour refléter le soleil pendant le jour. Pour  mieux fonctionner comme isolant, une entre doublure améliorera son rendement. Si le rideau peut être attaché au cadre de la fenêtre avec un ruban velcro, ce sera encore plus efficace.

  • Pare-soleil

Pendant l’hiver, le soleil est plus au sud et nous voulons qu’il pénètre dans le bâtiment. Mais pendant l’été, nous voulons éviter la chaleur pour garder le bâtiment au frais. Du côté sud, les fenêtres sont facilement gardées dans l’ombre par des moyens réguliers tels des corniches. Des projections de deux à trois pieds protègent la plupart des fenêtres et une partie du mur de réchauffement par le soleil. Si un bâtiment a plusieurs étages, cette protection doit être construite au-dessus des fenêtres de chaque étage.

Pour le côté nord, les fenêtres n’ont pas besoin de protection et même, c’est préférable de façon à permettre plus d’éclairage naturel de pénétrer pendant l’hiver. Les côtés est et ouest posent des problèmes difficiles pendant l’été parce que le soleil est fort sur ces deux faces, surtout au début de la journée et en fin d’après-midi. À ces temps, le soleil est particulièrement fort et une corniche horizontale au-dessous n’est pas suffisante. Dans ce cas, la végétation est privilégiée en avant des fenêtres. Il y a deux types fondamentaux de pare-soleil, l’horizontal et le vertical, et ils peuvent être fixes ou ajustables. Il est important que le pare-soleil ne bloque pas la vue et qu’il soit de couleur et de texture réflective. Si le type horizontal est ouvert, la chaleur qui monte à la surface du mur n’est pas bloquée pour entrer ensuite par les fenêtres.

  • Serre/Solarium
    • L’hiver
    • Fonctionnement

La serre est une combinaison des systèmes directs et du mur de stockage thermique, systèmes expliqués précédemment. Les matériaux de la serre, ainsi que le mur arrière, absorbent la chaleur du soleil qui les frappe du côté sud. Cette chaleur peut être transmise au bâtiment par des fenêtres ou ouvertures donnant sur des pièces avoisinantes. Lorsque l’air devient chaud et moins dense et qu’il monte à la hauteur du plafond, il peut être tiré par un ventilateur pour être distribué aux pièces adjacentes ou être emmagasiné ailleurs dans le bâtiment. L’air froid du bâtiment plus dense et plus lourd, peut être aspiré dans la serre pour remplacer l’air chaud qui part.

  • Caractéristiques

Une serre possède beaucoup de matériaux denses qui permettent une grande masse thermique pour le stockage de l’énergie. À cet endroit, il n’y a pas d’objet pouvant être endommagé par les rayons du soleil. L’éblouissement et même les fluctuations de température ne sont pas importants parce que ce n’est pas un espace utilisé continuellement par les gens.

C’est un endroit privilégié non seulement pour la croissance de nourriture (peut même permettre autosuffisance), mais aussi pour la culture des plantes et des fleurs, tout ce qui tolère les changements de température. L’air ambiant d’une serre étant toujours plus humide constitue un avantage pour le reste du bâtiment pendant l’hiver, alors que l’air y est beaucoup plus sec.

En plus d’être sain, l’air humide donne une sensation de confort et de chaleur à des températures plus basses. Il y a aussi avantage à utiliser la serre pour le séchage des vêtements et comme zone tampon pour la protection d’une partie du bâtiment. La serre donne l’avantage d’un autre espace habitable qui peut être facilement utilisé pour adapter aux bâtiments existants et en plus augmenter la valeur d’un immeuble.

  • Difficultés

Il y a certes un problème d’isolation comme avec les murs de stockage thermique, en raison de ses vitres. On peut pallier une perte de chaleur en couvrant ces vitres de panneaux isolants durant la nuit. Contrairement au mur de stockage thermique, la différence de température entre les vitres et les matériaux de stockage est moins élevée; il est donc plus difficile d’y créer un circuit de convection d’air avec les pièces du bâtiment sans l’aide d’un ventilateur. La serre est aussi caractérisée par la présence d’insectes qui peuvent se retrouver aussi ailleurs dans les pièces attenantes.

  • L’été : rafraîchissement naturel
  • Fonctionnement

Pendant l’été la serre peut être ouverte pour laisser l’air chaud s’échapper et elle crée un espace tampon pour une partie de superficie du mur du bâtiment.

  • Couleur et matériaux

La combinaison des matériaux et le choix des couleurs aident au contrôle de l’environnement intérieur. Pour le côté sud, on veut des matériaux denses et lourds avec un fini rude et foncé.

Pour les côtés est et ouest, on veut des couleurs réflectives sur des matériaux denses, unis et avantageux, s’ils sont lourds. Si la couleur est foncée, il est nécessaire d’avoir des matériaux lourds, pour éviter la surchauffe.

La couleur ou le matériel pour le côté nord est sans importance pour l’extérieur, mais à cause du faible éclairage naturel qui entre dans les pièces de ce côté, il est préférable que les couleurs intérieures soient pâles pour la réflexion du peu d’éclairage existant.

  • Matériaux au sol

Sur la surface du terrain, les matériaux peuvent être considérés en relation et en fonction énergétique du bâtiment.

Pendant l’été, l’herbe est un bon modificateur de température. L’eau est aussi très bonne mais une attention doit être portée afin qu’il n’y ait pas réflexion du soleil dans l’eau envers le bâtiment et que l’effet soit contraire. Les matériaux denses ne sont pas bons pour l’été parce qu’ils absorbent beaucoup de chaleur, laquelle réchauffe l’air du site. Mais s’il y a des matériaux denses, c’est important qu’ils soient gardés dans l’ombre, sinon ils doivent être réflectifs en couleur, être lourds et avoir un fini uni. Si l’énergie est reflétée à l’envers, les plantes, les clôtures etc., peuvent être placées pour la bloquer. Particulièrement, si la couleur est foncée, c’est important que le matériel soit épais et lourd de façon à éviter la surchauffe de l’air au-dessous qui pourrait entrer dans le bâtiment pendant le jour.

Pour l’automne et le printemps, les espaces communs comme un patio, une galerie, peuvent être utilisés plus longtemps s’ils satisfont certains besoins. En premier, l’espace doit être du côté sud des matériaux lourds et foncés pour l’absorption de la chaleur pendant le jour pour être utilisé davantage en fin d’après-midi et tôt en soirée.

Pendant l’hiver, si le matériel pour les trottoirs et l’entrée est de couleur foncée, il peut absorber la chaleur pour fondre la neige ou la glace. La neige peut réfléchir la lumière et servir comme isolant.

Si le bâtiment est placé sur une pente sud, il peut profiter de la chaleur qui monte pendant le jour.

  • Végétation

La végétation aux alentours d’un bâtiment est bien importante pour garder la fraîcheur pendant l’été. Premièrement, les arbres peuvent mettre le bâtiment dans l’ombre pour éviter qu’il se réchauffe, mais aussi les arbres et toute autre végétation peuvent changer le temps du microclimat aux alentours.

La végétation fait l’absorption de la chaleur qui fait l’évaporation de leur humidité; cette transpiration fait baisser la température ambiante des alentours. S’il y a beaucoup d’arbres, de plantes et d’herbe autour du bâtiment, l’air sera plus frais. Beaucoup de végétation entre le bâtiment et les vents dominants de l’été, garderont le bâtiment encore plus frais. Les plantes grimpantes sur les murs, peuvent aider au contrôle de température mais la sélection et l’utilisation doivent être étudiées pour s’assurer des résultats sur le bâtiment. En plus de leur transpiration, elles font la filtration de la poussière dans l’air, et l’absorption de l’acoustique.

  • Vents

Les vents sont utiles l’été mais mauvais pendant l’hiver. Leurs effets peuvent augmenter ou diminuer selon la direction, la végétation, le niveau du terrain (monticules), d’autres bâtiments ou configuration du bâtiment.

Pendant l’été, un des facteurs de climatisation d’un bâtiment est le vent qui circule à travers le bâtiment. Avec l’augmentation des vents autour de la végétation, le taux d’évaporation augmente et a un effet de refroidissement. Les arbres, la végétation et la structure, peuvent diriger les vents pour la circulation dans les espaces internes. À l’intérieur, pour faciliter la circulation de l’air, l’aménagement doit être ouvert. Un point important à souligner est que pour encourager l’entrée et la sortie de l’air, les fenêtres du côté des vents (pression positive) doivent être ouvertes moins que celles du côté de la pression négative qui aidera à tirer l’air du bâtiment.

L’hiver nous voulons réduire les pertes de chaleur d’un bâtiment et le vent est un des contributeurs majeur de fuite et d’infiltration de l’air. Cette influence peut être diminuée par son ralentissement ou son blocage. Chaque bâtiment a une couche d’air en surface qui aide à l’isolation. Si le vent frappe fort une face, la couche est diminuée et son effet d’isolation est petit. Si le fini du matériau d’un édifice est rude, la couche d’air sera mieux protégée. Un autre aspect important est d’avoir des espaces (tampon) comme à l’entrée ou au garage, attachés au bâtiment pour éviter l’exposition des murs isolés au vent. Pendant l’hiver, les conifères sont les arbres les plus utiles.

Quand les vents sont ralentis ou leur direction changée radicalement la neige s’accumule aussi en avant et en arrière des constructions. Les terrains clôturer ou enfermer par des arbres denses comme les conifères attrapent la neige. Quand les vélocités du vent augmentent ou s’il y a turbulence de la neige les vents peuvent déneiger un lieu.

  • Conclusion

Nous sommes à une époque où le prix de l’énergie nous force à reconsidérer son utilisation. Même si le prix n’était pas élevé, il y aurait quand même gaspillage des ressources non renouvelables. Maintenant, la situation nous offre une opportunité de nous mieux orienter vers une meilleure rationalisation de nos ressources. L’énergie solaire passive est un moyen qui va jouer un rôle important dans la diminution de notre dépendance de notre société face aux énergies traditionnelles. C’est une nouvelle façon de penser surtout architecture comme un élément lié au climat et à l’environnement, pour fonctionner en harmonie avec la nature. En architecture, nous avons des connaissances et des techniques nous permettant d’utiliser nos ressources d’une façon efficace. L’énergie solaire passive est de notre temps, sa valeur augmente avec l’avenir.

 

 

 

  • Forme et volume

La forme et le volume du bâtiment sont également importants pour le rendement énergétique. L’hiver, on désire capter le maximum d’énergie solaire et en perdre le minimum pendant l’été. Pour se faire, la forme idéale est un carré éloigné de l’axe est-ouest. Idéalement pour le volume, on désire minimiser la superficie de l’enveloppe du bâtiment pour la maximisation du volume entouré.

Un bâtiment de deux étages est plus efficace puisque la chaleur monte et qu’avec un minimum de superficie au toit, on perd moins d’énergie. C’est aussi un avantage pendant l’été, quand le soleil frappe fortement le toit, puisque moins de chaleur pénètre dans le bâtiment.

Une forme simple est importante pour réduire la superficie de l’enveloppe parce que si elle est sculpturale, il y a plus de surfaces par lesquelles il y a perte d’énergie.

Il est préférable de faire le relief de la forme avec des espaces tampons qui ne seront pas isolés tels un garage, une entrée, un entrepôt, des galeries, des balcons etc. Ces espaces sont également de bonnes mesures de conservation pour réduire les fuites d’air et protéger les murs des températures extrêmes.

L’arrangement des espaces intérieurs est un aspect qui implique une demande d’énergie. Il est important au début de n’avoir pas plus grand que nécessaire et les fonctions de chaque pièce doivent être optimisées.

Il est aussi préférable de regrouper les pièces en fonction de leurs besoins similaires en chauffage et en éclairage. Le côté est, est bon pour les chambres à coucher à cause de l’éclairage le matin et aussi à l’été, elles sont moins chaudes pendant la nuit. Les espaces communales comme le vivoir et la cuisine peuvent être situés du côté sud pour être bien éclairés et chauffés pendant le jour et les espaces qu’en ont moins besoin comme les entrepôts et les couloirs, peuvent être situés au nord. Les espaces intérieurs à aire ouverte comme les murs à pleine hauteur et en particulier dans la direction nord-sud, facilite la circulation d’air pour garder un équilibre de température, et permettre la diffusion de l’éclairage naturel, tout en donnant une impression des espaces plus vastes.

  • La forme en architecture

Une des plus grandes décisions à prendre lors de la conception d’un bâtiment, c’est de décider de sa forme. En effet, la forme d’un bâtiment a une grande influence sur son utilisation des ressources lors de la construction et sur sa performance énergétique tout au long de sa vie.

La taille et la forme d’un bâtiment exercent une influence directe sur l’exigence de chauffage. Plus il y a de surfaces extérieures exposées au froid plus il y a de pertes de chaleur. Pour garder une température intérieure confortable tout en minimisant le chauffage ou la climatisation, on doit avoir une enveloppe de bâtiment qui résiste aux températures extrêmes de l’hiver comme de l’été. En raison de notre climat nordique, on insistera évidemment sur les conditions hivernales.

L’objectif est d’obtenir un minimum de surface extérieure pour enfermer un maximum de superficie de plancher et de volume intérieur. En fait, la perte de chaleur d’un bâtiment est proportionnelle à la superficie de son enveloppe externe, et inversement proportionnelle à la résistance thermique et à l’étanchéité de cette enveloppe.

Un bâtiment de forme compacte, cubique, diminue la surface extérieure et renferme le maximum de volume intérieur tout en diminuant la quantité de matériaux utilisés et la perte de chaleur sur la périphérie. Il faut réduire au minimum les projections sauf pour des espaces non isolés. Dans la mesure du  possible, on devrait aussi partager des murs avec le concept de jumelés juxtaposés ou superposés pour limiter la quantité de murs extérieurs exposés aux intempéries.

Plus un bâtiment est étendu et plus sa forme compliquée et irrégulière, plus il y a de surface exposée par rapport à son aire habitable. Pour la même superficie, un bâtiment en « U » ou en « L » aura plus de surface extérieure exposée qu’un bâtiment rectangulaire ou de forme plus carrée. Plus un bâtiment est grand, plus est faible son coefficient de surface par rapport au volume.

Si en plus d’être carré en plan, un bâtiment est cubique en hauteur, il requiert moins de toit. Comme l’air chaud monte au plafond sous le toit, en diminuant la grandeur du plafond supérieur, on en perdra moins en hiver. Théoriquement, la forme la plus efficace serait la sphère mais à cause du format rectiligne des matériaux de construction et la complexité de design des formes circulaires, il est plus pratique et moins dispendieux de construire des masses cubiques.

Les espaces doivent être d’une grandeur juste suffisante pour les besoins à satisfaire. Si on construit trop grand, plus de matériaux et de main d’œuvre seront nécessaires lors de la réalisation, plus d’entretien et d’énergie pour le chauffage et l’éclairage seront également requis lors de l’utilisation. De plus, de grandes maisons immobilisent un capital important et entraînent des taxes plus élevées. Il en résulte un gaspillage en ressources matérielles, énergétiques, financières et humaines.

En éliminant les projections et les reliefs, on obtiendra une forme plus compacte qui permettra de réduire la quantité de murs extérieurs, de matériaux et de main-d’œuvre et conséquemment son coût. Ainsi, en minimisant la surface extérieure du bâtiment qui est exposée aux éléments et au froid, on réduit la quantité de chauffage et l’entretien de l’enveloppe, ce qui, à long terme, peut s’avérer très appréciable. Évidemment, on ne devra pas construire un bâtiment plus grand qu’il n’est nécessaire mais on créera plutôt des espaces seulement de la grandeur requise pour répondre aux besoins en optimisant leurs fonctions.

En ce qui concerne le design intérieur, l’aménagement ouvert facilite la circulation d’air par ventilation naturelle, la diffusion d’éclairage et, psychologiquement, donne un effet de grandeur. Idéalement, on devrait regrouper les espaces qui ont les mêmes exigences de chauffage et d’éclairage naturel. Les espaces de services, tels buanderie, entrées et couloirs, rangements, dépôts et garde-robes peuvent être situés du côté nord d’un bâtiment ou sur un mur extérieur parce qu’ils ne nécessitent pas d’ensoleillement et qu’ils tolèrent les fluctuations de température.

Le design doit être fonctionnel dans la grandeur et l’agencement des espaces afin que la volumétrie de l’ensemble soit juste tout en répondant adéquatement et sans excès aux besoins.

Le choix de la forme d’un bâtiment est donc une décision cruciale qui a des répercussions sur plusieurs plans. Le choix éclairé d’une forme appropriée entraînera de nombreux bénéfices alors que le choix mal avisé d’une forme insolite ou extravagante pourra s’accompagner de tout un lot de problèmes.

