David Leslie
architecte

Comment moderniser le patrimoine architectural avec authenticité ?

Lorsqu’il s’agit de moderniser le patrimoine architectural, la question de l’authenticité se pose de façon constante. Reconstruire en copiant l’ancien apparaît souvent comme la seule solution plausible, consolidant ainsi le cliché selon lequel il est impossible de moderniser un monument historique. Pourtant, au-delà des stéréotypes répandus, les approches des architectes œuvrant à la restauration du patrimoine architectural sont variées quand des modifications contemporaines s’imposent. Même si la définition de l’authenticité, tel qu’elle a été rédigée par l’UNESCO en 1977, suggère moins de traditionalisme, la rengaine « rebâtir de façon identique » renferme malgré tout une certaine marge de manœuvre.

Harmoniser le moderne et l’ancien : c’est possible !

Depuis la fin des années 1990, on assiste à une modernisation du patrimoine architectural des grandes villes; une tendance internationale où les Européens sont passés maîtres. On cite souvent la légendaire pyramide du Louvre, à Paris. Cette grande structure soignée, faite de verre et de métal, entourée de bâtiments plusieurs fois centenaires, avait soulevé de profonds débats à la fin des années 1980. Elle est aujourd’hui encensée pour sa beauté, mais aussi pour son innovation.

Moderniser sans perdre l’authenticité d’un bâtiment

De prime abord, l’authenticité d’un édifice s’élabore avec les éléments d’origine en portant une attention particulière sur la forme, sur les matériaux employés et sur la manière dont ils ont été fabriqués. L’authenticité doit donc être perçue comme une forme de reconnaissance de la valeur des différentes couches architecturales d’un édifice et non pas comme une conservation forcée et figée des éléments les plus anciens d’une bâtisse. Les nouvelles tendances autour de l’authenticité prônent une évocation qui a du sens pour la communauté qui fréquente un édifice historique. Par exemple, pour la reconstruction du Diamant à Québec, la façade du YMCA d’origine a été préservée. À l’époque, on y accueillait les jeunes garçons qui fréquentaient l’endroit selon les valeurs chrétiennes : la bible sculptée dans le poitrail de ce qui constituait la porte principale est toujours là pour nous le rappeler.

L’actualisation d’un édifice sans sacrifier son authenticité est un art !

Selon de nombreuses recherches, atteindre un bel équilibre entre le moderne et l’ancien suppose un important travail avec les matériaux, qu’ils soient vieux ou neufs. De nos jours, on admet que si l’intégration d’un matériau contemporain se justifie par rapport à la localisation et la fonction d’une bâtisse, son authenticité est conservée. Un autre principe préconise le respect de la tradition en honorant les techniques de construction employées à l’époque. L’intérêt réside ici dans la résolution du choix qui s’impose quand les matériaux à remplacer sont inutilisables ou qu’ils n’existent plus.

Respecter l’âme d’un lieu, c’est respecter son authenticité

Respecter le caractère d’un bâtiment, c’est découvrir là où se cache son authenticité spirituelle. Tant que les travaux évitent l’immobilisation dans l’époque où l’édifice a été construit et que la bâtisse en question continue de véhiculer le caractère désiré, une modernisation radicale est possible. Comme vous pouvez le constater, les modernisations innovantes du patrimoine architectural sont réalisables et même désirées.

David Leslie
Architecte