David Leslie
architecte

L’architecture au service du bien commun

Dans l’imaginaire collectif, la ville contemporaine doit être construite à coup de ciment, de béton armé et de verre. Cette vision de l’architecture fait souvent obstacle au traditionalisme architectural qui, à travers les siècles, a cumulé de nombreux savoirs et techniques. Le paradigme opposant de manière caricaturale tradition et modernité est un cliché persistant. Cette vision implicite de l’architecture apparaît aujourd’hui comme une volonté amplifiée d’être moderne. Cette « modernité » passe par une conformité à des codes qui ne prennent pas nécessairement en compte les conditions sociales et environnementales dans lesquelles nous vivons. L’architecture au service du bien commun pourrait bien être une solution adaptée à ce nouveau monde qui s’ouvre à nous.

Pour une nouvelle philosophie de la restauration architecturale

Plusieurs obstacles s’élèvent face à ceux et celles qui ont le désir de voir des bâtiments historiques restaurés plutôt que laissés à l’abandon ou même carrément détruits. La restauration n’a pas pour unique finalité la restitution du bâtiment dans son authenticité, mais aussi le vaste champ d’apprentissage que représente le chantier; ce que l’on nomme le transfert des savoirs. Les restaurations à vocation « touristiques », financées par les mondes économiques et financiers, manquent souvent de rigueur et se confortent dans une action superficielle. Le patrimoine architectural n’est pas une chose inerte. Elle doit s’insérer dans des habitudes sociales qui peuvent être conservées certes, mais aussi renouvelées.

Les questions écologiques sont au cœur du bien commun

L’intérêt porté à la restauration d’édifices historiques ne relève pas uniquement d’une nature technique ou historique. Cette attention doit aussi impliquer les questions écologiques. En effet, l’architecture traditionaliste, par sa nature même, est réfléchie dans un désir d’harmonie et d’adaptation à l’environnement. Elle utilise des matériaux de proximité : terres comprimées, pierres, etc. En plus d’offrir un cadre de vie de qualité, et un certain confort thermique, leur utilisation est écoresponsable.

L’architecture traditionnelle : une solution aux questions écologiques et sociales

Nos façons actuelles de construire, souvent coûteuses et nuisibles à notre santé et à l’environnement, doivent nous amener à nous interroger sur la manière dont nous voulons bâtir littéralement notre avenir. Notre patrimoine architectural est riche d’une maîtrise technique qui mérite, bien sûr, d’être explorée, mais également d’être développée et promue. Au 21 e siècle, les questions environnementales sont inévitables. Le réchauffement de la planète, la disparition de certaines espèces indispensables à la biodiversité et l’assèchement des cours d’eau pourraient bénéficier d’une approche architecturale qui s’inspire de la tradition. Au même titre que nos façons de produire, de consommer et de vivre ensemble, l’architecture doit emboîter le pas et emprunter le rôle de leader. La question du bien commun est au cœur du grand enjeu contemporain qu’est le remodelage de nos modes de vie. L’intérêt pour l’architecture traditionnelle pourrait être une étape importante en vue de trouver une solution aux questions écologiques et sociales.

David Leslie
Architecte