  • Efficacité comparative des formes
  • Rectangulaire plat

Superficie du plancher : 40’ X 160’ = 6 400 p²

Superficie de l’assise et du toit : 40’ X 160’ = 6 400 p²

Volume: 6 400 p² X 10’ = 64 000 p³

Périmètre de la fondation : 40’+ 160’+ 40’+ 160’ = 400 p

Superficie des murs extérieurs: 400’ X10’ = 4 000 p²

Superficie de l’enveloppe : 4 000p² + 6 400p² = 10 400 p²

Ratio  du volume/ enveloppe: 1 : 0.163

  • Carré plat

Superficie du plancher : 80’ X 80’ = 6 400 p²

Superficie de l’assise et du toit : 80’ X 80’ = 6 400 p²

Volume: 6 400 pc X 10’ = 64 000 p³

Périmètre de la fondation : 80’+ 80’+ 80’+ 80’ = 320 p

Superficie des murs extérieurs: 320’ X10’ = 3200 p²

Superficie de l’enveloppe : 3200p² + 6 400p² = 9 600 p²

Ratio du volume/ enveloppe: 1 : 0.15

  • Carré élevé étalé

Superficie du plancher : 56.568’ X 56.568’ = 3 200p² X 2 = 6 400 p²

Superficie de l’assise et du toit : 56.57’ X 56.57’ = 3 200p²

Volume: 3 200p² X 20’ = 64 000p³

Périmètre de la fondation : 56.568’+ 56.568’+ 56.568’+ 56.568’= 226.27 p

Superficie des murs extérieurs: 226.27’ X 20’ = 4 525 p²

Superficie de l’enveloppe : 4 525 p² + 3 200 p²= 7 725p²

Ratio du volume/ enveloppe : 1 : 0.12

  • Carré élevé compact (non illustré)

Superficie du plancher : 46.18’ X 46.18’ = 2 132.6 p² X 3 = 6 400 p²

Superficie de l’assise et du toit : 46.18’ X 46.18’ = 2 132.6 p²

Volume: 2 132.6p² X 30’ = 64 000 p³

Périmètre de la fondation : 46.18’+ 46.18’+ 46.18’+ 46.18’= 184 p

Superficie des murs extérieurs: 184’ X 30’ = 5 541.6 p²

Superficie de l’enveloppe : 5 541.6p² + 2 132.6p²= 7 674.6p²

Ratio du volume/ enveloppe : 1 : 0.119

  • Cubique

Superficie du plancher : 40’ X 40’ = 1 600 p² x 4 = 6 400 p²

Superficie de l’assise et du toit : 40’ X 40’ = 1 600 p²

Volume: 1 600 pc X 40’ = 64 000 p³

Périmètre de la fondation: 40’+ 40’+ 40’+ 40’ = 160 p

Superficie des murs extérieurs: 160’ X40’ = 6 400 p²

Superficie de l’enveloppe : 6 400p² + 1 600p² = 8 000 p²

  • Ratio du volume/ enveloppe : 1 : 0.125
  • Isolation et étanchéité, un meilleur rendement thermique

Auparavant, quand l’énergie ne coûtait pas très cher, il n’y avait pas de motivation ni de moyen technique efficace pour bien isoler un bâtiment. Maintenant que les coûts de l’énergie sont beaucoup plus élevés, il est nécessaire de lui assurer une meilleure résistance thermique que l’on obtient en augmentant la quantité d’isolant et l’étanchéité de l’enveloppe extérieure. Toutes les surfaces doivent être isolées : le toit, les murs, les fondations et même le plancher du sous-sol. Par exemple, le rendement thermique devra être R50-55 pour les murs, R74 pour le toit, R20 pour la dalle du sous-sol et R17 pour les fenêtres (pour RSI, multiplier R X 0.177744).

Traditionnellement, dans la construction des charpentes, on place l’isolant entre les montants verticaux des murs. Le bois possède une certaine résistance thermique, mais elle est moindre que celle de l’isolant. Il crée un lien direct entre l’intérieur et l’extérieur et sans séparation par un isolant, il suscite une perte de chaleur qui devient importante pour l’ensemble d’un bâtiment. Ce phénomène est appelé « pont thermique » et dans la nouvelle stratégie d’efficacité énergétique de l’enveloppe d’un bâtiment, on doit les éliminer. Normalement, cette élimination des ponts thermiques se fait en plaçant un isolant sur toutes les parois extérieures comme si on recouvrait tout le bâtiment d’une grande couverture de laine.

Il existe maintenant toute une gamme d’isolants incluant des types extrêmement efficaces malgré leur épaisseur et selon l’utilisation voulue. La diversité et la performance des isolants actuels nous permettent de nous préoccuper de certains détails comme les solives de rive et le tour des ouvertures où l’on trouve parfois moins d’isolant ou une infiltration d’air.

Parfois, le fabricant décrit son produit comme étant écologique, à cause des économies d’énergie à réaliser. Tout isolant approprié et bien installé va apporter un meilleur rendement, mais il faut le choisir selon certains critères, incluant le prix. Aussi, même s’ils sont très performants, leur composition peut être très nocive et poser de graves risques d’émanations toxiques lors d’un feu. On peut se dire que l’isolant ne peut pas polluer l’air intérieur à cause du pare vapeur, toutefois, dans une perspective globale il est préférable de toujours utiliser les produits les plus sains.

L’enveloppe du bâtiment doit aussi être étanche afin d’empêcher les infiltrations ou exfiltrations d’air et d’humidité. Depuis longtemps, un pare vapeur est installé près de la surface intérieure des murs extérieurs pour empêcher la chaleur et la vapeur d’eau intérieure de s’y infiltrer. Étant plus froide, la charpente de bois provoque alors une condensation qui mouille l’isolant et le rend moins efficace, ce qui à la longue peut aussi faire pourrir le bois.

Plus récemment, on a adopté l’utilisation d’une pellicule sous la surface extérieure des murs qui agit comme pare-air. Il permet de réduire les infiltrations d’air, d’équilibrer les pressions d’air et de rendre le bâtiment plus hermétique. Les joints de cette membrane sont recouverts de ruban pour assurer son étanchéité aux mouvements d’air mais non à la diffusion de l’humidité. Ce ruban permet de ne pas emprisonner à l’intérieur des murs l’humidité qui veut s’échapper vers l’extérieur.

Le choix des portes et des fenêtres doit être judicieux parce qu’elles posent les plus grandes faiblesses thermiques de l’enveloppe du bâtiment. Les portes en acier isolées donnent un rendement acceptable et combiné avec le cadre procurent une bonne étanchéité. On doit surveiller leur usure afin de maintenir leur bonne performance.

La technologie des fenêtres a fait de grands pas en avant vers l’efficacité énergétique avec des vitrages doubles ou triples, des films réfléchissants et des gaz comme l’argon entre les vitres. La grande faiblesse des fenêtres demeure le cadre. Il y a différents intercalaires des plus performants pour séparer les vitres, mais la structure est peu performante. Traditionnellement le bois résiste mieux que d’autres matériaux au transfert thermique. Par contre, les gens n’aiment pas son entretien. Les fenêtres en PVC ou en aluminium, même avec une coupe-brise, ne sont pas très performantes. La meilleure solution demeure encore une fenêtre en bois recouvert. Quand on considère les dépenses dues à des pertes de chaleur durant une saison froide et qu’on les multiplie par la durée de vie d’un bâtiment, on constate rapidement que les dépenses énergétiques deviennent très importantes. En plus des dépenses monétaires, on doit aussi considérer toutes les implications environnementales néfastes liées à la production et à l’utilisation de l’énergie. Nos choix doivent donc toujours être faits dans une perspective à long terme.

  • Conservation

La protection de l’enveloppe (les surfaces extérieures) d’un bâtiment contre les températures basses et hautes est extrêmement importante pour maximiser son rendement énergétique et mieux contrôler son environnement intérieur. Il est important que le bâtiment soit bien isolé en minimisant, pendant l’hiver, les pertes de chaleur et l’entrée d’air froid par les interstices autour des fenêtres, des portes, etc. Durant l’été, la chaleur extérieure doit être bloquée pour garder l’intérieur frais. L’efficacité énergétique

La société a beaucoup évolué dans l’utilisation de l’énergie mais sans se préoccuper de sa conservation. Nous devons maintenant apprendre comment mieux utiliser l’énergie disponible tout en prenant les moyens de la conserver. Il faut même penser à réduire nos besoins d’énergie afin de minimiser les conséquences néfastes sur l’environnement.

L’efficacité énergétique d’un bâtiment est un des aspects les plus évidents concernant les implications environnementales. Souvent les gens sont conscients du niveau des coûts de l’énergie mais il y a d’autres coûts écologiques associés avec l’utilisation excessive de l’énergie. La meilleure stratégie est de minimiser le besoin des sources d’énergie particulièrement non renouvelables qui doivent être fournies à un bâtiment.

Depuis l’augmentation du prix du pétrole dans les années ’70, on se préoccupe bien davantage du coût de l’énergie et de son utilisation plus efficace. Mais notre société emploie de plus en plus d’appareils qui consomment de l’énergie. Ainsi s’accroissent notre dépendance et notre vulnérabilité lors de panne électrique. Face à une demande croissante, la production et l’utilisation accrues de l’énergie a des conséquences environnementales. Certains effets sont dévastateurs: la pollution comme les pluies acides et les changements climatiques engendrés à la suite du réchauffement de la terre par l’effet de serre et la diminution de la couche d’ozone.

L’industrie de la construction présente beaucoup d’opportunité pour mieux utiliser l’énergie. Il est possible de réduire l’énergie utilisée pour fabriquer et transporter les matériaux et l’ameublement ainsi que pour construire les bâtiments. Il est aussi possible de concevoir les bâtiments pour réduire l’énergie requise pour leur utilisation et leur fonctionnement.

En intégrant les bâtiments avec l’environnement, il est possible d’utiliser les processus naturels pour limiter les besoins d’énergie; le propriétaire, toute la société et l’environnement en bénéficieront. Les besoins de chauffage peuvent être grandement satisfaits par l’énergie solaire passive fournie par des gains directs d’ensoleillement avec l’aide d’une enveloppe bien isolée et étanche. Du même coup, on privilégie l’éclairage naturel.

L’été, on doit favoriser le rafraîchissement naturel par la protection contre le soleil par des pare-soleil ou de la végétation qui fournit de l’ombrage. On peut aussi profiter de la ventilation naturelle par l’ouverture de fenêtres. L’aménagement paysager peut modifier le microclimat autour d’un bâtiment pour réduire sa consommation d’énergie.

Le niveau d’énergie utilisée pour l’éclairage, les appareils électroménagers, le chauffe-eau et le chauffage se répercute directement sur notre facture de consommation. Si la maison n’utilise pas l’énergie efficacement, on doit cumuler le gaspillage sur toute sa durée de vie et les implications à long terme deviennent très grandes.

On devrait limiter le nombre d’appareils qui utilisent de l’énergie et lorsque nécessaire choisir ceux qui l’utilisent le mieux. Présentement, il y a beaucoup de produits qui utilisent l’énergie d’une manière de plus en plus efficace.  L’éclairage naturel est à privilégier mais il y a aussi de l’éclairage artificiel très performant. En utilisant moins et mieux l’eau chaude, on économise deux ressources, l’eau et l’énergie. On peut aussi réduire les besoins en chauffage grâce à des bâtiments mieux isolés et étanches et à des systèmes de chauffage très efficaces. En réduisant notre consommation d’électricité surtout en heure de pointe, on réduira le nombre des installations requises pour la générer.

Évidemment, on peut investir beaucoup d’argent dans des approches et des équipements. Il faut agir avec discernement et éviter de remplacer prématurément une ressource naturelle par une autre sans obtenir de gains réels. Dans nos choix, il faut viser une rentabilité globale et à long terme et ne pas nous décourager même si le retour sur l’investissement prend plusieurs années. Dans toutes nos décisions nous ne devrions jamais négliger les considérations environnementales. C’est toute la société qui en ressortira gagnante.

Ainsi un immeuble d’appartements peut être très efficace car il y a des murs et des planchers/plafonds mitoyens qui ne perdent pas de chaleur. Une maison en rangée a un mur mitoyen de plus que les maisons unifamiliales.

L’énergie de fonctionnement pour toute la durée de 40 ans d’un bâtiment est de 86% de l’ensemble tandis que l’énergie intrinsèque représente environ 14%. L’énergie de construction et de démolition est négligeable.

  • Souterrain

Les bâtiments qui sont construits dans un souterrain ou partiellement dans un souterrain, ont des avantages de conservation d’énergie. Le sol sert comme isolant additionnel parce que la température de la terre est relativement constante, les murs de l’édifice ne sont pas sujets à de grosses fluctuations température. Même la température du sol est plus froide que la température gardée dans un bâtiment et en conséquence, il y a une perte constante de chaleur pendant toute l’année. Mais ces quantités sont moins grandes que pour les murs au-dessous du sol. Pendant l’été, cette influence peut garder le bâtiment à une température plus fraîche. Les murs ont besoin de moins d’isolation et ne peuvent pas perdre la chaleur par l’infiltration ou la perte d’air.

Les difficultés dépendent de la situation du bâtiment qui est sous terre. Ça peut être restrictif à l’aménagement des espaces et cependant, aux fenêtres, il y a des implications pour la vue, l’éclairage et la circulation d’air. Comme pour n’importe quel sous-sol, il doit être imperméable.

 

 

 

  • Ressources

Les matériaux de l’urbanisme sont
le soleil, les arbres, le ciel, l’acier, le ciment,
dans cet ordre hiérarchique et indissolublement.

Le Corbusier

 


  • Richesses naturelles
    • Utilisation efficace des ressources

Les valeurs et le mode de vie de notre société font que nous avons gaspillé nos ressources et détérioré notre environnement. Il faut faire attention à l’obsolescence fonctionnelle ou technologique. Il y a beaucoup de manières d’utiliser plus efficacement les matériaux de construction pour réduire les coûts et le gaspillage des ressources naturelles. On est tous gagnants en prenant conscience de l’utilisation logique de nos matériaux.

La forme d’un bâtiment exerce une influence aux multiples ramifications. Pour une même superficie de plancher, un bâtiment carré a moins de superficie en murs extérieurs qu’un bâtiment rectangulaire. De plus un bâtiment de deux étages de forme cubique donne un volume intérieur maximisé pour un minimum de superficie de son enveloppe extérieure. En éliminant les projections et les reliefs, on obtiendra une forme plus compacte qui permettra de réduire la quantité de murs extérieurs, de matériaux et de main-d’œuvre et conséquemment son coût. Ainsi, en minimisant la surface extérieure du bâtiment qui est exposée aux éléments et au froid, on réduit la quantité de chauffage et l’entretien de l’enveloppe, ce qui, à long terme, peut s’avérer très appréciable. Évidemment, on ne devra pas construire un bâtiment plus grand qu’il n’est nécessaire mais on créera plutôt des espaces seulement de la grandeur requise pour répondre aux besoins en optimisant leurs fonctions.

Il faut même choisir avec soin les dimensions d’un bâtiment car beaucoup d’éléments de construction comme le contreplaqué, le gypse, etc., sont prédécoupés en panneaux de 4 x 8 pieds. Il est préférable d’utiliser ces panneaux au complet avec un minimum de découpage et de perte. Un mur de 24 pieds peut coûter moins cher qu’un mur de 23 pieds car ce dernier requiert plus de main-d’œuvre en plus pour couper les matériaux tout en générant plus de gaspillage. Idéalement, les dimensions d’un bâtiment devraient être établies en multiples de 4 pieds ou encore en multiples de 2 pieds afin de pouvoir diviser les panneaux en deux. Dans le même ordre d’idée, si les dimensions et l’emplacement des portes et fenêtres sont judicieusement choisis, les panneaux nécessiteront aussi moins de découpage.

On peut aussi s’interroger sur l’utilité des sous-sols car ils sont très dispendieux à réaliser. Leur creusage et leur construction consomment en effet de grandes quantités de ressources. Bien qu’ils puissent paraître pratiques, il faut analyser la pertinence de leurs coûts élevés s’ils sont peu utilisés. Évidemment, c’est pour des raisons climatiques qu’on a besoin de descendre nos fondations sous la ligne de gel. Il nous semble alors rationnel d’y organiser des espaces de vie mais il y a d’autres techniques qui peuvent être efficaces. Une dalle sur sol est plus simple à réaliser et élimine tout le bois normalement nécessaire pour un plancher de rez-de-chaussée. En contrepartie, les espaces de rangement devront se retrouver sur les étages ce qui augmentera leurs dimensions.

Un design plus approfondi va prévoir la facilité de réparation, de rénovation et de réaménagement de l’intérieur au gré de l’évolution des besoins des occupants. On procure alors une flexibilité pour faire face aux changements d’utilisation des espaces et donner une nouvelle vie au bâtiment. En planifiant pour un futur agrandissement ou pour le recyclage des parties d’un bâtiment,  on le rentabilise en facilitant les changements, en lui trouvant de nouvelles vocations au lieu d’opter pour des solutions plus radicales comme la démolition et la reconstruction.

Les modes influencent la plupart des aspects de notre civilisation et l’architecture peut difficilement y échapper. Mais dans ce domaine, les conséquences sur les ressources sont très importantes. Si dans notre société de consommation, on peut, à la rigueur, se permettre de jeter divers gadgets après usage, on ne peut agir de la même manière avec des bâtiments. En architecture, il faut aborder avec un esprit très critique les diverses modes passagères. A trop vouloir suivre ces modes, on risque d’être entraînés dans des modifications à répétition comme des changements de maquillage rendus nécessaires par le besoin de remplacer des modèles démodés.

Grâce à des procédés de construction judicieux, on peut aussi utiliser plus efficacement les matériaux et générer moins de déchets de construction. Tous, client, entrepreneur, société et environnement, bénéficieront de cette rationalisation de l’utilisation des ressources.

  • Utilisation optimale de la charpente

Les consommateurs avertis en veulent toujours plus pour leur argent, c’est normal, et c’est particulièrement important lorsqu’ils envisagent un investissement dans une maison neuve. Autrefois, avant la science d’ingénierie et son application pour créer des normes de construction, les gens construisaient selon leur impression de solidité. Au lieu de risquer des effondrements, ils construisaient solidement, plus que moins.

Maintenant, avec les recherches, les études, les essais, les connaissances, la conformité des matériaux et, plus récemment, la disponibilité de produits en bois « engainerez », on peut construire de façon sécuritaire sans les excès du passé. Mais certaines manières de construire sont enracinées dans nos traditions et sont difficiles à changer. Ces habitudes gaspillent les ressources matérielles et la main-d’œuvre inutilement et on doit les remettre en question.

