David Leslie
architecte

L’architecture canadienne du XXe siècle (1910 – 1970)

En 1916, un incendie ravage la colline parlementaire à Ottawa ne laissant que la célèbre bibliothèque et quelques murs en ruine. On confie rapidement la reconstruction de l’édifice à John A. Pearson et J. Omer Marchand qui optent pour une continuité avec le passé. En 1927, lorsqu’on procède à l’inauguration de la Tour de la Paix du Bloc central, la forme gothique impériale devient le symbole d’une nation maintenant prospère. Cette construction donnera le coup d’envoi à une ère sans précédent pour l’architecture canadienne. On vous suggère un court survol de l’architecture canadienne du 20 e siècle.

L’avènement de nouveaux styles

Au beau milieu des années 20, la culture qui résulte de l’après-guerre et la croissance du monde industrialisé commencent à générer une multitude de styles unifiés qui ont un ascendant sur l’architecture : l’Art déco, le Modernisme, l’Expressionisme et le Fonctionnalisme sont en vogue. Les formes se simplifient. La composition est plus géométrique. On observe aussi un certain emballement pour l’abstraction.

Les décennies 20 et 30 : les toits à pignon et la pierre des champs.

La nature bigarrée de l’architecture canadienne au cours des décennies 20 et 30 est particulièrement flagrante au Québec. On y rencontre aussi l’influence d’un autre thème de l’entre-deux-guerres : l’expression culturelle motivée par des préoccupations sociales, religieuses, ethniques et nationales. Paradoxalement, alors que le Québec francophone compte sur une culture contemporaine émergente, les anglophones de la province se concentrent presque exclusivement sur la redécouverte du passé préindustriel québécois.Un grand nombre de nos architectes emprunte à la construction en pierre des champs et les toits à pignon de la maison traditionnelle dans l’avènement d’un style résidentiel régionaliste.

Les années 40 et 50 : le modernisme confirme son ascendant sur l’architecture canadienne

Au début des années 40, on assiste à la relégation de décennies de tradition pédagogique alors que le fonctionnalisme et l’idéologie du mouvement moderne sont introduits dans l’architecture canadienne. Après la guerre, un nombre record de vétérans s’inscrivent à l’université, intensifiant ainsi l’orientation moderniste. Résultat ? Au début des années 50, une génération de jeunes architectes modernistes fait une entrée massive dans la profession. La demande pour des édifices publics de tout acabit combinée à la prospérité canadienne se traduit par une avalanche de commandes.

La décennie 60 : le modernisme en berne et le souci de la culture locale

Il est désormais évident qu’en 1960, l’effet du modernisme confère à l’architecture canadienne une confiance en soi qui manquait cruellement. Cela s’appliquera à Montréal plus que nulle part ailleurs qui est sur le point de connaître une transformation qui se traduira évidemment par l’Expo 67. L’arrivée d’un second courant de jeunes architectes, dont le travail est hautement individuel, est également une caractéristique importante de la décennie 60. En réaction à la grisaille du modernisme dominant, ces architectes proposent un travail qui témoigne d’un fort souci pour la culture locale.

David Leslie
Architecte