Sans compromettre la qualité, la force ou la durabilité d’un bâtiment, on utilise le gros bon sens pour utiliser le matériel et la main-d’œuvre le plus efficacement possible. Cette approche s’appelle « optimum value engineering ». Grâce à cette approche, on peut réaliser des bâtiments de mêmes qualités avec moins de matériaux et de main-d’œuvre tout en minimisant la duplication et les pertes.  De plus, certaines pratiques de construction améliorent la qualité et la force de la structure ainsi que l’efficacité et la vitesse de l’assemblage. On cherchera la performance optimale avec un minimum de matériaux, particulièrement de bois massif de charpente, en évitant les méthodes de construction qui consomment des quantités excessives de matériaux. En réduisant le bois de charpente des murs extérieurs au strict nécessaire, on réduit les ponts thermiques et la résistance thermique des murs est améliorée. Ainsi on réduit les coûts et on économise l’énergie et les ressources naturelles.

Ainsi, les montants des murs extérieurs sont en 2×6″ tous les 24″ mais s’ils sont porteurs d’un deuxième étage il faut les placer tous les 16″. Avec l’alignement des fermes de toit et des solives de plancher avec les montants, il n’est plus nécessaire d’ajouter une deuxième sablière sur le dessus des montants. La lisse du mur peut être un 2×4″ avec les montants en porte-à-faux de 2″ au-dessus de la fondation sans poser de problème de répartition de la charge, ce qui augmente gratuitement l’espace intérieur utilisable de 2″ sur tout le périmètre.

Les fenêtres devront être d’une largeur qui s’ajuste avec l’espacement des montants afin d’éviter leur doublage de chaque côté. Il en est de même pour les portes mais il est préférable de doubler le montant du côté des pentures sauf si le cadre est fourni avec la porte.

Dans les murs soit intérieur ou extérieur non porteurs, on n’a même pas besoin de linteaux dans la tête des ouvertures. Dans les murs porteurs, on peut faire des linteaux avec moins de bois massif en utilisant du contreplaqué qui ne rétrécit pas et assure une plus grande stabilité.

Pour la structure des coins du bâtiment, on utilise seulement deux montants en fixant le contreplaqué à l’un d’eux pour fin de clouage. Ainsi, on élimine un montant et on peut mieux isoler le coin. Idéalement, une cloison ou mur intérieur devrait rejoindre le mur extérieur vis à vis un montant. Sinon, un appui horizontal à 4 pieds du plancher suffit.

Les planchers peuvent aussi être construits avec moins de bois. Les croix St-André ne sont pas nécessaires entre des solives en bois sec. Si on utilise de la colle élastomère avec des vis pour le contreplaqué du sous-plancher, l’ensemble sera encore plus fort. On n’a pas besoin de doubler les solives sous les cloisons ou murs intérieurs non porteurs. La solive de pourtour n’a pas nécessairement besoin d’être de la même grandeur que les autres solives. Elle n’a pas un rôle structural mais sert plutôt de lien pour garder les solives du bout. Du bois de 1″ ou du contreplaqué de 5/8″ peuvent suffire. L’utilisation des poutrelles ajourée ou de bois ou de bois laminé réduire la quantité de bois massif utiliser tout en donnant une construction plus solide. De plus en plus, on utilise des produits « engineered floors ». Ces produits sont de meilleure qualité, plus stables et légers, prennent moins de bois et ce bois est de moindre valeur. On utilisant rationnellement le potentiel des matériaux, on peut profiter de leurs qualités tout en réduisant la quantité des ressources naturelles, main d’œuvre et énergie utilisée dans nos constructions on économise des coûts et on diminue des impacts environnementaux.

  • Énergie intrinsèque d’un matériel

Le choix d’un matériel a beaucoup d’implications sur le plan architectural mais aussi beaucoup de conséquences sur le plan environnemental. Quand on choisit un matériel on prend en considération ses qualités et plusieurs critères tels sa durabilité, son esthétique,  son utilité, sa capacité de préserver la sécurité et la santé, sa disponibilité, sa facilité d’installation, d’entretien et de remplacement, sans oublier son prix. Son prix cumule tous les frais encourus pour son extraction, sa transformation, sa fabrication, son transport, sa distribution, son installation et les profits prélevés à chacune de ces étapes. Dépendamment du matériel, les composantes importantes du prix peuvent inclure ses coûts de ressources naturelles, de main-d’œuvre, de maniement, d’entreposage, de processus techniques, de recherche et de développement, d’administration et d’énergie utilisée.

Dans une approche respectueuse de l’environnement, on ne considère pas seulement le prix monétaire mais aussi le prix environnemental en se préoccupant de la quantité d’énergie utilisée pour obtenir un produit final. Dans le contexte actuel, devant des produits équivalents et de prix comparables, on devrait privilégier ceux qui ont exigé l’utilisation d’un minimum d’énergie. Ainsi, comme le transport des marchandises consomme une grande quantité d’énergie génératrice de pollution, les matériaux extraits et produits localement sont plus avantageux. On pourrait même privilégier des produits qui nécessitent plus de main-d’œuvre ou de travail artisanal que d’énergie pour susciter le maintien de l’emploi.

La quantité d’énergie nécessaire pour transformer une matière première en produit final donne aussi une bonne idée de son impact environnemental. Plus la quantité d’énergie est grande, plus les transformations sont importantes et plus aussi sont importantes ses conséquences telles la pollution de l’air, du sol et de l’eau, l’incorporation de produits chimiques, les déchets solides, les résidus de production, le réchauffement de la terre, l’épuisement de la couche d’ozone, les pluies acides, etc. Pour pousser plus loin encore les comparaisons, on doit considérer aussi la quantité de pollution générée dans tous les processus de production de l’énergie requise pour ces transformations.

Dans un choix écologique d’un matériel de construction, on favorise celui qui a le minimum d’énergie incorporée lors de sa fabrication.  Plus on utilise de matériaux recyclés, plus on économise l’énergie, car, généralement, la quantité d’énergie utilisée pour produire un matériel à partir de la matière première est plus grande que celle requise pour produire le même matériel ou un matériel équivalent à partir d’éléments recyclés ainsi on doit éviter d’utiliser des matériaux de composition mixte difficiles à recycler mais plutôt des matériaux plus purs, durables, faciles à réutiliser ou à recycler. L’utilisation de matériaux recyclés ou d’une teneur élevée en matières recyclées permet de réduire l’utilisation des matières premières.

Moins un matériel requiert de transformation, moins il requiert d’énergie pour sa production. On peut donner comme exemple en ordre croissant de besoin énergétique, le sable et le gravier, la pierre, le béton, les briques, le gypse, le bois d’œuvre, les placages, le contreplaqué, le PVC, le polyéthylène, le polystyrène, le cuivre et l’aluminium, le caoutchouc et les plastiques. Évidemment, la production des équipements et appareils ménagers très sophistiqués nécessite énormément d’énergie.

Dans l’analyse du coût énergétique d’un matériel, outre sa fabrication et son transport, il faut aussi mettre en perspective le potentiel d’économie d’énergie durant toute la vie d’un bâtiment et lors d’un recyclage subséquent. On considérera donc aussi la quantité d’énergie requise pour son entretien, ses réparations, sa démolition et son remplacement ainsi que l’énergie nécessaire pour transporter et disposer ses déchets.

Évidemment, plus est grande la quantité du matériel utilisé, plus sont importantes les considérations d’impact. Ainsi, les matériaux utilisés pour la structure, l’enveloppe et la finition devront être l’objet d’analyse plus poussée en raison de leur grande présence. En plus de leur impact sur l’environnement, il faut sérieusement considérer leur durée de vie. Par exemple, les bardeaux d’asphalte de la toiture et les tapis sur les planchers couvrant de grandes surfaces ont une durée de vie limitée et posent un problème à l’environnement lors de leur production et aussi comme déchet lors de leur remplacement.

L’aluminium est un exemple de dilemme dans le choix d’un matériel. L’extraction de la bauxite ravage le paysage étranger et il faut la transporter au Canada. Sa transformation prend d’énorme quantité d’électricité et pollue l’air et l’eau. Mais l’aluminium, à l’état de produit fini, ne rouille pas et ne requiert pas d’entretien, sa durée de vie est longue et il est facilement recyclable.

Comme on peut le constater, à elle seule, la production d’un matériel entraîne plusieurs opérations qui se répercutent dans son prix.

Et bien qu’ils soient moins évidents, les coûts reliés à son utilisation dans un bâtiment doivent aussi être considérés. En tenant compte en plus des implications environnementales, nous ajoutons encore une nouvelle dimension qui nous permettra finalement de faire les choix les plus éclairés.

  • Déchets de chantier

La gestion des déchets de chantier est un gros problème qui existe depuis très longtemps et qui, heureusement, commence à être pris en considération. La valeur de certains matériaux comme le métal fait que leur recyclage devient plus attrayant. De plus, les sites d’enfouissement augmentent leurs tarifs et forcent ainsi les intervenants à reconsidérer le recyclage ou tout autre moyen susceptible de diminuer les déchets.

Avec les nouvelles constructions les déchets sont limités; par contre, les rénovations génèrent plus de débris et la démolition plus encore. Évidement, il est préférable autant que possible, de rénover un bâtiment plutôt que de le démolir. L’amiante présente dans d‘anciennes constructions pose des problèmes environnementaux qui doivent être gérés spécifiquement. Mais, l’amiante mise à part, la plupart des matériaux de construction et des débris sont inertes et sans grand danger pour l’environnement. Le souci se situe plus au niveau de leur poids et de leur encombrement dans les sites d’enfouissement.

Tous les intervenants de chantier s’accordent pour dire qu’il y a énormément de gaspillage. Les échéanciers serrés et les coûts de main-d’œuvre importants imposent à l’entrepreneur une gestion au plus juste, souvent au détriment d’une bonne gestion des déchets. Si des systèmes pouvaient être mis en place pour faciliter et réduire les coûts liés au traitement de ces déchets, les entrepreneurs, très ouverts au problème par ailleurs, seraient prêts à s’impliquer davantage.

Les entrepreneurs pourraient être encouragés à améliorer la situation par le biais de deux moyens qui leur permettraient de bénéficier d’avantages financiers. Même si les entrepreneurs sont bien intentionnés et impliqués au niveau environnemental, il faut les convaincre qu’ils vont aussi y trouver un intérêt économique, ceci afin d’inciter et d’encourager les nouveaux comportements.

Un premier moyen serait de réduire les coûts des matériaux par d’autres méthodes de construction qui impliquent moins de découpage, moins de matériaux, moins de manipulations, moins de temps et qui permettrait au final de faire des économies. En ce qui concerne les déchets proprement dits, il faudrait que ces nouveaux comportements de gestion de rebuts réduisent le nombre de conteneurs transportés et vidés.

Le deuxième moyen serait d’augmenter les revenus par la vente des biens et matériaux récupérés en fin de chantier. Actuellement, tous les débris sont jetés dans le même conteneur de déchets et quand il est plein, la compagnie de location de conteneurs l’emporte, le vide et effectue le triage des différents matériaux. Les matières comme le bois, le carton, le plastique, le verre, les métaux (ferreux et non ferreux), les bardeaux et le gypse sont séparés et envoyés aux centres de récupération pour y être recyclés. Le reste des déchets non récupérables sont envoyés à un site d’enfouissement et sont facturés au poids. Plus les frais d’enfouissement sont élevés, plus il y a d’intérêt à trouver des solutions alternatives. La question d’argent a évidemment beaucoup d’impact sur le processus. Augmenter les coûts d’enfouissement forcerait l’industrie à agir encore plus efficacement.

On assiste aujourd’hui sur les sites à un recyclage non structuré qui profite à diverses personnes. Les clients eux-mêmes, ou leurs connaissances, sont souvent acquéreurs de certains items. L’entrepreneur et les travailleurs de construction ont des relations intéressées par ces biens ou matériaux. Les fournisseurs de matériaux ont, eux aussi, leurs contacts pour ce genre de récupération. Il arrive fréquemment que certaines personnes se présentent spontanément sur le chantier pour récupérer de la marchandise, l’entrepreneur peut alors mettre de côté les items ainsi choisis pour être ramassés ultérieurement. Dans son devis, l’architecte spécifie à l’entrepreneur qu’il lui est interdit de vendre des items sur le site comme au marché aux puces mais il ne lui est pas interdit de mettre une pancarte ‘’à donner’’ sur le bord du chemin. Dans les quartiers populaires, ces objets trouvent souvent preneur. Évidement les chantiers sont dangereux et fermés au public et il ne faut pas encourager le public à venir chercher de la marchandise sur les sites. Les chantiers de construction sont souvent visités en fin de journée et des vols sont alors commis, il n’est donc pas recommandé de mettre le public trop à l’aise en l’encourageant à visiter les lieux. Les conteneurs sont aussi remplis d‘objets jetés par les voisins et l’entrepreneur doit s’en débarrasser bien malgré lui.

Les devis architecturaux ne contribuent pas directement au recyclage parce que l’utilisation des matériaux d’occasion est interdite. Par contre, il n’y a aucune contre-indication à favoriser l’emploi de produits recyclables. Les entrepreneurs qui soumissionnent selon les documents contractuels sont tenus de suivre les indications de l’architecte à la lettre, autrement ils courent le risque de perdre le contrat. Si les entrepreneurs veulent prendre des initiatives écologiques qui augmentent leur soumission cela risque de les défavoriser. Pour comparer équitablement les soumissions il est préférable que l’architecte exige lui-même des pratiques écologiques. Par exemple, dans le devis, l’architecte peut demander qu’il y ait trois conteneurs pour faire le tri des matériaux pour le recyclage. Toute exigence qui ajoute aux coûts de la soumission sera alors assumée par le maître d’ouvrage et comme c’est aussi le payeur, il faut son accord.

L’entrepreneur, pour réduire ses coûts, peut exiger de ses sous-traitants qu’ils ramassent et disposent de leurs rebuts. Le contremaître de la construction peut gérer son chantier de la manière qu’il trouve la plus opportune au recyclage. Si chaque travailleur suit des pratiques écologiques, les résultats en seront d’autant plus remarquables.

L’architecte a un rôle important à jouer pour réduire les déchets d’un chantier. En respectant les dimensions des matériaux il peut contribuer à leur utilisation plus efficace et à une réduction du temps de travail requis. Par exemple, un mur qui utilise des montants en bois de 8’-0’ de long sans avoir besoin de les couper, fait gagner du temps et minimise les pertes. L’entrepreneur peut aussi demander les montants prédécoupés selon ses besoins. En dimensionnant le bâtiment aux incréments de 2 ou 4 pieds, il y a moins de perte de matériaux due à leurs dimensions standardisées. Le positionnement des fenêtres peut se faire selon l’alignement des montants pour éviter des ajouts de montants.

S’il y a moins de matériaux et finis différents, il est plus facile de réutiliser les restes, il sera ainsi possible de diminuer les pertes. L’utilisation du principe de charpente avancée réduit la quantité des matériaux nécessaire pour construire un bâtiment de même qualité. C’est par l’utilisation intelligente des matériaux que la quantité des ressources pourra être réduite. La préfabrication permet l‘emploi de ces matières de façon efficace et permet aussi d’augmenter le niveau de qualité ainsi que la vitesse de construction.

Les modes dans le domaine de la construction sont dangereuses à suivre parce ce que, par définition, elles sont évolutives. Les changements qu’impose une mise à jour de son bâtiment selon le nouveau style impliquent des pertes de matériaux importantes. L’architecture jetable n’est pas à préconiser.

Il y a de plus en plus de produits faits de matière recyclée et il serait souhaitable d’en utiliser davantage. A défaut, il faudrait au moins préconiser des produits qui pourront être réutilisés : le recyclage par une deuxième vie. Le démontage peut donc être encouragé et facilité par la mise en place de procédures spécifiques lors de la construction et ainsi faciliter le réemploi des composants après la destruction. Il est possible de réduire les rebuts par une simplification de l’assemblage, un choix judicieux d‘attaches mécaniques,  en prenant soin de garder un accès facile aux connexions en vue d’un démontage éventuel. Des boulons ou des vis à la place de clous vrillés sont plus faciles à défaire et ne brisent pas les matériaux. Pour ne pas souiller ou altérer les matériaux il est préférable d’utiliser avec soin les scellants, colles, peintures, etc.

Lors d’une démolition de bâtiment, la récupération des différents composants sera facilitée si l’entrepreneur en prend soin et les range correctement. Un chantier avec assez d’espace permet d’installer plusieurs conteneurs pour la séparation des matières recyclées afin de faire le tri à la source. Sur le chantier il est souhaitable d’avoir un coin de coupe unique afin de regrouper les retailles et en faciliter la récupération.

L’efficacité de la gestion des déchets sera grandement améliorée si une personne en est responsable et si les employés y sont sensibilisés. Un bac sur roulettes qui se déplace avec les travailleurs peut faciliter la manutention des rebuts.

Pour une meilleure gestion de chantier, il est important de commander des quantités précises, au moment opportun pour s’assurer que les éléments ne soient pas trop exposés aux intempéries. Le rangement de matériaux sur les lieux, comme une surélévation par exemple, empêche les matériaux de se détériorer par la saleté, l’humidité ou autre altération. Les manipuler avec soin empêche de les briser.

Un bon entretien d’un bâtiment épargne énormément de soucis et de dépenses à long terme. Il est préférable de faire des petits travaux au fur à mesure plutôt que de laisser se détériorer des éléments, ce qui implique du gaspillage et des frais supplémentaires ultérieurement.

Lors d’une rénovation ou d’une démolition, il serait opportun de demander à un professionnel du recyclage de faire l’état des lieux afin d’étudier les possibilités de recyclage.

On peut demander aux fournisseurs de livrer les marchandises avec le moins d’emballage possible et de repartir avec l’emballage excédentaire. Il serait bon d’acheter en vrac dès que possible afin de réduire les emballages.

Quand des matériaux sont de qualité et durables, ils génèrent moins de déchets ; il est plus sûr, par exemple, de travailler avec du bois sec qu’avec du bois vert.

Il est souhaitable d’utiliser des produits dans leur forme originale ce qui exige moins de transformations, donc moins de gaspillage de ressources.

 

  • Matériaux
    • La nature

Jusqu’à très récemment, l’être humain a évolué dans un contexte étroitement lié à la nature. En raison de ce contact et de cette dépendance privilégiés pour sa survie, il lui accorde, dans sa psyché, une importance primordiale. Cette relation privilégiée, tissée depuis toujours a été éloignée par le modèle du progrès technologique. L’ego de l’invention humaine nous imbue de nous-mêmes et nous fait perdre notre perspective sur la nature.

L’homme fait attention à la nature quand il y a des conditions extrêmes de tremblement de terre, d’irruption de volcan, de tornade, d’ouragan ou d’orages et tempêtes avec inondations ou bris par le verglas. Dans notre histoire récente l’homme a réussi à détruire l’équilibre délicat qui existait entre toutes les formes de vie animales et végétales. Maintenant nous devons réagir aux méfaits que nous avons fait subir à l’environnement.

Même si nos vies sont maintenant plus axées sur la technologie et que notre lien direct avec la nature est réduit, notre bien-être est toujours conditionné par notre environnement naturel. C’est comme une loi de la physique que chaque action a un effet égal de réaction. Il y a des industries qui ont fait beaucoup d’argent aux dépens de l’environnement. Il n’aurait pas coûté si cher d’avoir agi de façon plus responsable mais maintenant il en coûtera très cher pour corriger la situation. Souvent la compagnie fautive n’existe même plus et c’est la société qui doit assumer la grosse facture.

Le concept du progrès à tout prix n’est plus soutenable, maintenant il faut du progrès intelligent. Au lieu de courir vers notre autodestruction il faut limiter la surconsommation et questionner notre modèle économique basé sur la consommation. Les indicateurs de progrès doivent être questionnés et remplacés par des indicateurs de qualité de vie. La richesse n’est pas la seule mesure.

À travers tous les changements qu’on peut vivre, la nature, comme une amie fidèle, demeure une référence stable de nos vies et du passage du temps.

Malgré les plus remarquables avancées de la technologie, la nature n’a pas livré tous ses secrets et elle soulève l’émerveillement des scientistes. Même si nous n’en sommes pas toujours conscients, nous sommes en relation très étroite avec les divers éléments de la nature, en perpétuelle transformation, tel un gigantesque organisme vivant.

Nous faisons partie de ce tout vivant et plus nous y serons attentifs pour y jouer bien notre rôle de vivre notre place à l’intérieur de cet écosystème. Plus nous serons responsable en harmonie et jouirons de notre plénitude d’être.

Il y a une grande harmonie dans la création à travers la diversité des éléments qui la composent, incluant l’être humain. Cette diversité dans l’harmonie assure que chaque être soit distinctif et unique.

Notre ego comme être humain nous pousse à nous améliorer en cherchant à nous surpasser et à perfectionner nos outils. Toutefois, les réalisations humaines, même si elles atteignent un haut niveau de performance (sophistication) technologique, ne peuvent pas égaler la richesse des nombreuses qualités des matériaux naturels et de la matière vivante. Chaque élément naturel est un chef-d’œuvre en lui-même et un joyau de la mère terre.

Si nous comparons le bois et la mélamine qui le remplace si souvent, nous voyons la différence. La mélamine, avec ses surfaces unies, dures et sèches quasi-parfaites, n’a pas le caractère du bois plus mou et de forme plus douce, rempli de grains et de nuances de couleurs, chaleureux visuellement et au toucher. Même si nous voulons donner l’apparence du bois à la mélamine avec une imitation de son grain, elle n’a pas la même subtilité de caractère. Nous regardons le bois avec ses grains, témoins de sa croissance, et avec ses nœuds, vestiges de ses branches, et nous imaginons l’arbre tel que nous en voyons dans le paysage. Nous établissons des liens plus étroits avec des matériaux issus de mélanges synthétiques dont nous ne pouvons pas imaginer la recette. Et malgré tous nos efforts technologiques, un matériau synthétique n’aura jamais l’âme d’un matériau naturel.

Les matériaux naturels sont d’une échelle plus modeste et plus humaine et leur texture est plus variée en relief et en grain. Au toucher, leurs vibrations nous rejoignent davantage et leurs odeurs établissent de riches associations avec nos expériences. Les matériaux naturels vieillissent bien, ils sont plus facilement modifiables, réparables et recyclables et comme ils sont biodégradables, il est facile de les retourner à la nature. Puisque les matériaux naturels comme le bois, la pierre, l’argile, les fibres et tissus naturels, se prêtent à une vaste gamme d’utilisations, il est facile de les incorporer dans nos espaces.

Le contact avec la nature grâce à la terre, au végétal,  au minéral et à l’eau peut être réalisé à travers diverses composantes d’un bâtiment. Ces  matériaux nobles font partie de notre héritage et de notre coexistence sur cette planète. Ce sont des éléments qui ont plus de signification et d’intérêt pour nous aujourd’hui et il en sera de même demain.

  • L’importance du choix des matériaux

Dans l’industrie de la construction, les décisions prises touchent de nombreuses ressources matérielles, financières et humaines. Dans un projet architectural soucieux de l’écologie, ces décisions doivent être pesées en fonction de leurs implications micro et macro environnementales dans le respect de la nature et des besoins de la personne et de la collectivité. Pour y arriver, on doit adopter une approche globale qui tienne compte des conséquences à toutes les étapes de la construction mais aussi à toutes les étapes des opérations situées en amont et en aval.

De toutes les ressources impliquées, les matériaux, pour la plupart, s’intègreront dans le corps même des bâtiments de façon permanente et leur choix est d’autant plus crucial.  On pourrait être tenté de choisir ces matériaux en fonction des échéanciers, des budgets ou de leur seule apparence mais quelles seront les conséquences de ces choix? Évidemment l’utilisation de matériaux sains pour l’environnement comme pour les utilisateurs est un objectif de base mais il y plus encore. En fait, tous les matériaux doivent être choisis selon une stratégie qui vise à réduire au minimum toute incidence néfaste sur l’environnement et les gens sur tous les plans et à tous les niveaux.

Il faut choisir des matières premières idéalement non industrialisé qui demandent un minimum de transformation comme les matériaux naturels tels le bois et la pierre. Même le choix du bois a de l’importance. Les dimensions requises peuvent exiger la coupe de vieux arbres matures au lieu de jeunes arbres qui poussent rapidement et qui sont remplacés. Le choix de l’essence du bois n’est pas à négliger, il faut éviter de contribuer à la destruction des forêts tropicales en spécifiant des essences qui ne sont pas cultivées ou qui seraient menacées.

Plusieurs considérations s’appliquent aussi à l’extraction, à la transformation et à la manufacture des matériaux. Le produit contribue-t-il à l’épuisement d’une ressource non renouvelable? Les processus de production ont-ils impliqué l’utilisation de beaucoup d’énergie, ce qu’on appelle l’énergie intrinsèque d’un matériau. Les processus provoquent-ils l’émission de beaucoup de polluants dans l’air, l’eau ou le sol tels gaz, produits chimiques ou résidus toxiques? Sont-ils dangereux pour les travailleurs? Évidemment, sur ces plans, les matériaux comportant des matières recyclées sont moins néfastes que ceux exigeant des matières premières brutes. Le potentiel de recyclage d’un  matériau composite hétérogène pose plus de problèmes de recyclage qu’un matériau homogène. Les matériaux synthétiques ou composites ne sont pas ou peu recyclables.

D’autres considérations s’appliquent aussi lors des étapes suivantes de construction et d’utilisation. Le transport à toutes les étapes jusqu’au chantier doit être minimal afin d’éviter une consommation excessive d’énergie (essence) et les émissions de pollution subséquentes. Le type et la quantité d’emballage du produit permettent-ils d’en disposer ou de le recycler facilement? Lors de l’installation du produit, la pose est-elle polluante ou dangereuse pour les installateurs? Les utilisateurs seront-ils incommodés par des émissions toxiques qui diminuent la qualité de l’air?

Les produits devraient être durables, faciles à maintenir et à réparer. Dans le quotidien, ils devraient exiger un entretien minimal, facile, pratique et non toxique. Les détails des finis, constructions et assemblages ne devraient pas retenir la poussière, l’humidité et la moisissure afin de faciliter le nettoyage. A plus long terme, un remplacement partiel des produits est-il possible? En cas de démolition, une réutilisation des produits est-elle possible? Les constituants des produits sont-ils recyclables? En dernier recours comme déchets, les produits sont-ils biodégradables sans encourir de risque de contamination du sol, de l’air ou de l’eau lors de leur décomposition?

Le choix de la compagnie qui fournira les produits et services est aussi important parce qu’il peut avoir des implications éthiques et sociales. Est-ce que la compagnie agit de façon responsable face à l’environnement par ses procédés, sa pollution, ses déchets ou ses programmes de recyclage? Est-ce que les matériaux étaient testés sur les animaux? Est-ce que la compagnie s’est dotée de règles de sécurité adéquates? Les conditions de travail et les relations avec les travailleurs et les syndicats sont-elles bonnes? Est-ce qu’il y a des garderies pour les enfants et des programmes assurant l’équité salariale? Est-ce qu’il y a des liens avec la production d’armes ou avec des pays dont les gouvernements sont responsables de répression ou d’exploitation de l’environnement ou de la main-d’œuvre? C’est la responsabilité sociale et morale de faire en sorte que l’environnement bâti soit un facteur positif dans l’avènement d’un monde meilleur. Tous les intervenants impliqués devraient se les poser chacun dans son domaine de compétence aux diverses étapes du cycle de vie des matériaux.

  • Une meilleure utilisation des ressources naturelles

Même si les statistiques ne sont pas toujours intéressantes à étudier, elles sont quand même utiles pour démontrer certains faits et mettre en perspectives les réalités qui nous confrontent. Ainsi, les pays développés représentent 25% de la population de la terre mais consomment 70% des ressources mondiales. De plus, ils polluent deux fois plus que le reste du monde. Diverses raisons expliquent ces excès: le haut niveau d’industrialisation et le climat énergivore bien sûr mais aussi les valeurs et le mode de vie pour une bonne part.

Parmi les pays développés, le Canada récolte la distinction peu enviable de contribuer démesurément, en proportion de sa population, au stress environnemental. Sa consommation d’énergie, d’eau et d’autres ressources impliquent la production élevée de polluants dans l’air, l’eau et le sol et il est même classé champion mondial de l’accumulation des déchets solides. Un cinquième de ces déchets provient des chantiers de construction, ce qui laisse croire que les Canadiens, dans leur façon de construire et de vivre, gaspillent énormément de ressources qui pourraient être recyclées. Heureusement, les progrès récents dans le recyclage sont encourageants.

Toujours en proportion du nombre d’habitants, le Canada se range deuxième au monde après les États-Unis pour la consommation d’eau. Seulement 5% de cette consommation répond aux besoins essentiels de la boisson et de la cuisine, ce qui laisse beaucoup de liberté dans la diminution de son utilisation.

Le peuple canadien est le plus énergivore du monde en raison de la rigueur du climat du pays, de l’étendue de son territoire et du style de vie de ses habitants et de leur attitude envers la nature qui leur fournit des ressources en si grande abondance. La production et l’utilisation d’énergie génèrent malheureusement de nombreux polluants qui contribuent grandement aux problèmes de l’effet de serre et du réchauffement de la terre.

Si on regarde plus en détail, la consommation d’énergie au Canada se répartit comme suit: 25% pour le transport, 40% pour l’industrie et 35% pour les bâtiments (20% est affecté aux habitations et 15% à toute autre forme de bâtiments). Cependant, si on tient compte de l’énergie consommée pour fabriquer, transporter et installer les matériaux pour la construction, la finition et l’ameublement, le pourcentage d’énergie consacrée au domaine de l’architecture est plus élevé que peut le laisser croire le 35% ainsi calculé.

La consommation directe d’énergie dans les habitations, représentant 20% de la consommation totale d’énergie au pays, se répartit comme suit: 17% pour l’eau chaude, 14% pour les appareils électroménagers, 2% pour l’éclairage et la plus grande proportion, 67%, pour le chauffage et la climatisation. Ce dernier item, à lui seul, représente donc 13% de la consommation totale d’énergie au Canada. Ce haut niveau, dû principalement au chauffage et dans une moindre mesure à la climatisation, mérite une analyse.

La facture élevée du chauffage est notamment due aux nombreuses pertes de chaleur. Le quart de ces pertes sont dues à de l’infiltration ou de l’exfiltration d’air autour des ouvertures dans les parois des habitations comme autour des portes et fenêtres. Les autres pertes sont dues à la transmission de chaleur par l’enveloppe des habitations soit 30% par les fondations, 15% par les murs extérieurs, 15% à travers les portes et fenêtres et 15% par l’entre toit. L’ampleur des pertes de chaleur à travers l’enveloppe des habitations suggère qu’on prenne action pour améliorer sa résistance thermique en augmentant le niveau d’isolation et en soignant davantage les détails de construction. Multipliées par la longueur de vie d’une habitation, ses pertes de chaleur ont un impact majeur sur sa consommation d’énergie et leur réduction devient un enjeu important.

Une part importante de l’énergie consommée au pays l’est dans nos habitations pour le chauffage. Cela nous touche donc de près et nous devons prendre nos responsabilités. La société a beaucoup évolué dans l’utilisation de l’énergie mais sans assez se préoccuper de sa conservation. Nous devons maintenant apprendre comment mieux utiliser l’énergie disponible tout en prenant  les moyens de la conserver. Il faut même penser à réduire nos besoins d’énergie en raison de ses effets néfastes sur l’environnement. En prenant conscience de notre utilisation des ressources naturelles, nous nous rendrons compte qu’il est possible de bien vivre sans exagérer dans notre consommation pour le bénéfice de la planète et de toute la civilisation présente et future.

  • Une meilleure utilisation des progrès technologiques

Depuis plus d’un siècle, la progression de l’homme et l’essor de ses technologies sont remarquables. Ces changements extraordinairement rapides nous ont propulsés dans une société de haute technologie. C’est très impressionnant. Les avances technologiques ont même été si rapides qu’elles n’ont pas laissé le temps d’en analyser les meilleures utilisations.

Bien sûr, beaucoup des progrès technologiques récents ont été bénéfiques pour notre condition humaine. Mais, si la technologie est un outil qui devrait servir à combler nos besoins et améliorer notre qualité de vie, elle est aussi préoccupante car nous ne saisissons plus la direction philosophique qu’elle imprime à la société. En fait, c’est à nous d’orienter nos outils harmonieusement selon les lignes directrices, les buts ou les préoccupations de la société que nous souhaitons. Il faut définir les rôles de nos outils afin qu’ils contribuent aux objectifs que nous nous fixons.

Nous sommes éblouis par nos créations et même par les projets envisagés pour la prochaine génération d’avances technologiques. Nous percevons l’amélioration de la qualité de notre vie par les solutions technologiques déjà en place et nous avons confiance que les problèmes futurs seront solutionnés par de nouvelles inventions. Cette confiance parfois aveugle dans la technologie s’intègre bien dans notre structure économique. Notre société de marché libre a besoin d’être alimentée par la consommation de biens et services.

Les progrès incessants de la technologie, qui remplacent ceux qui les précèdent, sont une force majeure dans la croissance économique d’une société. Beaucoup de personnes gagent leur vie avec les innovations qu’elles mettent à notre service. Conséquemment, nous ne devons pas nous étonner que notre société soit si fortement axée sur l’homme et ses technologies en donnant l’impression que nous pouvons dominer la nature.

Dans nos villes, entourées par nos nombreuses réalisations technologiques, nous pouvons être impressionnés par nos capacités mais aussi préoccupés par leurs conséquences. Est-ce que toutes ces réalisations favorisent vraiment notre bien-être? Dans notre société, nous valorisons les avances technologiques et économiques et les considérons comme le progrès. Ce progrès est influencé par différentes modes. Ainsi à une certaine époque, le neuf était privilégié et le vieux était perçu comme une absence de progrès. Mais à travers le temps, une approche est devenue typique de notre civilisation: la recherche du progrès à tout prix, quelles que soient les implications sur l’environnement.

En Amérique du Nord, où nous sommes les plus gros consommateurs de ressources et en conséquence les plus gros générateurs de pollution et de déchets solides par personne au monde, il doit y avoir une autre explication que notre structure économique de marché libre. Assurément, nous sommes riches en ressources et devant cette abondance, nous pensons moins à leurs limitations éventuelles. Comme société riche, nous n’avions pas à nous préoccuper des économies dans l’utilisation ou la réutilisation de nos ressources et nous sommes devenus une société de consommation du « jeter après usage ».

Une autre attitude spécifique à l’Amérique du Nord dépend de son évolution. Les gens d’aventure qui ont peuplé ses jeunes pays ont dû affronter une géographie sauvage et des climats hostiles. Pour survivre, il était nécessaire de combattre et de conquérir l’environnement afin de faire sa place. Cette attitude de domination de la nature a guidé les actions jusqu’à ce que les répercussions des attaques contre l’environnement commencent à se faire sentir. Même avec l’immensité du territoire, il y a des limites à ce que les processus écologiques peuvent assumer. Quand les bornes sont dépassées, les agressions contre l’environnement se retournent contre nous.

Avec cette prise de conscience, nous nous sommes éveillés à notre responsabilité face à l’écosystème. Cette nouvelle ère de sensibilité est encourageante pour corriger les erreurs du passé. Il y a beaucoup de chemin à parcourir parce que les abus de plusieurs générations ne peuvent pas être inversés rapidement. Il nous faudra développer beaucoup d’efforts pour changer nos valeurs et notre mode de vie. L’autocritique de nos façons de faire et le réajustement de nos habitudes prendra de la détermination et de la conviction. Le gaspillage est un problème culturel qui n’existe pas dans les pays moins fortunés que le nôtre. Face à notre existence et à notre place dans ce monde, nous ne pouvons plus nous permettre d’être si agressifs et violents contre l’environnement.

Notre société est régie par un système social, économique et politique axé sur l’être humain et les technologies qui lui permettent de maîtriser la nature. Le progrès à tout prix met en péril la qualité de l’écosystème, soutien de toute vie. On est loin des sociétés ancestrales qui utilisaient des ressources brutes, à peine transformée par des moyens ingénieux et retournées dans la nature après utilisation comme toute autre vie dans l’écosystème. Cette intégration respectueuse de l’environnement était saine pour l’ensemble de la planète à long terme. L’air, l’eau, la terre et le soleil qui fournit l’énergie constituent les fondements de la vie sur cette planète. On ne peut plus se permettre le progrès à tout prix. On doit adopter une philosophie de développement durable qui utilise les ressources avec prudence pour créer des produits de qualité répondant aux vrais besoins. Nous devons penser à long terme pour conserver la qualité de l’environnement et conséquemment garantir notre propre qualité de vie.

  • Un choix de matériaux écologiques

Dans le domaine de l’architecture, les matériaux utilisés contribuent de façon importante à la définition du caractère d’un habitat. Habituellement, dans le choix d’un matériau, les caractéristiques comme le prix, la fonctionnalité, la disponibilité, la facilité d’installation et l’esthétisme sont considérées. Mais d’autres considérations sont nécessaires et nous avons tout autant la responsabilité d’y porter attention afin d’être conscients de toutes les implications de nos choix si nous voulons nous assurer qu’ils soient respectueux de l’environnement. En architecture chaque chose devra être utilisée précisément, intelligemment, efficacement et économiquement aux fins pour lesquelles elle est le mieux adapté.

Une architecture saine se doit d’avoir un impact minimal sur l’environnement. En construction comme en rénovation, chaque décision est susceptible d’avoir des conséquences d’ordre écologique. Le souci de ne pas vouloir affecter l’environnement pourrait, à la limite, nous empêcher de construire. Mais si on doit bâtir pour répondre à des besoins économiques et sociaux, on veillera à le faire de la façon la moins néfaste possible. Face à l’environnement, la construction nous force à des compromis mais si nos décisions sont imprégnées de la sensibilité environnementale requise, les conséquences négatives seront minimisées.

À elle seule, une caractéristique comme le prix d’achat d’un matériau ne peut aucunement garantir l’atteinte de ces objectifs. On doit donc étudier d’autres caractéristiques des matériaux comme les dépenses énergétiques et les implications environnementales autant lors de la fabrication que lors de l’installation et de l’utilisation. En fait, à chaque matériau peut être associé un bilan écologique dans lequel figurent des caractéristiques comme le respect de la santé humaine et environnementale, l’efficacité énergétique, la durabilité et le degré d’utilisation des matières recyclées.

Plus le degré d’exposition intérieure d’un matériau est important, plus son choix devra être effectué avec soin. Ce degré d’exposition peut être évalué en terme de distance avec les personnes qui habitent un bâtiment ou avec les équipements installés susceptibles de faire réagir les matériaux par leur chaleur et de distribuer leurs émanations dans l’air. Ainsi, plus un matériau est posé à proximité des personnes ou des équipements, plus ses effets négatifs pourront être ressentis, affectant d’autant la santé. Une attention prioritaire devra donc être apportée aux revêtements et finis des planchers, des murs, des plafonds et de l’ameublement en raison de leur grande superficie et de leur lien direct avec les personnes.

Des composés nocifs peuvent être dégagés dans l’air au cours de l’installation ou de l’utilisation d’un matériau. Le niveau de toxicité et le potentiel d’irritation de ces composés, gaz ou particules, doivent être analysés. De même, la durée et l’intensité des émissions ou absorptions d’un matériau sont à considérer. Les émissions d’un matériau humide comme la peinture sont très élevées après son application mais diminuent rapidement après séchage. Les émissions d’un matériau sec comme l’aggloméré de bois diminuent très lentement au cours des années. Les matériaux poreux, rugueux ou floconneux absorbent les polluants de l’air comme des éponges et peuvent en retour les dégager plus tard.

Le degré de durabilité des matériaux est important à analyser. Il faut considérer leur longueur de vie, leur résistance à l’usure et aux brisures, les implications de leur réparation ou de leur remplacement. Il faut veiller à ce que leur entretien soit minimisé, avec la main d’œuvre et toute la gamme de polluants que cela entraîne.

Le nombre, le type et la quantité des composants chimiques des matériaux ainsi que la rugosité de leurs surfaces affectent leur stabilité et leur taux d’émission ou d’absorption. Les produits évaporés et diffusés dans l’air sont absorbés dans les matériaux poreux. Ces échanges sont aussi affectés par la température, l’humidité et le degré de ventilation. Plus la température et l’humidité sont élevées, plus les matériaux dégagent d’émanations. Pour accélérer la libération de ces substances après une construction ou une rénovation, on devra « cuire » les espaces avec une grande chaleur et beaucoup d’aération pour que les matériaux émettent leurs substances nocives sans que d’autres les absorbent.

Il faut choisir des matériaux qui ont un minimum d’émissions pendant la construction et durant l’utilisation ultérieure des bâtiments. Ainsi, en évitant les matériaux auquel est associé un bilan écologique négatif pour favoriser plutôt ceux ayant démontré un bilan écologique positif pour répondre intelligemment aux exigences requises en minimisant les impacts négatifs et en maximisant les bénéfices pour l’utilisateur, la société et l’environnement.

  • Matériaux sains – matériaux malsains
    • Quelles influences cet environnement peut-il avoir sur ses occupants?

Les vêtements et la maison remplissent les mêmes fonctions que la peau du corps humain. Ils ont un rôle de protection, d’isolation thermique et hydrométrique et de respiration.

  • Y a-t-il des alternatives à tous ces produits?

L’industrie chimique qui nous fournit des matériaux de construction modernes peut par ses performances devenir un risque pour notre équilibre vital.

On retrouve de l’urée formaldéhyde dans les contreplaqués, des plastiques et de l’amiante dans les recouvrements de planchers en vinyle, des solvants volatiles dans les peintures, les colles et autres adhésifs, des fongicides dans les tapis. Non seulement ces produits chimiques synthétiques affectent l’environnement en cours de production, mais ils émettent des gaz lorsqu’ils sont installés dans nos maisons et ils empoisonnent l’air ambiant.

Nous devons substituer à ces matériaux, lorsque c’est possible, des matériaux non toxiques ou de moindre toxicité. Ils existent et même s’ils sont plus dispendieux et demandent plus d’entretien, ils contribuent à rendre l’environnement plus salubre. De plus, une bonne ventilation intérieure est primordiale.

  • Moyens de réduire ou d’éliminer les polluants à l’intérieur
  • Éliminer la source
  • Isoler la source
  • Utiliser la ventilation
  • Contrôler la température
  • Utiliser la filtration

Le meilleur moyen de réduire les polluants est d’éliminer la source. On sait que ce n’est pas toujours facile pour les matériaux de construction. On peut tout de même débarrasser la maison des produits de consommation toxiques, des tapis synthétiques des panneaux de particules, des soudures au plomb et des appareils à combustion non ventilés.

Le contrôle de la température aide au maintien de la qualité de l’air à l’intérieur : si l’humidité relative est au-dessus de 50% ou en dessous de 30%, elle favorise le développement des moisissures. Une humidité trop élevée favorise l’émission de formaldéhyde (1% de plus par degré d’humidité). Le degré de température affecte aussi l’émission de formaldéhyde : la concentration dans l’atmosphère est deux fois plus élevée à une température intérieure de 800F qu’à 700F.

Avec les systèmes de filtration, il faut s’assurer de leur efficacité et de l’absence de production d’ozone. Les filtres à particules sont efficaces : ils enlèvent presque toutes les poussières, fumées, pollen, vapeurs, moisissures et plusieurs gaz.

  • Quelques notes additionnelles sur les propriétés du bois

On recommande l’utilisation du bois pour la construction à cause de ses qualités biologiques. Il est poreux; il s’imprègne de toutes les émanations. Une fois traité à la cire d’abeille, à l’huile de lin ou à l’essence de térébenthine, le bois acquiert des propriétés prophylactiques qui neutralisent les effets électrostatiques de l’environnement. De plus, le bois est un régulateur hygrométrique. Des études ont démontré que lorsque par exemple l’humidité atmosphérique passe de 30% à 70%, 1m2 de surface de bois absorbe en quatre heures 12 g. d’eau. Quand l’humidité atmosphérique tombe de 70% à 30%, la même quantité d’eau est rejetée dans le même temps. D’autre part, le bois résiste bien aux agressions (moisissures) et possède de bonnes qualités mécaniques quand il est sec et dur.

Il semble que le bois demeure le matériau par excellence qui rétablit un équilibre, là où ce dernier est menacé par les nombreux facteurs anti-vie de notre monde moderne. Les symptômes de maladies écologiques sont réversibles. Le principe à suivre est de maintenir à son plus bas niveau les concentrations de tous ces produits toxiques. Pour retrouver un équilibre vital, il faut éviter les produits polluants qui ne sont pas vraiment nécessaires à notre bien-être. Nous ne devons choisir que les matériaux et les produits non toxiques dont nous avons besoin et accorder à notre organisme le temps de se guérir dans une demeure qui favorise la vie.

 

 

 

  • Environnement

Fournir dans le silence, la solitude et face au soleil, à l’espace, à la verdure, un logis qui soit le réceptacle parfait d’une famille.

Le Corbusier

 


  • Qualité de l’air
    • Évolution récente de la qualité de l’air dans les bâtiments

Depuis le début des temps, on a construit des bâtiments avec les matériaux naturels disponibles qui subissaient peu de transformations et retournaient à la terre à la fin de leur utilisation. Ces habitats étaient bien adaptés aux exigences du milieu et correspondaient à la réalité sociale. Malgré les matériaux naturels utilisés, la qualité de l’air n’était pas toujours à son meilleur en raison de l’utilisation du feu surtout au cours de l’hiver et de la fumée qu’il dégageait. Plus récemment, on a trouvé des substituts au feu pour l’éclairage, le chauffage et la cuisson des aliments. Ces nouvelles sources d’énergie moins polluantes ont donné l’occasion d’avoir des lieux relativement sains.

Mais depuis le début des années soixante-dix, nous vivons de nouveaux phénomènes reliés à la qualité de l’air. La mauvaise qualité de l’air intérieur est devenue telle qu’elle a entraîné diverses maladies environnementales. Ces phénomènes sont dus à la crise du pétrole et à l’augmentation significative du prix des sources d’énergie qui en a résulté. Des mesures ont alors été prises pour rendre les bâtiments plus économes dans leur consommation d’énergie. On les a rendus plus étanches aux infiltrations d’air et les systèmes mécaniques réduisaient l’apport d’air frais.

Parallèlement, il y a eu une croissance importante de l’utilisation de produits synthétiques dont certains dégageaient des gaz nocifs à l’intérieur des espaces. Conséquence inattendue et pernicieuse, l’air intérieur est parfois devenu plus pollué que l’air extérieur. Ce problème est identifié comme le syndrome du bâtiment malade.

Quand un bâtiment, habitation, école, bureau ou autre lieu, est malade, les personnes qui y vivent sont affectées à divers degrés selon leur état de santé. Les affections peuvent être très subtiles et évoluer insidieusement vers des maladies très graves. En raison de notre climat, nous passons près de 90% de notre temps à l’intérieur et deux tiers de ce temps dans nos habitations. D’où l’importance d’une bonne qualité de l’air intérieur.

La qualité de notre santé est fortement liée à la qualité de l’air que nous respirons. Évidemment les personnes les plus vulnérables sont celles dont les processus physiologiques ne sont pas à leur maximum, qu’ils soient encore en croissance comme chez les enfants ou qu’ils soient en période de détérioration comme chez les personnes malades ou âgées. Les réactions des personnes sont très individualisées parce que la santé holistique dépend de biens des facteurs: hérédité, alimentation, émotions, stress, environnement et habitudes de vie, etc.

La nocivité des nouveaux matériaux, dans une impressionnante diversité, influe négativement sur la qualité de l’environnement interne mais aussi sur la qualité de l’environnement en général. Cette nocivité ne se manifeste pas seulement lorsque les matériaux sont installés, elle se manifeste tout au cours de leur extraction, de leur transformation, de leur installation, de leur utilisation, et par la suite, au cours de l’entretien, des rénovations, des démolitions, de leur récupération ou de leur destruction. Chacune de ces étapes peut avoir des effets nocifs sur la qualité de l’environnement en général.

La qualité de notre vie est influencée par la qualité de notre environnement. Nous devons tous préserver cette qualité avec le plus grand soin. Nous devons vivre en harmonie avec les lois de la nature. Bien sûr, nous avons à prendre notre place dans ce vaste univers, mais en complémentarité et en équilibre avec l’ensemble de l’environnement dans un souci de préservation pour les générations futures.

Une architecture respectueuse de la qualité environnementale implique beaucoup de contraintes mais elle offre aussi beaucoup de possibilités. Les réalisations architecturales doivent contribuer à la santé pour que l’être humain s’épanouisse harmonieusement.

Au cours des âges, l’architecture a évolué au rythme de nos préoccupations et de nos valeurs. Actuellement, notre société est de plus en plus sensible aux questions environnementales telles le respect de la terre et des humains. Ce virage « vert » est une réponse logique à notre besoin de vivre sainement. Ce progrès vital et naturel répond au besoin inné de tout individu comme de toute la société de se perfectionner et d’améliorer ses conditions de vie. Avec l’expérience et les connaissances acquises, nous sommes maintenant mieux équipés pour faire face à l’avenir et assurer notre bien-être tout en respectant l’environnement.

  • Les causes et les effets de la pollution

Les séquelles environnementales de plus en plus évidentes dues à la pollution confrontent toute la société aux conséquences des gestes irresponsables que nous avons posés et continuons de poser. Comme pour la plupart des problèmes, les évidences commencent par des signes d’abord subtils et augmentent à un niveau plus remarquable. Nous en sommes là depuis un certain temps et sommes déjà sensibilisés aux menaces à l’environnement et l’avenir de notre progéniture (enfants). C’est nous qui avons créé ces problèmes environnementaux et maintenant, nous nous devons de les corriger.

Partout dans le monde, il y a des problèmes de contamination des eaux dus  à l’érosion de la terre et à l’insuffisance des infrastructures d’hygiène qui déchargent des eaux d’égout non traitées et déversent des déchets chimiques utilisés dans l’agriculture ou l’industrie. La perte de terres arables est inquiétante face à la croissance exponentielle des besoins alimentaires de la population mondiale. Ces terres se dégradent en raison des abus d’une agriculture trop intensive; épuisées, elles deviennent plus facilement la proie de l’érosion.

Dans notre contexte nord-américain, notre style de vie se prête à l’étalement urbain qui entraîne un besoin de routes et d’espaces asphaltés destinés à l’automobile et ainsi se couvrent de nombreux sols fertiles. Partout dans le monde, on remarque aussi une progression constante dans la disparition d’espèces végétales et animales suite à la dégradation ou à la perte de leur habitat et aux changements de la qualité de l’environnement. Ces extinctions provoquent des changements dans le fragile équilibre de l’écosystème.

La coupe massive d’arbres tropicaux pour faire place à l’agriculture menace la qualité de l’air sur toute la planète. Ces arbres, en absorbant le gaz carbonique et en produisant de l’oxygène, constituent les poumons de la terre. La déforestation tropicale menace également la grande richesse des espèces végétales et animales de ces régions.

Les pays industrialisés consomment d’énormes quantités d’énergie et la pollution de l’air occasionnée par la production et la consommation de toute cette énergie. Les sources de cette énergie, qu’il s’agisse de l’hydro-électricité, de réactions nucléaires ou de combustibles fossiles non renouvelables comme le pétrole, le gaz naturel et le charbon contribuent à la pollution de l’air, au réchauffement de la planète et aux pluies acides.

La pollution de l’air résulte de concentrations excessives de gaz de combustion et de particules liquides ou solides en suspension. Lors de leur combustion, les combustibles à base de carbone comme le charbon, le mazout, le gaz naturel et le bois rejettent dans l’atmosphère du gaz carbonique, du méthane et de l’oxyde nitreux en particulier. Tout autour de la planète, ces gaz créent une couche isolante qui emprisonne la chaleur générée par les rayons du soleil comme dans une voiture ou une serre, d’où l’expression effet de serre. Ce problème est aggravé par la diminution de l’absorption du gaz carbonique dans les forêts tropicales en destruction.

L’utilisation de l’énergie pour les bâtiments, les industries et le transport, particulièrement en automobile, produit d’autres émanations néfastes à la qualité de l’air: des particules, des oxydes d’azote et du dioxyde de soufre. Le réchauffement de la terre dû à l’effet de serre a un impact énorme sur les écosystèmes et l’économie pour les industries telles les pêches, les forêts, l’agriculture et le tourisme. Nous avons de la difficulté à saisir toutes les implications de ces changements sur notre monde comme nous le connaissons actuellement.

Le rejet de polluants industriels et spécifiquement du dioxyde de soufre dans l’atmosphère entraîne leur concentration dans les gouttelettes de pluie, ce qu’on a désigné comme les pluies acides. Ces pluies contaminent et tuent les lacs, occasionnent le dépérissement des forêts et la dégradation des édifices.

La couche d’ozone qui entoure la terre et qui la protège contre une exposition extrême aux rayons ultraviolets est devenue une autre préoccupation environnementale. L’utilisation des chlorofluorocarbures (CFC) diminue son épaisseur, et par conséquent la protection qu’elle offre, et cela provoque l’augmentation du taux des cancers de la peau.

Les énormes quantités de déchets générés par les civilisations industrialisées constituent une autre séquelle de leurs extravagances. Ces déchets, souvent solides et toxiques, non biodégradables, aboutissent dans des sites d’enfouissement où ils peuvent contaminer le sol et les eaux souterraines.

La pollution est comme une maladie pour la terre et tous les organismes vivants sont susceptibles d’être affaiblis dans ce contexte de vie malsain qui gruge leurs énergies vitales. Nous faisons partie de l’écosystème et notre santé est intimement liée à la santé de l’ensemble qui nous entoure.

  • Entretien ménager

Dans notre quotidien, sommes confrontés à un éventail de produits d’entretien de plus en plus grand. Les produits de nettoyage domestique font partie des substances les plus toxiques rencontrées dans notre milieu de vie.

Les produits de nettoyage sont trop fréquemment responsables d’empoisonnements accidentels, particulièrement chez les enfants. Ils produisent des gaz auxquels nous sommes exposés non seulement lors de l’utilisation, mais après leur utilisation jusqu’à ce qu’une aération vienne nous en débarrasser.

Les désinfectants, les purificateurs d’air, les détachants à tapis, les cires à plancher émettent des gaz nocifs, pendant plusieurs jours. À court terme, ces produits chimiques peuvent diminuer le potentiel énergétique chez les humains. À long terme, selon des recherches effectuées, une exposition continue entraîne des problèmes respiratoires et cardiaques, un affaiblissement du système immunitaire, et peut favoriser l’apparition de tumeurs cancéreuses.

Lorsqu’on évite les produits de nettoyage synthétiques pour les remplacer par des substances moins nocives, fabriquées à la maison, on améliore la qualité de vie dans son habitat.

Les produits faits à la maison sont particulièrement efficaces parce que nous pouvons contrôler les proportions des ingrédients : nous pouvons augmenter ou diminuer la quantité d’une substance pour obtenir la puissance de nettoyage désirée. La plupart des ingrédients de base sont des produits domestiques familiers : sel, vinaigre, bicarbonate de soude, fécule de maïs, borax, jus de citron, huile minérale, savon.

  • Aspirateur

Le nettoyage général implique l’élimination de la poussière et des odeurs. L’utilisation d’un balai entraîne la dispersion de la poussière dans l’atmosphère.

L’aspirateur est un outil pratique. Toutefois, certains d’entre eux polluent plus qu’ils nettoient: les plus petites particules retournent dans l’atmosphère à travers le filtre et ces particules, à cause de leurs très petites tailles, déjouent les mécanismes de filtration du corps et se logent dans les poumons.

L’aspirateur central avec sortie extérieure est celui qui produit le moins d’agitation de poussières, le moins de contamination de l’air et le moins de bruit.

  • La lessive

Les phosphates créent une pollution importante. L’accumulation de phosphates dans les rivières et les lacs provoque un développement excessif des algues. Les phosphates forment la principale nourriture des plantes aquatiques et l’excès de ces substances mène à la prolifération des algues. Une perturbation de l’écosystème se produit et cela cause la mort des poissons.

Les enzymes sont considérées comme une cause importante d’asthme et d’allergie chez les gens travaillant dans ces industries. Mieux vaut éviter les produits de nettoyage contenant des enzymes.

  • Conclusion

Nous sommes de plus en plus conscients de la nécessité d’agir pour assainir notre environnement. Il nous est tous possible de contribuer à la recherche de solutions des problèmes environnementaux. Nous pouvons faire notre part, à la maison, en adoptant des comportements sécuritaires pour nous-mêmes et notre entourage.

Les nombreux produits de nettoyage qui se trouvent dans nos bas d’armoire sont souvent corrosifs et caustiques. Ces produits qui empruntent le chemin des égouts aboutissent dans les cours d’eau après avoir intoxiqué par leurs vapeurs l’air de la maison.

Il est souhaitable de remplacer les produits habituels de nettoyage par des produits simples et plus respectueux de l’environnement. Nous pouvons chercher sur le marché des produits alternatifs efficaces si nous trouvons que c’est trop compliqué de faire soi-même sa propre formule.

  • Ondes électromagnétiques

Jusqu’à ces dernières décennies, peu de gens se préoccupaient de la question de la pollution électromagnétique. On sait qu’elle existe de plus en plus. En plus des ondes naturelles d’origine terrestre et cosmique, nous baignons quotidiennement dans un environnement pollué d’ondes néfastes de notre civilisation.

L’exposition à ce type de radiations artificielles était négligeable il n’y a pas si longtemps. Maintenant, leurs présences suscitent plusieurs questions.

  • Quels sont leurs effets sur les êtres vivants?
  • Y aurait-il un prix à payer pour les services que rendent ces radiations?
  • Comment peut-on s’en protéger?
  • Ne verrons-nous pas apparaître dans les prochaines décennies une période de pollution énergétique de l’environnement comparable à la période de pollution chimique actuelle?

Les ondes sont analysées selon leurs longueurs et leurs fréquences. À une extrémité de l’échelle de mesure, nous retrouvons les ondes radios, de basse fréquence, pouvant s’étirer sur des milliers de milliers de milles en ne vibrant que 10 fois/seconde (10 Hz). À l’autre extrémité, nous retrouvons les rayons gamma de longueur d’onde extrêmement courte, mesurée en angström et de fréquences tellement élevées qu’elles sont presque indiscernables. Entre ces deux extrémités, selon un ordre décroissant, nous retrouvons les rayons X, les rayons ultraviolets, la lumière visible, les infrarouges et les micro-ondes.

D’origine terrestre ou comique, il y a d’autres sortes d’ondes ou d’influences : la gravité, le champ magnétique terrestre, les tempêtes magnétiques. Certaines des ondes qui touchent les êtres humains proviennent des activités solaires : nous pouvons voir (lumière visible) et nous pouvons être réchauffés par les rayons infrarouges.

L’être humain a toujours été entouré d’un champ électromagnétique naturel, relativement constant jusqu’à récemment. Le corps est un organisme qui peut recevoir ou communiquer l’électricité, il a sa propre énergie électrique. La communication à l’intérieur et entre toutes les cellules de l’organisme est une question de charges électriques. La surface du corps est entourée d’une charge et d’un champ électrique (aura).

Non seulement les ondes électromagnétiques affectent les organismes vivants, elles semblent aussi être essentielles à la vie. Les personnes vivant dans des maisons recouvertes de métal, susceptibles de masquer la propagation naturelle des ondes, bénéficient sûrement moins des effets des rythmes de l’univers.

  • Environnement et énergie électrique

L’être humain se retire lentement de l’environnement d’énergie électrique naturelle, mais il y substitue un environnement d’énergie électrique artificielle. Le réseau d’électricité dégage des ondes électromagnétiques ainsi que tous les appareils électriques qui nous entourent.

Si la maison où l’on réside se situe près d’une ligne de transmission à haute tension, près d’une installation de radar, d’une tour de relais d’ondes pour la télévision, d’une centrale nucléaire, on se retrouve dans un espace chargé électriquement.

Les chercheurs soupçonnent les effets néfastes à long terme d’une exposition prolongée à de faibles intensités de micro-ondes. On les retrouve dans les systèmes de communication; ils sont la base des systèmes de radar (aéroport, port de mer, installation militaire); la télévision par satellite utilise de puissants émetteurs micro-ondes pour atteindre les antennes posées sur les toits des maisons et ces ondes pénètrent les maisons.

À l’intérieur des maisons le four à micro-ondes, le système d’alarme et l’ouvre porte de garage fonctionnent probablement avec ces ondes. Il semble que les micro-ondes affectent le système nerveux central. À long terme, ces radiations provoquent des changements dans le rythme normal des ondes cérébrales. Les gens travaillant dans les milieux riches en micro-ondes (stations de radio) souffrent d’une variété de problèmes : fatigue générale, vertige, insomnie, changements dans le comportement et diminution de la puissance sexuelle.

Les ondes émises par les tours de transmission de lignes électriques sont semblables aux micro-ondes, bien que de longueurs d’onde plus grandes. On a aussi découvert un lien possible avec le cancer. Les enfants vivants près de transformateurs électriques ou de sous-stations développeraient deux fois plus de leucémies et de tumeurs au cerveau que les autres enfants. On croit qu’une personne vivant à proximité de fils électriques à haut voltage serait sujette à un stress chronique auquel son organisme répond de différentes façons : irritabilité, fatigue, hypertension, ulcère d’estomac. Ce stress prolongé favoriserait le développement de pathologies dans les régions affaiblies du corps.

  • Champs électromagnétiques et hypersensibilité

Les symptômes ressentis par des personnes hypersensibles lors de l’exposition à des champs électromagnétiques sont les suivants : maux de tête, étourdissements, somnolence, dépression, difficulté à se concentrer. Chaque personne a une sensibilité différente de se des fréquences différentes.

 

 

 

  • Architecture ancienne

« L’architecture est le grand livre de l’humanité,
l’expression principale de l’homme
à ses divers états de développement,
soit comme force, soit comme intelligence. »

Victor Hugo

« L’Architecture est la volonté de l’époque
transplantée dans l’espace »

Mies Van der Rohe

 


  • Maisons anciennes
    • Introduction

Mais pourquoi donc cet intérêt croissant pour les maisons anciennes? Je voudrais d’abord répondre ici d’une façon générale et je tenterai d’apporter ultérieurement plus de détails sur divers aspects de cette intéressante question.

Le respect des maisons anciennes fera de plus en plus partie de nos mœurs parce ce que ces maisons témoignent d’un passé dont nous voulons garder le souvenir. Elles reflètent nos traditions, notre style de vie, nos valeurs, en un mot, notre culture, une culture qui nous distingue. Notre héritage architectural, dans toute sa richesse, devient une source de fierté et la responsabilité de le conserver et de l’offrir en partage aux générations à venir fait maintenant consensus. Cet héritage traduit une partie de notre identité qui est à la base de ce que nous sommes aujourd’hui. Notre évolution au cours des ans, l’influence que nous avons exercée par l’attrait de nos réalisations nous démarquent des autres sociétés, forgent notre identité et nous aident à en prendre nous-mêmes conscience.

Je suis toujours très étonné par la qualité du travail des artisans que l’on découvre dans les constructions anciennes. Malgré l’utilisation de matériaux simples et naturels ainsi que d’outils, appareils ou équipements à technologie rudimentaire, il est très impressionnant de constater le soin que les artisans ont mis à construire les maisons d’autrefois. On ne se permettait pas de laisser tomber des détails afin de simplifier la construction car on avait le souci de bien faire les choses et de rechercher la beauté du résultat. Les artisans avaient la fierté de faire un travail minutieux jusqu’aux moindres détails et l’esthétique faisait partie intégrante des projets. L’ornementation constitue justement un élément clé dans les maisons historiques. Elle était nécessaire pour donner un style aux maisons et assurer leur beauté finale. Les proportions ainsi que les symétries naturelles ajoutaient également à l’attrait visuel.

Souvent les maisons anciennes qui sont rénovées perdent des détails qui en établissaient la personnalité. Avec des matériaux sans vie et la perte de leurs moulures ornementales les maisons perdent tout leur charme. Pour une rénovation respectueuse, il  faut conserver et rehausser les éléments qui sont à l’origine du caractère distinctif de chaque maison. Il n’est pas nécessaire d’en faire un musée mais il est important d’en respecter les éléments caractéristiques.

Grâce à une approche architecturale et patrimoniale concertée, toute restauration visera à bien s’insérer dans le contexte des rues et des quartiers des municipalités ou villes. Les sites seront considérés en relation avec les voisins et on cherchera à ce que chaque maison contribue, beaucoup mieux que prise isolément, à la mise en valeur des autres dans un ensemble cohérent. Lorsqu’un regroupement de maisons réussit à établir un vocabulaire architectural élégant et puissant, l’impact devient d’autant plus remarquable.

Les maisons anciennes confèrent donc, de fait, à leurs propriétaires, une responsabilité patrimoniale, celle de les respecter et de les préserver afin d’offrir à leurs concitoyens un témoignage de leur passé et de leurs racines. C’est une responsabilité envers la société à tous les niveaux. Face à la collectivité en général et plus concrètement face à la municipalité qui bénéficie de la présence de ces témoins du passé dans la vie et la croissance locale.

Le chauffage central, la plomberie intérieure, l’eau courante chaude et froide, l’électricité et les ascenseurs n’existaient pas avant 1890 et étaient déjà largement répandus en 1920.

  • Restauration de bâtiments
    • Introduction

Dans la réalisation des projets en restauration de bâtiments, nous appliquons d’abord les approches générales que nous considérons valables telles l’efficacité énergétique, la rentabilisation des investissements, la qualité, la durabilité et l’esthétique. Mais les projets en restauration de bâtiments sont aussi l’objet de considérations particulières. C’est sur ces dernières que nous voulons nous attarder dans cette section.

  • La définition des besoins

Habituellement, les besoins dictent sans contraintes la conception des ouvrages mais, en restauration, nous avons la contrainte majeure de tenir compte de l’existant dans la recherche d’une utilisation ou d’une nouvelle vocation d’un bâtiment ancien. C’est un défi dans lequel nous devons tenir compte des directives et recommandations établis par le client.

  • Les exigences et recommandations

Nous devons nous conformer à toutes les exigences relatives aux mesures de conservation des patrimoines culturels.

Nous devons considérer divers documents tels

  • Les lois relatives au patrimoine
  • Les règlements nationaux, provinciaux ou municipaux applicables.
  • Les programmes particuliers de conservation.
    • Les aspects particuliers en restauration de bâtiments

Nous avons retenu certains aspects que nous considérons plus particuliers aux projets en restauration de bâtiments. Ce sont les suivants :

  • l’aspect conservation,
  • l’aspect protection,
  • l’aspect intégration,
  • l’aspect modernisation,
  • l’aspect sécurité.

Dans les lignes qui suivent, nous présentons diverses considérations sur ces aspects qui, dans le concret, façonnent la spécificité des projets en restauration de bâtiments.

  • L’aspect conservation

Conserver le plus possible les éléments existants et s’inspirer des détails d’origine. Chaque bâtiment à ses caractéristiques distinctes. Ce sont elles qui donnent la personnalité à chaque œuvre et il est essentiel de les saisir et de les respecter. On veut que le bâtiment conserve sa personnalité. Par le respect de son intégrité, on permettra qu’il projette plus clairement son image. Il faut discerner et exploiter les détails qui le distinguent et le rendent remarquable. Chaque lieu a ses forces et ses faiblesses et il est important de s’assurer que les forces sont mises en évidence pour bien les apprécier.

  • L’aspect protection

Les éléments à conserver doivent être bien protégés lors des travaux et la planification des étapes doit suivre une progression logique. Les modifications doivent être faites en conjonction avec les besoins et la facilité des lieux de s’adapter harmonieusement aux changements. Les procédés qui sont moins envahissants devront être considérés en premier lieu pour de ne pas affecter négativement l’intégrité architecturale des lieux.

 

  • L’aspect intégration

Comment intégrer les nouveaux éléments avec les anciens et marier les styles existants avec les nouvelles interventions pour assurer une harmonie de l’ensemble des éléments? Évidement, le caractère ancien du bâtiment doit dominer, mais les éléments qui sont ajoutés doivent l’être d’une manière complémentaire pour éviter l’incongruité. On ne veut pas dire que toutes les interventions doivent maintenir l’aspect d’origine parce ce qu’on ne cherche pas à faire un musée, mais elles doivent refléter l’évolution du bâtiment dans sa réponse aux changements pour rester bien adapté au cours de sa vie. En faisant face aux nouvelles réalités et aux attentes différentes le bâtiment est transformé et adapté pour une nouvelle époque en combinant les anciens et les nouveaux éléments dans un tout cohérent. Le défi est l’intégration discrète d’éléments que les espaces n’ont pas connus à l’origine.

  • L’aspect modernisation
    • Introduction

Savoir utiliser les nouvelles technologies sans perdre le cachet ancien pour rendre le bâtiment plus fonctionnel et l’adapter aux normes d’aujourd’hui. Les nouvelles normes et exigences qui s’appliquent aux bâtiments les rendent plus sophistiqués à bien des niveaux. La technologie prend beaucoup de place dans notre société et nos lieux bâtis n’y échappent pas. C’est toutefois avec discernement qu’il faut appliquer les nouvelles rigueurs dans les bâtiments anciens. Il faut qu’ils demeurent relatifs à leur temps et qu’on puisse tout à la fois les utiliser sans compromis pour notre qualité de vie moderne actuelle. S’il est l’objet d’une modernisation bien dosée, un bâtiment ancien est souvent même source d’éducation et d’inspiration pour les utilisateurs.

  • Salle de bain

La cuisine et la salle de bain sont deux espaces importants et grandement appréciées dans une maison. Ces pièces doivent répondre à de nouveaux critères et des équipements et appareils qui modifient leur utilisation et aménagement. Les autres lieux peuvent être facilement décorés par le locataire mais, la cuisine et la salle de bain par leur équipement intégré aux pièces imposent de façon relativement permanente les choix et goût du concepteur. Les choix dans l’aménagement de ces deux pièces doivent être pensés soucieusement avec un soin particulier à cause de leur coût élevé et à une grande gamme de goûts. Autrefois, la salle de bain était de grandeur minimale et fonctionnelle. Aujourd’hui, les gens préfèrent des salles d’eau plus spacieuses avec parfois deux éviers une table de maquillage et des espaces de rangement. De plus, en plus on y trouve un bain tourbillons encastré et surélevé pour faciliter l’entretien et la douche est à part. La salle de bain n »est plus une espace réservé  pour les soins hygiéniques mais aussi un lieu de détente qui offre un répit aux situations stressantes de notre quotidien. L’attention apportée aux détails ajoute d’autres éléments de confort comme un plancher chauffant, un ventilateur, une prise coupe-circuit qui permet l’utilisation de différents appareils électriques. Souvent on aime avoir une porte communicante avec la chambre des maîtres.

  • Cuisine

La cuisine est maintenant un laboratoire sophistiqué qui permet la préparation rapide de nourriture. C’est un lieu de concentration des appareils électroménagers et d’équipement spécialisé pour différentes préparations de mets. Cet équipement demande des endroits de rangements, des fois un four encastré en dessous du four micro-ondes et des plaques chauffantes intégrées au comptoir. Les armoires et comptoirs offrent de multiples options pour bien ranger les ustensiles et être facilement accessible. Il faut prévenir une espace pour le lave-vaisselle. Les gens aiment les cuisines bien éclairées et agréables à y travailler. L’éclairage naturel est souhaitable et un bon éclairage électrique est essentiel. Pour travailler au comptoir l’éclairage provenant en dessous des armoires est bien. C’est la pièce la plus importante du logement et en doit y donner une attention spéciale.

  • Rénovation

L’architecture est une réflexion de notre société qui est toujours en évolution, c’est pourquoi l’architecture doit aussi évoluer pour mieux répondre à ces tendances. Nous avons une société qui est de plus en plus âgée, les couples décident d’avoir des enfants plus tard et la famille sont moins grandes, toutes ces influences ont des répercutions importantes sur l’architecture. Par exemple, une diminution du nombre de chambres, en même temps les gens demandent des espaces plus spacieux, plus aéré et plus claire.

Pour mieux répondre à ces exigences on peut des fois enlever une chambre et diviser l’espace pour agrandir une autre chambre ou une salle de bain etc. On peut aussi enlever une partie du mur du couloir pour ouvrir le salon, ainsi que les murs entre la cuisine, la salle à manger et le salon peuvent être enlevés pour agrandir les espaces et permettre plus de flexibilité dans l’organisation des meubles. La flexibilité d’aménagement est importante car les gens exploitent mieux leur habitat pour une gamme de fonctions. On voit souvent un coin de lecture, de conversation, un bureau, cinéma maison, et une salle d’exercice. Ces espaces doivent accommoder des équipements sophistiqués comme les systèmes de son, les magnétoscopes et les ordinateurs.

Dans un bâtiment qui existe depuis un certain temps il y a des améliorations qui s’imposent éventuellement. Les fenêtres sont un élément architecturalement très important du côté énergétique et esthétique du bâtiment. Les améliorations techniques des fenêtres permettent un meilleur confort thermique et acoustique à l’intérieur.

  • Bâtiments existants

Les bâtiments existant ont souvent des avantages, on trouve dans les bâtiments d’un certain âge des détails architecturaux qui donne un charme qu’on ne trouve pas dans les bâtiments récents. Souvent la richesse architecturale se trouve dans les moulures de bois alentour des fenêtres et des portes. Aussi on peut trouver des planches de bois franc qui peuvent être sablé et retrouver leur charme d’origine. En plus il peut avoir des détails en plâtre. Si on détermine ces qualités esthétiques on peut les mettre en valeur en les décapent ou en les peignant d’une autre couleur, subtilement, les murs et les plafonds. En mettent en valeur les matériaux nobles comme le bois on peut exploiter la beauté qu’on ne retrouve pas dans les bâtiments nouveaux. L’entrée du bâtiment est un point qui établit l’impression première pour le reste du bâtiment. C’est important de bien soigner cette espace comme le reste des espaces publiques pour créer une ambiance de fierté et respect.

  • L’aspect sécurité

Intégrer des stratégies physiques et des systèmes de détection de fumée, d’alarme incendie, d’éclairage d’urgence et possiblement d’anti-intrusion. Une autre considération importante est l’élimination du danger dans les bâtiments. Les accidents et blessures doivent être évités par un souci des détails pour minimiser les risques. Il faut réaliser que les mesures de sécurité ont évolué pour plus d’efficacité et mieux protéger le public. Les mesures appliquées dans notre pays sont très rigoureuses et ne sont pas arbitraires et il est requis de les appliquer pour rendre un bâtiment conforme. Dans un contexte existant, il n’est pas toujours évident de la faire facilement et d’une manière opportune. C’est le respect du bâtiment qui est primordial pour assurer que ce ne sont pas les changements qui dominent.

  • Conclusion

Lors des consultations et de la définition des besoins, nous verrons comment particulariser cette vision des projets en restauration pour l’adapter au contexte spécifique de chaque projet. C’est une responsabilité morale pour la société de respecter les traditions culturelles reflétées dans l’architecture. C’est avec égard et respect que nous témoignons de notre passé pour bien vivre le présent et préparer le futur.

 

  • Les fondations

Les fondations représentent un des éléments importants d’une maison. Il faut s’assurer périodiquement que les murs de fondation ainsi que les supports à l’intérieur conservent une solide assiette.

Notre climat rigoureux produit des périodes de froid intense en hiver. Le gel peut pénétrer à quatre pieds dans le sol mais, sans couverture de neige, il peut descendre jusqu’à six pieds. L’assise d’une fondation qui gèle en hiver et dégèle au printemps provoque des mouvements d’expansion/contraction qui font bouger inégalement le sol. Cela peut provoquer des bris et un dénivellement de la maison. Pour avoir un empattement sans problèmes, il faut creuser assez bas afin que l’épaisseur de la terre isole la fondation. Les maisons, conçues au début avec des vides sanitaires, furent plus tard, dotées de sous-sols pour profiter d’un espace supplémentaire. Autrefois dépourvus de matériaux isolants, sans éclairage et sans ventilation naturelle, ces sous-sols étaient froids et humides. Maintenant, avec des membranes et de l’isolation sur les murs de fondation, des drains agricoles autour de l’empattement et un pare-vapeur  isolant sous la dalle du plancher, les sous-sols peuvent être très confortables, chauds, secs et sains.

Dans une maison traditionnelle, dont les fondations sont en pierre, leur bon état s’observe par l’absence de fissures et la présence de murs bien droits. Si tout est solide et de niveau, seules des fissures peuvent apparaître. Il ne faut pas s’en inquiéter car, même dans de nouveaux bâtiments, on observe un affaissement minimal uniforme les premières années. Lorsqu’une maison s’affaisse inégalement, la correction devient difficile et coûteuse. Il faut alors consulter un expert afin d’identifier les problèmes et de trouver les solutions.

Souvent, des sources de chaleur au sous-sol évitent que l’espace ne soit trop humide et que l’empattement gèle en hiver. L’installation d’un déshumidificateur, particulièrement au printemps et en été, peut aussi aider à garder une humidité modérée.

Autrefois, la hauteur des sous-sols n’était pas élevée et les gens ont eu tendance, avec le temps, à creuser de plus en plus profondément pour dégager de l’espace. Lorsque des grosses pierres forment l’empattement, il est important de ne pas creuser tout à côté afin d’éviter un éboulement du mur. S’il faut excaver plus bas que la limite inférieure de la fondation, il faut garder une distance égale à la profondeur à creuser. Cela implique de ne pas modifier le sol sur un angle de 45 degrés de la base de l’empattement. Par la suite, une tablette en béton peut être coulée pour faire la jonction entre le mur et le nouveau plancher.

Les poteaux soutenant les poutres du plancher doivent avoir une semelle aussi large que l’empattement qui les supporte. Souvent, on trouve ces poteaux ou troncs d’arbre appuyés sur la dalle de béton du plancher ou sur un morceau de bois posé sur le sol. Le bois en contact direct avec le sol a tendance à pourrir et s’abaisse avec le temps. S’il n’est pas possible de faire des empattements pour de nouvelles colonnes, il vaut mieux appuyer les colonnes sur des plaques d’acier pour répartir le poids sur une plus grande superficie et moins risquer de fissurer la dalle de béton. Évidemment, plus il y a de colonnes, moins grande est la portée de la poutre et moins lourde est la charge sur chacune des colonnes et de leur base.

Il arrive souvent que le bois, en contact avec le béton ou avec le sol, commence à pourrir ou s’écrase en menaçant le plancher. Si l’humidité entre en contact avec des madriers ou des solives, ceux-ci peuvent aussi pourrir. Quand c’est le cas, la pourriture peut avoir fait des dommages dans des endroits difficiles d’accès.

Il arrive souvent que les planchers des vieilles maisons ne soient plus de niveau, étant donné les mouvements qui se produisent dans la fondation et sur les supports. Il est très difficile de mettre des murs de fondation à niveau, mais il est plus facile de faire des ajustements aux piliers situés au milieu de la maison. Si les vieux piliers sont remplacés par des colonnes en bois vert, il faut prévoir que la longueur des poteaux va diminuer avec le séchage. Il vaut mieux mettre des colonnes rondes en acier, ajustables et  »vissables » pour corriger les dénivellations. Les poutres qui s’affaissent avec le temps peuvent être redressées partiellement, mais leur flexibilité est limitée et une certaine déformation persistera. Visser les colonnes et redresser les poutres prend du temps car il faut permettre à la poutre de s’ajuster doucement. Si la limite de redressement de la poutre est dépassée, des fissures et des stress vont se développer sur les points d’arrimage plancher/fondation ainsi qu’aux étages supérieurs.

Enfin, l’isolation d’une fondation est mieux réussie de l’extérieur mais, lorsque les fondations sont en pierres, il faut prendre soin de les préserver visuellement afin de conserver l’aspect esthétique de la fondation. S’il n’y a pas d’infiltrations d’eau, il est plus facile et moins coûteux d’isoler de l’intérieur. Bref, prévenir coûte bien moins cher!

 

  • Le drainage

Les problèmes de drainage représentent un des éléments les plus destructeurs pour une maison. Une saine gestion du drainage autour d’une maison peut prolonger en la vie, diminuer le coût des réparations et protéger la santé de ses occupants.

En effet, l’eau peut détériorer des matériaux et causer des problèmes de moisissures, néfastes pour la santé. C’est évident si le toit coule ou si le parement se dégrade. Cependant, il n’est pas toujours facile de constater les problèmes au niveau du sol. Parfois, les fuites d’eau au sous-sol sont un indice mais, plus subtilement, ce sont les odeurs d’humidité qui obligent à se poser des questions. La pourriture de la rive et du bas des murs extérieurs est parfois difficile à détecter. Menaçant l’intégrité architecturale de l’enveloppe du bâtiment, ce problème est sérieux et toujours onéreux à corriger.

La principale cause des problèmes d’eau consiste dans le manque d’espace pour l’égouttement de l’eau à la surface du bâtiment. La pente du sol en gazon devra être de 5%  ou 3/4’’ par pied pour éloigner l’eau du bâtiment. Il arrive que les gens ajoutent des plates-bandes de végétation autour de la maison, haussant ainsi le sol en contact avec le revêtement. Or, aucun revêtement ne devrait être en contact avec le sol (incluant la brique et la pierre) et son dégagement devrait être d’au moins trente centimètres, à moins que la fondation n’émerge du sol. La même règle s’applique aux fenêtres du sous-sol pour diminuer les risques de pourriture du cadre ou l’infiltration. Autrement, une margelle doit être envisagée.

Avoir plusieurs stratégies de défense importe pour diminuer les dégâts d’eau. Il ne faut pas compter sur le drain agricole l’hiver pour protéger la fondation étant donné que le sol est gelé. Le pire cas peut survenir en mars quand il pleut et que l’eau ne peut pénétrer dans le sol. Mais la loi de la gravité étant, de tout temps opérante, il faut savoir en profiter. Par exemple, il arrive très souvent que le problème d’une pente négative vers la maison soit le fait de l’abaissement c’est-à-dire de l’usure du remblai de fondation alors que le niveau du terrain, soumis à la décomposition des coupures du gazon, a fini par s’élever. Soulignons que les gouttières et leurs descentes doivent porter l’eau loin de la fondation. Si le toit n’a pas de gouttières, l’eau gruge le sol le long de la maison. Il convient donc de corriger cela, soit en élevant le mur de fondation, soit en abaissant le sol au delà de trois mètres du mur de façon à avoir un système qui canalisera l’eau à l’endroit voulu.

S’il y a une source d’eau souterraine ou si la nappe phréatique est élevée, le drain agricole (drain français) devient une nécessité. Mais dans les anciens bâtiments, le drain, s’il existe, est souvent écrasé ou bouché par des racines. De plus, il arrive que la terre d’excavation qui retient l’eau soit utilisée pour le remblai. La solution la plus onéreuse consiste alors à excaver autour de la maison et à mettre un nouveau drain agricole. Si la fondation est en béton (ce matériel agit comme une éponge absorbant l’eau par capillarité) il faut d’abord réparer joints ou fissures de la fondation et y ajouter une couche imperméabilisante ou une membrane filtrante qui agit comme un géotextile pour empêcher le blocage des trous du drain. Le drain devrait avoir une pente afin que l’eau puisse s’écouler. Les gouttières ne devraient jamais être reliées à ce drain et, si elles sont enterrées, il faudrait prévoir un système d’évacuation indépendant. Le remblai devrait être en sable, bien tassé par couches, à tous les pieds. Idéalement, le gravier devrait être préféré au sable parce qu’il qui ne retient pas d’eau du tout et, à la surface, une couche de terre d’une épaisseur de 30 centimètres pourrait être ajoutée.

Mentionnons, pour terminer, que des problèmes surviennent parfois dans des conditions climatiques exceptionnelles. Il serait dommage de risquer la détérioration de la maison ainsi que la santé de ses habitants alors que des mesures préventives pouvaient être prises. En gardant le sol sec autour de la maison, on peut s’éviter bien des ennuis!

  • Architecture québécoise
    • Les premières maisons de Nouvelle-France face au climat

Les premières maisons d’établissement en Nouvelle-France étaient rudimentaires, destinées à des fins temporaires, simples et rapides à construire. En forme de petit carré avec toit de quatre versants en pente forte, elles avaient un volume restreint. On utilisait les matériaux disponibles comme le bois ou le chaume pour le toit et la pierre des champs ou le bois rond pour les murs. Le bois était plus populaire que la pierre parce qu’il isolait mieux. Il fallait cependant apporter une attention spéciale aux fentes entre les rondins pour les rendre plus étanches. Mais la plus grande faiblesse thermique résidait dans les fenêtres en parchemin ciré ou en papier épais qui donnaient une lumière diffuse. En raison de leur faiblesse thermique, leur nombre et leur grandeur étaient très limités et des volets ou contrevents servaient à les protéger.

Après avoir pris racine et établi leur famille, les premiers colons avaient besoin d’une maison permanente plus grande. Les premières maisons permanentes, érigées de 1608 à 1780,  s’inspiraient de celles des provinces de l’ouest de la France où sont situés les ports de mer et les lieux d’embarquement pour la Nouvelle-France. On peut généraliser en disant qu’il y a eu deux variantes régionales françaises, celle de Normandie essentiellement établie dans la région de Québec, et celle de Bretagne qui s’est manifestée surtout autour de Montréal. Ces maisons comportent des détails communs mais on s’arrêtera plus à celle d’origine normande.

La maison normande était simple, massive, de forme rectangulaire d’un niveau avec un toit d’angle aigu (45°-55°). Le toit débordait très peu des murs et son comble servait comme remise. Le rez-de-chaussée était au niveau du sol. Il  n’y avait pas de fondations profondes ni de cave. En raison du chauffage inefficace et du manque d’isolation et de calfeutrage, la maison était petite et les plafonds bas afin de diminuer l’espace à chauffer. Le gros foyer central prenait plus d’importance mais il chauffait mal et les grosses cheminées aspiraient la chaleur. Compte tenu de la mauvaise circulation de la chaleur, les divisions intérieures se limitaient donc, à toutes fins pratiques, à une salle commune et à une chambre des maîtres.

Les fenêtres étaient plutôt présentes en façade d’orientation sud et on limitait les ouvertures sur les pignons et les murs soumis aux grands vents. Au 18e siècle, les fenêtres de carreaux de vitre avec des volets étaient plus grandes mais toujours limitées en nombre à cause de leur inefficacité thermique.

Les premiers colons d’Europe ont apporté avec eux leurs concepts d’architecture mais ils ont dû se rendre à l’évidence qu’ils ne convenaient pas au nouveau climat d’ici. Même si leurs maisons ont subi certaines adaptations au climat québécois, plusieurs de leurs caractéristiques devaient être remises en question et des changements radicaux s’imposaient pour créer un nouveau modèle de maison québécoise qui réponde mieux aux besoins dans un contexte climatique rigoureux. Les conditions étaient différentes et c’est normal que le design de la maison ait réagi face à cette réalité. De ces origines naîtra la maison québécoise.

Il y a plusieurs facteurs d’évolution de la maison d’inspiration française à la maison québécoise. Dans la Nouvelle-France, il fallait tenir compte des matériaux et des outils disponibles ainsi que des artisans qui changeaient leurs techniques de construction et leur manière de faire. Différentes influences culturelles et de nouvelles habitudes de vie privée et sociale ont aussi affecté la conception de l’espace intérieur. Mais les plus grands changements furent provoqués par le climat d’hiver.

Le climat du Québec est beaucoup plus sévère que celui de la France et les bâtiments sont soumis à des conditions très variées. Ils doivent pouvoir affronter les gels et les dégels, la pluie du grésil au verglas, la grosse neige humide et lourde ou la neige sèche et fine qui s’infiltre par vents forts, les grands écarts de température durant la même journée pouvant provoquer le gel de l’eau infiltrée dans la pierre et le mortier, ce qui les faisait éclater, etc. Avec un hiver long et froid, un été court et chaud, un printemps et un automne très variables, les nouvelles exigences pour les bâtiments étaient nombreuses et parfois complexes.

  • L’évolution climatique de la maison québécoise

La maison québécoise résulte de beaucoup de transitions et d’adaptations ingénieuses de l’architecture basées sur le gros bon sens. Malgré sa grande simplicité, elle est élégante, ses proportions sont agréables et elle demeure très classique dans sa symétrie. C’est un héritage architectural riche de son vécu qui fait partie de notre patrimoine.

Entre les années 1770 et 1820, d’importants changements ont transformé la maison d’inspiration française. Des éléments de design ont été modifiés pour mieux affronter le climat rigoureux et profiter des avances technologiques dans les modes de chauffage. La fondation en pierre devient plus profonde qu’en France pour éviter les mouvements du bâtiment par l’action du gel durant l’hiver. Le rez-de-chaussée a été relevé pour s’éloigner du froid et de l’humidité du sol et pour se dégager de la grande épaisseur de la neige.

L’espace entre la base de la fondation et le rez-de-chaussée étant plus grand, il devenait possible de l’excaver pour créer un sous-sol fort utile pour un caveau à légumes ou à conserves, un four à pain, un gros âtre pour fabriquer du savon, la boucherie, le lavage, un puits d’eau ou simplement du rangement. Les murs de pierre hors sol furent épaissis créant une masse thermique pour éviter les trop grandes fluctuations de température lors du chauffage en hiver et pour maintenir la fraîcheur en été.

Pour avoir accès de l’extérieur à la porte d’entrée du rez-de-chaussée, il fallait des marches et un perron. Le perron est devenu si populaire comme lieu de repos et de conversation avec la typique chaise berçante et comme lieu de rangement du bois de chauffage qu’il s’étendra sur toute la façade en prolongeant les poutres du plancher du rez-de-chaussée. Ce fameux balcon et le mur de façade méritaient d’être protégés contre la pourriture en éloignant l’eau et les glaçons en prolongeant le toit par un larmier également utile pour protéger les gens de la pluie et du soleil en été. Ce larmier est devenu de plus en plus profond au point d’exiger son support par des colonnes de soutien.

Le développement du larmier en toit de galerie a contribué à faire un toit distinctif de deux versants moins à pic à 45° en forme de cloche. La pente du toit demeurait cependant suffisamment prononcée pour éviter l’accumulation de neige et les charges additionnelles sur la structure. Avec l’ajout des lucarnes, le grenier est aussi devenu habitable.

L’utilisation du foyer pour la cuisson et le chauffage était peu efficace. Plus la maison était grande, plus il y avait besoin de foyers, jusqu’à deux ou trois. Dans la deuxième moitié du 18e siècle, il y a eu une croissance des feux fermés ou poêle à bois de combustion lente qui chauffaient davantage et qui facilitaient la cuisson. Cette innovation a permis plus de pièces et de cloisons dans l’aménagement intérieur et seulement une cheminée plus petite à l’extérieur.

L’efficacité du poêle à bois, qui a l’inconvénient de trop chauffer la maison en été, a inspiré la naissance, au 19e siècle, de la cuisine d’été. Souvent placée sous le pignon est comme tampon contre les grands vents froids d’hiver, elle servait aussi comme vestibule, garde-manger et rangement pour le bois de chauffage et autres. Des laiteries ou dépenses s’ajoutaient aussi au coin nord-est pour couper le vent.

L’augmentation de la capacité de chauffage a aussi donné plus de liberté dans le nombre, la grandeur et l’emplacement des fenêtres. La maison québécoise avait deux fois plus de fenêtres que la maison d’inspiration française qui l’a précédée. Cette maison n’était pas alignée avec la route mais orientée vers le sud avec plus de fenêtres sur le côté ensoleillé. Pour profiter de la chaleur de l’ensoleillement, ces fenêtres étaient plus grandes. Par contre, on minimisait les fenêtres sur le pignon est, souvent frappé par les grands vents.

Au début du 19e siècle, avec des améliorations dans la fabrication de la vitre, les carreaux des fenêtres deviennent plus grands. Les fenêtres et les portes sont doublées pour mieux isoler et diminuer les infiltrations d’air. Les portes sont situées sur les côtés le moins venteux souvent avec un tambour amovible pour diminuer les courants d’air froid de l’hiver.

Avec l’amélioration du chauffage, la maison québécoise pouvait devenir plus grande. Cela était d’ailleurs nécessaire pour les grandes familles et leurs activités quotidiennes, compte tenu des nombreuses heures passées à l’intérieur.

En fin de compte, la maison québécoise a évolué pour constituer une richesse architecturale ayant son identité distincte. Elle raconte notre histoire commune et elle témoigne de l’évolution de la société québécoise.

  • Évolution de l’architecture domestique

Depuis le début des temps, l’être humain a dû s’abriter pour se protéger de son environnement climatique. On peut noter, pour répondre aux exigences dans l’architecture traditionnelle, l’originalité et la simplicité des habitats construits de façon compétente et ingénieuse avec les outils et les ressources disponibles. Leur utilisation était adaptée avec sagesse et imagination aux conditions et aux besoins. En effet, les habitats étaient construits avec les matériaux du milieu, ils s’y intégraient et lorsque leur vie utile s’était écoulée, ils retournaient à la nature comme la continuation logique des cycles de la vie. Ainsi les peuples aborigènes nomades qui avaient des abris temporaires afin de pouvoir les transporter d’une place à une autre ont démontré beaucoup d’ingéniosité. Leurs habitats, abris ou refuges, étaient vraiment un bon exemple d’adaptation à leur environnement pour répondre à leurs besoins.

Avec le temps, notre civilisation a évolué et notre technologie nous a permis plus de possibilités de confort et aussi plus de salubrité. Jusqu’à récemment, notre société était agricole et nos ancêtres sur les fermes étaient très près de la nature. Cette symbiose avec l’environnement duquel ils étaient si dépendants se refléta naturellement dans leur architecture. On peut le constater facilement en faisant un tour de l’Île d’Orléans ou en circulant dans la campagne. L’architecture s’intégrait à la nature selon le gros bon sens parce qu’il était plus logique de collaborer avec l’environnement que de le confronter.

Nos ancêtres ont transformé les modèles d’architecture qu’ils ont connus en France pour les adapter aux  conditions d’ici. Même dans les maisons modestes, on pouvait remarquer qu’un style particulier se dessinait. (La suite logique de toute cette évolution fut la maison québécoise.) Suite à la conquête en 1760, l’architecture a été influencée par la culture anglaise. Certains détails comme la mouluration autour des ouvertures sont intégrés et de nouveaux styles sont carrément empruntés tels le palladien, le monumental, le cottage regency (anglo-normand) et le victorien.

Avec l’indépendance des États-Unis en 1775, des loyalistes ont émigré au Québec et y ont introduit les inspirations architecturales de Nouvelle Angleterre et plus tard le style du toit mansarde se propager. À partir de la fin du 19e siècle, avec les chemins de fer, plus de québécois vont aux États-Unis pour travailler et reviennent avec des notions architecturales empruntées de là-bas. L’information circule aussi plus librement par le biais des revues agricoles qui montrent les nouveautés de l’architecture américaine. Il en résulte une forte influence américaine sur notre architecture domestique.

Cette architecture domestique est également influencée par l’industrialisation de la société, passant d’un mode de vie agricole à un mode de vie industriel et de plus en plus urbain. Avec les avances de la technologie pour le chauffage et l’isolation, les gens ont même développé une certaine indépendance de l’environnement. Les nouveaux matériaux comme l’asphalte, les isolants efficaces, le béton, l’acier et les feuilles d’amiante ont donné plus de flexibilité dans l’expression architecturale. La grandeur, les aménagements de ces adaptations étaient possibles grâce aux améliorations importantes apportées au chauffage par les poêles à bois. Grâce à des améliorations technologiques dans la construction et le chauffage, d’autres modèles d’architecture pouvaient être introduit dans notre climat.

Au milieu du 19e siècle, l’utilisation de la couverture en membrane a permis de faire des toits à faible pente et de ramener par la suite l’eau à l’intérieur de la maison par des drains de toit. Cette technique a permis de mettre au point des modèles urbains d’habitation qui solutionnent les problèmes de déversement de neige et de glace sur les trottoirs.

Certains détails témoignent des façons de construire propres à son époque d’origine ou révèlent des modifications apportées au fil des ans. Les fondations de béton ont été popularisées au début du 20e siècle; auparavant, elles étaient en maçonnerie de pierre.

Le vide sanitaire indique que la construction date d’avant 1900, notamment en région rurale. Les poutres ou solives du plancher du rez-de-chaussée grossièrement équarries à la hache ou même faites de troncs d’arbres avec leur écorce  nous ramènent avant les années 1870. Les traces de coupe antérieures à 1870 seront le fruit de l’utilisation de la hache, de l’herminette ou de la scie verticale (la scie de long). Une poutre de cette époque peut ainsi avoir quatre faces équarries à la hache et parfois une ou deux faces qui arborent des traits de scie parallèles, indice de l’emploi de la scie de long.

Avant les années 1870-1880, les clous étaient forgés et leur corps était carré avec une tête martelée (aussi appelée tête rosacée). Aux 18e et 19e siècles, les clous forgés ont été trapus et grossiers. Le perfectionnement de la machinerie au début du 20e siècle donnera des clous coupés plus réguliers. Vers 1920 apparaît le clou à fil d’acier, au corps rond et de même épaisseur, dont l’usage est courant de nos jours.

Les larges planches appartiennent davantage aux 18e et 19e siècles alors qu’un revêtement de petites planches embouvetées avec rainures en V caractérise la fin du 19e et le début du 20e siècle, tout comme le revêtement de linoléum.

Un déclin de bois avec un quart de rond mouluré sur le bord apparent appartient à la première moitié du 19e siècle. La taille dite ‘’vermiculée’’ se retrouve sur les bâtiments commerciaux prestigieux de la fin du 19e siècle et du début du 20e siècle. Des bardeaux d’amiante-ciment posés à l’horizontale ou en oblique indiquent une construction ou une intervention de modernisation qui date des années 1920-1940, tout comme le ‘’papier brique’’.

Au bas des murs, une plinthe de bois large et haute avec un profil élaboré rappelle l’époque victorienne de la deuxième moitié du 19e siècle.

Les lattes étaient fendues jusque vers 1870, puis elles ont été sciées. Le gypse du début du 20e siècle contenait du crin de cheval, alors que le crépi du début du 19e comporte de nombreuses traces de morceaux de chaux imparfaitement mêlés au mélange.

L’ardoise est de la fin du 19e et du début du 20e et la tôle à la canadienne de la fin du 18e à la fin du 19e. La tôle à baguette a été utilisée à compter du dernier quart du 19e et la tôle à joint pincé, au tournant du 19e et dans la première moitié du 20e siècle.

Les premières maisons construites hors des villes ne comptaient qu’une seule pièce habitable souvent exposée au sud. Puis au 18e siècle, la maison crût : à la première section, souvent en bois, s’ajouta une seconde, parfois en pierre, avant que, la prospérité aidant, on reconstruise aussi la première section en pierre. Cet habitat agrandi comptait deux pièces contiguës : la ’’salle’’, plutôt dévolue aux activités quotidiennes- son usage survit dans la cuisine, pièce familiale par excellence encore aujourd’hui- et la ‘’chambre’’ plus privée puisque l’on ne pouvait y  accéder qu’en traversant la ‘’salle’’. Le 18e siècle apporta cependant un nouveau confort : le corps de logis double, grâce auquel la maison pouvait aussi être agrandie en profondeur.

Des espaces tampons comme les remises, les laiteries et parfois les cuisines d’été étaient disposées vers les endroits froids et venteux. Des sas d’entrée étaient encore mieux qu’une double porte.

Les grandes avancées de toiture (larmiers) qui protégeaient la galerie servaient comme pare-soleil en été.

Les Anglais et les Écossais ont fait que l’espace habité s’y distribuait autour d’un hall qui, puisqu’il desservait directement chaque pièce, y favorisait la vie privée. Pavillonnaire (detached house) en milieu rural, la maison s’aligna ‘’en rangée’’ en ville. Elle formait alors avec ses voisines une ‘’terrasse’’ alignement séparé de la rue par une marge de recul et normalement desservi par des ruelles. La maison des champs vit son intérieur adopter une distribution symétrique des pièces autour d’un hall central. Plus ouverte grâce au perfectionnement des systèmes de chauffage, la silhouette de la maison rurale s’assouplit et son toit se prolongea de larmiers incurvés recouvrant, sur les façades avant et arrière, les ‘’galeries’’ devenues synonymes de villégiature.

Au début du 20e siècle, la mode était « Boom town houses » ensuite, les années ’30, le style international. Vers le milieu du siècle, notre architecture domestique a perdu son caractère québécois traditionnel. Nos nouvelles habitudes de vie se reflètent sur nos conceptions de l’aménagement intérieur. À partir des années ’40 et ’50, un style international rococo d’architecture devient populaire et s’implante ici comme ailleurs. Dans les années ’60, le style américain des maisons ranch de Californie devient la mode.

Toutes ces modes étrangères importées ont été remises en question par la crise du pétrole dans les années ’70 alors que le coût de l’énergie a grimpé en flèche. Tout à coup, on réalise que nos maisons ne sont pas si efficaces énergétiquement et elles coûtent cher à chauffer. Il y a aussi eu un court retour à la maison québécoise traditionnelle qui, enracinée dans notre passé, apportait un sentiment de sécurité. Pour contrer l’étalement et le coût du terrain, les lots deviennent plus petits et ça devient plus rentable de construire des maisons plus efficaces de deux étages. Pendant les années ’80 et ’90, les modes changent encore, cette fois, du post-moderne au recyclage d’ancien style connu le cottage anglais ou au victorien.

Mais toutes ces modes ne s’appliquaient pas efficacement chez-nous. Une remise en question environnementale doit se traduisit par la recherche d’une nouvelle architecture québécoise née de nos besoins, de nos conditions climatiques et de nos traditions culturelles. Cette vision moderne resta cependant marginale à cause de notre tendance à regarder ailleurs et à nous inspirer par les styles de vie d’ailleurs.

Nous avons vu que de nombreux styles architecturaux ont été empruntés d’autres cultures et climats et implantés ici comme modes passagères. Mais nous sommes maintenant plus matures comme peuple et pouvons être plus indépendants et confiants dans notre propre expression architecturale. Ainsi, au lieu de nous laisser trop influencer par ces tendances étrangères à notre environnement au point de les suivre aveuglément nous devrions retourner à une approche fondamentalement liée à notre climat et à nos valeurs comme société pour développer une nouvelle architecture proprement québécoise, efficace, saine et respectueuse de l’environnement.

  • Évolution de l’architecture

Depuis le début des temps, l’être humain a dû s’abriter pour se protéger de son environnement climatique et social. On peut noter l’originalité et la simplicité des habitats construits de façon ingénieuse avec les ressources disponibles ainsi que la sagesse et l’imagination dans leur utilisation bien adaptée aux conditions et aux besoins. Les habitats étaient construits avec les matériaux du milieu, ils s’y intégraient et lorsque leur vie utile s’était écoulée, ils retournaient à la nature. Les peuples aborigènes qui avaient des abris temporaires pour les transporter d’une place à une autre ont démontré beaucoup d’ingéniosité. Leurs maisons étaient vraiment une réponse à leur environnement en même temps qu’à leurs besoins.

Avec le temps, notre civilisation a évolué et notre technologie nous a permis plus de possibilités de confort et aussi plus de salubrité (moins de fumée à l’intérieur). Jusqu’à récemment, notre société était agricole et nos ancêtres sur les fermes étaient très près de la nature. Cette symbiose avec l’environnement duquel ils étaient si dépendants se refléta naturellement dans leur architecture. On peut le constater facilement en faisant un tour de l’Île d’Orléans ou en circulant dans la campagne. L’architecture s’intégrait à la nature selon le gros bon sens parce qu’il était plus logique de collaborer avec elle que de la confronter.

Les premiers colons d’Europe ont apporté avec eux leurs concepts d’architecture comme ils avaient évolué dans leur propre environnement. Ils ont essayé d’implanter leur approche ici mais ils ont vite constaté que ça ne convenait pas à notre climat et ils ont dû les réadapter. Ainsi, avec des matériaux naturels et avec peu de transformation, ils ont réussi à construire des maisons saines. De ces origines, s’inspire la maison québécoise.

Cette maison n’était pas alignée avec la route mais orientée vers le sud avec plus de fenêtres sur le côté ensoleillé. À cause de leur manque d’efficacité, les fenêtres étaient petites. En raison de la grande quantité de neige reçue en hiver, le plancher du rez-de-chaussée était plus élevé que le niveau du sol et la pente du toit était plus prononcée pour éviter l’accumulation de neige et les charges additionnelles sur la structure.

Les bâtiments secondaires étaient situés autour de la maison pour bloquer les vents froids auxquels elle était exposée. Les murs de pierre massifs étaient épais pour faire de la masse thermique évitant les trop grandes fluctuations de température lors du chauffage en hiver et maintenant la fraîcheur en été. Une cuisine d’été permettait aussi de ne pas surchauffer la maison en été. En hiver, cette cuisine servait de vestibule d’entrée pour éviter les courants d’air des portes et d’espace tampon pour modérer l’exposition des murs au froid. Un autre élément architectural constitué des galeries couvertes donnait de l’ombrage pour diminuer le réchauffement par le soleil durant l’été.

Avec l’urbanisation de la population et les avances de la technologie pour le chauffage, les gens ont développé une certaine indépendance de l’environnement. À partir des années ’40 et ’50, un style international d’architecture devient populaire et s’implante ici comme ailleurs. Dans les années ’60, le style américain devient la mode et on construit des maisons ranch de Californie.  Dans les années ’70, il y a eu la crise du pétrole et le coût de l’énergie a grimpé. Tout à coup, on réalise que nos maisons ne sont pas si efficaces énergétiquement et elles coûtent cher à chauffer. Au cours de la même période, grâce à la technologie, de plus en plus de matériaux synthétiques sont utilisés au prix d’une perte dans la qualité de l’air intérieur. Pour contrer l’étalement et le coût du terrain, les lots deviennent plus petits et ça devient plus rentable de construire des maisons de deux étages plus efficaces. Pendant les années ’80 et ’90, les modes changent encore, cette fois, du post-moderne au cottage anglais ou au victorien.

En fin de compte, au lieu de nous laisser trop influencer par ces tendances étrangères à notre environnement au point de les suivre aveuglément nous devrions retourner à une approche fondamentalement liée à notre climat et à nos valeurs comme société pour développer une nouvelle architecture proprement québécoise, efficace, saine et respectueuse de l’environnement.

 

Leslie ArchitecteRecueil de notes sur l’architecture